BENJAMIN FOULON
Ce n*est pas sans une vive satisfaction que j*ai découvert ce nom dans l'Estai des officiers de la Reyne de r année 1586-87.
Paintres.
u Benjamin Foulon , nepveu de feu M' Jamet , vi" xnj liv. Iz. »
Je suis tout porté à croire qu*une erreur de scribe a fait , du peintre Jannet, ce Jamet ; mais , comme je cherche la certitude dans mes travaux, j*ai préféré ne pas faire usage de cette indication et attendre un renseignement plus sûr. Toutefois^ il est clair qu'il n'a pas existé de personnage d'une importance quelconque portant le nom de Jamet; quant à Sébastien Zamet, auquel l'esprit se reporte naturellement, il n'arriva en France que vers 1 570, et n'était pas mort en 1 586 ; car Henri IV et Marie de Médicis élevèrent très-haut, non pas sa fortune, il leur prêtait son argent , mais sa considération. Il mourut, comme on sait, le 14 juillet 1614.
le retrouve B. Foulon dans VEstat des officiers domestiques du Roy pour Vannée 1 599 :
Peintres qui auront aussy qualité de vallets de
chambre.
«Foullon xxxuj escus. j»
PBINTRBS BU TITBB d'oPPICB. 243
Il est placé après Pierre Dumonstier, avant Jehan Doué et Marin le Bourgeois.
Il figure également sur V estai de 1 609 avec les gaiges de cent livres, de laquelle somme le trésorier n'en a paie aucune chose faulte de fonds. Cependant ce même trésorier payait Jehan et Claude Dhoey, autres paintres, par quelque raison de justice distributive, dont nous ignorons les règles.
Un charmant portrait de César, duc de Vendôme, enfant de Henri IV et de Gabrîelle d'Estrées, à Tâge de 8 ou 10 mois, en 1595, porte au bas, à gauche, cette signature au crayon rouge : Fulonius fecit. ' Ce portrait appartenait à une suite de 48 crayons, qu'on a eu le tort de séparer pour les ranger chronologiquement avec d'autres, qui ne sont pas de la même main. Il est toutefois facile de les reconnaître dans la collection, à un faire qui ne manque pas entièrement de précision, qui a du charme dans sa couleur douce, harmonieuse, et dont le nuage vaporeux peut être attribué à Testompage, que subissent ces crayons par le frottement des feuilles les unes contre les autres. L'influence de Fr. Clouet, et sa direction , sont empreintes dans ces dessins et confirment ce que nous avons dit en commençant de l'erreur du scribe. Benj. Foullon est très-probablement le neveu de Clouet et certainement un de ses bons élèves.