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FONTAINE ÉLEVÉE PAR LIÉNARD DE LA RÉAU, À FONTENAY-LE-COMTE

des Délibérations municipales relate le fait suivant : « Touchent M° Mathurin

Berthoumé auquel a esté ordonné estre baïllé vingt livres pour parachèvement

storiques (non ‘imprimé). — Procès-

6, p. 160 et 162 (M.

de; monum:

Deux-Sèvres, août 1882, rapport supplémentai verbaux des séances du C Delavaul ville di

Extrait du Bulletin monumental, 1883).

ort, par M. Léon Palustre, in-8 de 4 page

de la vix, a esté délibéré et. conclud qu'il sera payé et lui sera avancé x livres

jucques à la perfection de l'euvre, par Pierre Giraudeau, recepveur, ou par

André Bidault, précédent (?) recepveur, qui seront allouez à leurs comptes en rapportant acquit du dit Berthomé”. » Plus loin nous lisons : 6 septembre 1535 : « À esté délibéré et conclud que le dit Bidault baillera au dit Berthomé la somme de dix livres tournois’. » Enfin, le 24 septembre de la même année

« Touchent M° Mathurin Berthommé, m° masson qui requiert... de la massonne de la maison de la ville et dict luy rester [due] la somme de xvr livres tournois, a esté délibéré parce que le dit Berthommé a receu de Antoine Bour-

guignon mn livres, par deux acquitz, — de Pierre Bernard ou sa femme,

mn livres, par troys acquitz, — de Audet Savignon CL livres, aussi par deux acquitz, — de André Bidault V‘Lxx livres, par six acquitz, — de Pierre Giraudeau xn livres, par ung acquit, — faisant la somme de xun°xxxi livres et que la dite somme de dix huyct livres luy soyt baillée pour parfaire l’entier payement de xmrL livres tournois, que se montoyt le prix faict de la dite maison de céans, dont il baillera acquict général; sur laquelle dite somme de xvur livres tournois sera défalcquée la somme de Lx solz tournois qu'il receut dudit Savignon pour le droict de mouton de l'ascension pour lequel il auroyt receu C solz tournois desquelx.... les comptes dudit Savignon ne luy auroyt esté alloué que xL solz tournois et par ce ne reste que xv livres tournois qui luy seront baillez par ledit Bidault, qui luy seront allouez à ses comptes en rapportant acquict dudit Berthomé3. »

On le voit, l'hôtel de ville de Niort est bien l'œuvre de Mathurin Ber-

thomé qui reçut, au cours des travaux, différentes sommes s'élevant au total de

1,450 livres tournois. D'après la valeur différente du marc d'argent sous François l‘* et de nos jours, soit 14 francs et $4 fr. 40 c., nous arrivons environ à 5,700 francs. Mais alors une journée de maçon ne se payait que o fr. 61, la sculpture d’un chapiteau, quelque compliqué qu'il fût, comme ceux de Chambord par exemple, $ fr. 20, celle des « mirouers et louzanges » o fr. 884. Les 1,450 livres tournois, dont parle le registre des délibérations municipales,

étaient donc parfaitement suffisantes pour couvrir les dépenses et rémunérer les

1. Archives de la ville de Niort, registre n° 335, p. 37. Cetce transcription er les suivantes nous ont été fournies de ville de

par M. J. Berthelé, archiviste des Deux-Sèvres. M. Breuillac, dans sa brochure intitulée : l’Ancien hô

Niort et sa restauration en 1535, Saint-Maixent, 1885, reproduit les mêmes documents, mais d'une manière absolument fautive, d'après une copie faite par Apollin Briquet, il y a plus d'un demi-siècle.

ue

4. Le premier terme désigne l'ornement appelé maintenant disque.

LENPOITOUr

services de Mathurin Berthomé; en valeur commerciale actuelle, elles représentaient plus de cent mille francs’.

Nous avons dit plus haut que l'on pouvait bien s'être occupé de l'hôtel de ville de Niort dès l’année 1; 30. Cette assertion se fonde sur le temps nécessaire à la préparation des plans et à la démolition des anciennes constructions, non moins qu'à l'exécution de tout ce qui frappe aujourd'hui les regards. Mais rien n'empêche de fixer en 1532 le commencement de la période véritablement sérieuse, Berthomé aurait eu ainsi quarante mois environ pour porter son œuvre à l'état de perfection où il était, lorsque le conseil de ville, suivant un document récemment publié?, procéda, en juin 153$, à l'adjudication des travaux de menuiserie.

À propos de l'église Notre-Dame, à Fontenay-le-Comte, il a déjà été question de Liénard de la Réau3. Cet architecte, dans la même ville, sest

surtout distingué par la construction d'une fontaine, poétiquement placée en

contre-bas de la voie publique et décorée avec un sentiment de l’art classique

qui ne laisse pas de faire rêver, car c'est le moment (15424) où le beau chà-

teau de Coulonges-les-Royaux, si remarquable par les mêmes tendances, va sortir de terre. Louis d’Estissac a bien pu avoir recours au talent de Liénard de la Réau qui, pour se mettre sérieusement à l'œuvre, n'attendait sans doute

qu'une occasion favorables.

1. Cf. Leber, Essai sur l'appréciation de la fortune privée au moyen âge, relativement aux variations des valeurs

monétaires et du pouvoir commercial de l'argent. Paris, 1847, in-8.

2. E. Breuillac, op. cit., p. 7 à 12. Ce document fait connaître les noms de Pierre Bourry, Thomas Nourry,

Mathurin Rousde dit Capete et N. Jorly, « tous maistres menuisiers de la dite ville » qui s'engagèrent à « fayre et

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d’autre part, fut confiée à Antoine Carradoux er la vitrerie à Pierre Dèpres. Des écussons figur vaux nécessitèrent

blancs, absolument comme de nos jours à l'hôtel de ville de Poitiers et à celui de Paris. Tous ces t

environ de es, de sorte que le conseil de ville ne put prendre définitivement possession du nouvel édifice qu’en 1537.

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