‹ La renaissance des arts à la cour de FranceChapitre 80 sur 127 · JEAN POYET · texte numérisé non relu

JEAN POYET

Les Heures d'Anne de Bretagne, conservées à la Bibliothèque nationale , ont acquis une réputation méritée ; c'est un manuscrit délicieux et complet. J'ai dit, page 1 69, que je trouvais dans les grandes miniatures quelque chose de la main de Jean Foucquet, et qu'elles avaient été certainement exécutées sous son influence et dans son école. On remarquera que l'écrivain du texte et le peintre des entourages sont tous deux habitants de Tours. Ces entourages sont d'une autre main que les miniatures , et c'était l'habitude de confier les ornements à un artiste et les grandes miniatures à un autre. Aussi trouvet-on beaucoup de manuscrits dont le texte est com-

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plet, les entourages conduits jusqu'à moitié et les grandes miniatures terminées sur les premiers feuillets seulement. Poyet faisait sa spécialité de ces entourages et les exécutait avec une naïveté, une bonhomie toute flamande, mais aussi avec une grâce, une élégance , un éclat de couleur entièrement français. Voici la somme qu'il reçut pour tout son travail :

(( AJehanRiveron, escripvaindemourantàTours, pour avoir escript, à la main , unes petites heures, que ladicte dame a faict faire, à Tusaige deRomme, et pour avoir fourny de velin (3sept.1497>.xiiij liv.

« A Jehan Poyet , enlumineur et historieur, demourant audict Tours , la somme de sept vingt treize livres trois sols tournoys, pour avoir faict es dites heures, vingt trois histoires riches , deux cens soixante et unze vignetes, et quinze cens verses; par marché faict , avec lui , par ladicte Dame , laquelle somme de vu" xuj 1. iij s. iiij d. luy a este payée, baillée et délivrée comptant, par ce présent trésorier, par vertu desdits roolle et mandement, dont est faicte mention , ainsi qu'il appert par sa quitance, cy rendue , dattée le xxix jour de aoust. Fan mil cccc quatre vings et xvij , montant semblable somme de vii"xiij 1. iij s. m d. t.pour ce icy ladicte somme de ... • vir'xiijl. iiis.iiid. t.

i< A Guillaume Mesnager, marchant, demourant audit Tours , la somme de vingt sols tournoys que deue lui estoit pour une petite pièce de veloux cra-

PBllfTRBS HORS d'oPFICE. 275

moisy, de luy prinse et achaptée et par luy baillée el délivrée pour couvrir lesdites heures. . xx s.

w Compte premier de Jaques de Beaune le jeune, Crésorier général des finances de laRoyne, — pour ung an entier , commençant le premier jour d'octobre mil quatre cens quatre vingt quinze^ et finissant le derrenier jour de septembre mil quatre cens quatre vingt et seize.

11 ne faudrait pas croire qu'un artiste aussi distingué n'eût pas été apprécié en son temps; il est au contraire cité, immédiatement après Foucquet, par Pelegrin qui écrivait son ouvrage sur la perspective, à la fin du xv* siècle ■.

ANTHOINE VERART.

Ce grand libraire, bien connu et chéri des bibliophiles, n'avait pas été considéré jusqu'à présent comme artiste calligraphe et enlumineur. Le document suivant l'élève à ce rang, quelle que soit d'ailleurs la part qu'on doive laisser à l'entrepreneur de librairie : « A Anthoine Yerart, libraire de Paris, la somme de deux cens sept livres dix solz dix deniers t. pour les parties qui s'ensuivent, par lui baillées, à feuMS le Conte. C'est assavoir : pour le parchemin du premier volume du livre de Tristan, où il y a iiij" i feuille, au pris de ni s. uij den.

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