‹ La renaissance en France (volume 2)Chapitre 45 sur 54 · CHATEAU DU ROCHER · texte numérisé non relu

CHATEAU DU ROCHER

(Galerie de la Chapelle).

comme il savait à quoi s'en tenir sur les ressources de sa province, c'est à la Normandie que nous le voyons s'adresser cette fois. On peut même sans crainte affirmer que l'architecte est venu de Caen, qu’il a vu l'hôtel d'Écoville, sil n'y a travaillé directement. Ses lucarnes, d'une élégance toute particulière, sont comme une indication d'origine sur laquelle il est impossible de se tromper. En outre, la sculpture, en dépit des difficultés dont elle avait à triompher, atteint

1. La chapelle a été bâtie en même temps que la galerie, mais cetre dernière seulement est en application contre

les parties les plus anciennes du château.

zut

une rare perfection. Hector Sohier, qui, lui aussi, à Chanteloup', se trouvait aux prises avec le granit, n'a pas mieux réussi, et l'on peut dire qu'un goût exquis, servi par une main habile, préside à toute la décoration du Rocher. Par une ironie du sort, tandis que les châteaux encore subsistants n’ont point conservé leurs parchemins, ceux qui ont disparu se présentent à nous avec un acte de naissance parfaitement en règle. Nous savons, par exemple, que Françoise d'Alençon, veuve de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, pour la construction de son château de la Flèche’, s'adressa à un architecte local nommé Jacques-Mathieu Estourneau?. I1 serait donc intéressant de connaître quelle était la manière de ce maître dont le talent avait dû s'exercer sur d'autres édifices, puisqu'au moment où furent commencés les travaux dont nous parlons, c'est-à-dire en 1539, il avait déjà cinquante-trois ans4. Le point de comparaison dont nous aurions si grand besoin fait totalement défaut, et rien ne permet, soit au sujet du Lude, soit à celui des deux châteaux moins importants de

Bénéhart; et de Poncéf, qui tous appartiennent à la première moitié du xvr siècle

et sont situés dans la partie sud du département de la Sarthe, de se livrer même à des conjectures.

A côté de Jacques-Mathieu Estourneau, il faut faire figurer Jean Masneret et René Guitton, deux architectes du Mans qui, du temps de Henri II et de Charles IX, furent chargés de reconstruire le château de Pescheseul7. Seulement, bien que leur œuvre ait également disparu, nous sommes assez bien renseigné sur sa physionomie, car elle reproduisait, dit-on, le beau manoir du Puy-du-Fou, en Poitou. C'est ce qui nous permet, avec quelque vraisemblance, d'attribuer aux mêmes artistes la belle porte flanquée de tours qui donne entrée dans la cour du château de Courtanvaux?. Tant au point de vue du style qu'à celui de la date, notre opinion est soutenable, tandis que rien n'autorise, ainsi qu'on

la fait plusieurs fois’, à mettre une semblable construction au compte de ) p

Page 1