Tout porte à croire que la date de 1533, inscrite su
n dont nous parlons. Les trois nefs, dans leur e
t alors achevé
s, et la façade occidentale atei
évidemment qu'il a inauguré un genre dont il fera plus tard l'application à Magny, durant sa seconde campagne de travaux, et qui consiste à substituer aux voûtes d'autrefois de riches plafonds à compartiments variés et complètement couverts
de sculptures. En revanche, il est vrai, des vases sont réservés dans la pierre,
partout où un pan coupé a été évidé en forme de niche, absolument comme aux débuts du maître. Puis vient l'ornement, sur lequel nous avons attiré fortement l'attention et qui figure des volutes courant les unes après les autres.
Tout ce qui précède est le partage du portail méridional dont le plan, très habilement conçu, a été exécuté d'un seul jet. Du côté de l'occident, au contraire, Jehan Grappin se trouvait en face d'une construction qui atteignait déjà la moitié de la hauteur projetée. Il ne restait donc plus qu'à continuer l'œuvre de ses devanciers et nous sommes obligé de l'avouer, il a été moins heureux dans la circonstance qu'on n'était en droit de l'espérer. Auprès de la partie inférieure, qui date des meilleures années du règne de François I”, ce qu'il a ajouté paraît quelque peu empreint de sécheresse et de raideur. Nous ne parvenons pas surtout à nous expliquer pourquoi il a terminé sa façade par un
fronton circulaire; il y a [à un manque de logique dont on ne trouverait peut-
être pas d'exemple à une date aussi éloignée. En second lieu, il est bon de faire remarquer combien un entablement dorique était peu à sa place au-dessus d'un portail traité avec toute la grâce et toute la légèreté de la première Renaissance. Ce membre d'architecture diffère singulièrement, en outre, de ce que Jean Bullant, nous l'avons vu, exécutait à l'occasion. Moins de franchise respire dans l'adoption des formes antiques et une certaine monotonie résulte, entre les triglyphes, de la répétition du même ornement‘.
En dehors des monuments que nous avons cités et qui tous occupent la région au nord de Paris, c'est à peine si çà et là, dans le champ offert en ce moment à nos recherches, se présente matière à sérieux examen. A Mantes, les deux derniers étages du clocher de Saint-Maclou, bien que construits sous le règne de Henri Il, sont absolument dépourvus d'intérêt, et nous devons aller jusqu'à Montfort-l'Amaury pour trouver enfin une disposition originale et qui sorte des données usitées en pareil cas. Vainement, en effet, chercherait-on dans une église une porte géminée qui soit ainsi surmontée de deux frontons
aigus, avec bustes saillants d'homme et de femme, et autres ornements particu-
1. I n'y a d'exception que sur les contreforts, où le peu d'espace dont on pouvait disposer à fait substituer
une patère, Quant aux demi-métopes qui occupent les angles, on sait à quelles discussions leur emploi a
e. CF. Selvarico, Guida di
un vase
donné lieu en Italie, lors de la construction de la Libreria vecchia, sur la praggetta de Ve
Veneria.
lièrement propres aux maisons et aux châteaux”. L'artiste qui a exécuté ce détail, vers l'année 153$, s'est trompé évidemment et son talent eût plus facilement pu s'utiliser ailleurs; mais il n’en a pas moins laissé une œuvre charmante et, pour notre part, nous voudrions avoir beaucoup d'erreurs semblables à excuser*.
À peu près dans le même temps on entreprit de voûter la haute nef qui
était restée inachevée jusqu'alors. Mais soit que l'argent vint à manquer subitement, soit par tout autre motif assez diflicile à pénétrer, les premiers arcs-boutants destinés à rendre l'opération réalisable n’atteignaient pas encore leur entier achèvement, que le silence se fit de nouveau dans les chantiers. Quant à la durée de cet état de choses, elle ne semble pas avoir été moindre d’un demisiècle, si nous en jugeons par les contreforts de l’abside dont le style rappelle quelque peu l'époque de Henri IV . Du reste, les arrêts de cette sorte se reproduisaient fréquemment dans les édifices religieux, comme nous pouvons le voir, par un nouvel exemple, à Saint-Basile d'Étampes. Là, une nef commencée vers le milieu du règne de François I‘ ne fut terminée, suivant une inscription, qu’en 1$59*. Et l'on ne peut pas dire qu'il y eut simplement lenteur dans l'exécution, car la différence entre les deux parties dont le tout se compose est si profonde, qu'une longue interruption dans les travaux est seule capable de l'expliquer. Enfin, si nous nous rapprochons de Paris, il ne sera pas inutile de jeter un coup d'œil sur l'église de Villeneuve-Saint-Georges. Sa façade, datée de 1540, est empreinte d'une grande sévérité, dont la beauté, toutefois, n'est pas exclue. Puis les côtés présentent deux petits portails intéressants, où se retrouve tout l'appareil du style dorique. Seulement, chose à signaler, dans les métopes, on
ne voit, comme à Vétheuil, que des patères à ombilic.
Après avoir considéré les monuments religieux au point de vue de leurs beautés architectoniques, nous devons porter notre attention sur les richesses mobilières dont ils reçoivent un dernier complément. Et d'abord, comme plus
r. Il ne s’agit pas ici de la porte principale, mais d’une entrée secondaire, sur le côté méridional. 2. Voir le dessin en té
de ce chapitre.
3- Le côté extérieur est enveloppé sur ses trois faces de pilastres corinthiens. Au-dessus, des niches peu profondes tiennent lieu d'entablement et, pour couronn
le tout, des vases d’une forme bizarre sont réunis deux à deux.
4 On lit sur le mur extérieur, pr
'abside : Faxit Deus perficiar, 1559.
intimement lié à la construction, se présente l’art tout français de la peinture sur verre’ qui, durant la première moitié du xw siècle, jeta dans l'Ile-de-France un éclat singulier. C'était le temps où l'école de Beauvais dominait sans rivale des coteaux de la basse Seine à ceux du pays laonnoïs. La mort même d'Engrand Le Prince, en 1530, n'avait point arrêté son essor et les deux fils du maître, Jean et Nicolas, continuaient à répondre merveilleusement à tout ce que l'on était en droit d'attendre de leur origine. Bien plus, nous savons maintenant,
d'une manière indubitable, que le grand sculpteur auquel sont dues les mer-
veilleuses portes dont il a été précédemment question* ne laissa pas de s'adonner également aux pratiques de la peinture translucide?. Seulement, au lieu de suivre de point en point l'exemple qu'il avait sous les yeux, Jean Le Pot en ces matières sut créer un genre tout particulier, qui ne tardera pas à attirer notre attention #. Quant à son frère, appelé Nicolas, comme le second des Le Prince avec lequel il a été souvent confondu’, l’histoire se contente de nous dire qu'il jouissait d'une grande célébrité®, Mais ce renseignement n'offre rien d'assez précis pour que l'on puisse directement atteindre un résultat satisfaisant. Il ne reste que la ressource de procéder par élimination, dans le cas où la chose ne présenterait pas de trop grandes difficultés. Tous nos efforts doivent donc tendre de ce côté pour le moment.
Avant la publication du manuscrit d'Étienne de Nully”, qui est venu jeter une si vive lumière sur tout ce qui concerne les principaux peintres verriers de l'école de Beauvais, on comprend l'embarras suscité par l'interprétation de certains monogrammes également applicables à deux artistes différents. Comment choisir entre Nicolas Le Pot et Nicolas Le Prince, car la vérité ne pouvait se
trouver que d'un seul côté et rien n'autorisait à opérer un partage dont l'un des
pitr a Diversarum artium
ssimi », dit le moine Théophile dans le livre II, cl
ant des auprès du cél
schedula peintre.
el domandare c ? più
Marcillat, s'exprime ainsi cellenti fra gli altri cl ; 8
lavoravano, gli fu dato notizia d’alcuni che facevano
cose maravigliose .« Vita di Guglielmo da Marcilla, pittore
frangese e maestro di finestre invetriare 2. Te, p. 5$ à 58.
3. Bulletin archéologique du comité des arts et monumen 4 Dan p. 58-59, c'es talent de sculpreur et de peintre verrier. De même, l'invention du genre d n fr s- Cette confusior
e premier volume de cet ouvr. à cort que nous avons refusé à Jean le Pot le double
isailles dont il est l'auteur a été par erreur
as.
attribuée à
e retrouve notamment dans Histoire de la peinture sur verre d’après ses monuments en France,
aris, 1858.
par M. de Lasteyrie, in 6. AI
avec éloge « d’un tableau sur verre représentant la tentation de saint Antoine ».
andre Lenoir (Traité historique de la peinture sur verre, 2° édi
, Paris, Dumoulin, 1856, p. 46) parle
Notice de la cathédrale en 1685, par Étienne de Nully, oine de Beauvais, à la suite de l'Hisroire de la cathe-
drale de Beauvais, pat M. Desjardins. Paris, 1875.
concurrents eût eu nécessairement à se plaindre ? La même main se fait remarquer dans les œuvres nombreuses signées N. L. P. et l'on ne peut, en définitive, que conclure à une communauté d'origine. Mais, si le second fils d'Engrand Le Prince profite grañdement du nouvel état de nos connaissances, s'il n'y a plus désor-
mais d'hésitation à avoir sur ce qui lui appartient véritablement, il faut bien
avouer que, relativement à Nicolas Le Pot, la situation ne laisse pas aussi que d'être éclaircie quelque peu. Nous savons que, pour se faire une idée de son talent, il convient uniquement d'interroger les pages anonymes et, parmi ces dernières, est-on tenu de choisir les plus remarquables à tous égards. Ce n'est pas lorsque l'histoire nous fait connaître la série d'artistes dont il vient d'être question que de plus célèbres encore peuvent être supposés demeurés dans l'ombre. Notre liste, sans aucun doute, est loin d'être complète; mais elle n’en contient pas moins les noms qui avaient le plus de droit aux honneurs de la postérité.
Ces principes une fois établis, l'une des plus importantes questions d'origine que nous ayons à discuter se trouve pour ainsi dire résolue. Non certes, les riches et magnifiques verrières qui animent le chœur de l'église Saint-Acceul, à Écouen, ne sont pas l'œuvre de Bernard Palissy, pas plus qu'elles ne rappellent le style de Jean Cousin'; mais, tandis que, d'un côté, leur facture générale indique suffisamment qu'il faut aller chercher à Beauvais l'atelier d'où elles sont sorties, de l’autre, grâce à tout un ensemble de qualités supérieures qui embrassent également le dessin et la couleur, il n'y a presque pas de doutes à avoir sur le nom du maitre qui les exécuta. Comme, d'après ce que nous avons démontré, il est impossible de se tourner vers les deux Le Prince, qui habituellement signaient leurs ouvrages et dont la manière par conséquent nous est parfaitement connue, Nicolas Le Pot se présente seul dans d'assez bonnes conditions pour enlever les suffrages. Et puis, ne l'oublions pas, le donateur, dans la circonstance, était Anne de Montmorency, qui
devait figurer avec toute sa famille à la place la plus honorable. Or ce grand
Didoc, Etude sur Jean Cousin, Paris, 1872, p. 1or et 258
ésentaient aujourd'hui, des personnages historiques. On
s, comm
du côté di
gile, le connétable et ses cinq fi
aq filles. Mais, plus œard, Henri Il‘ d
k-dire du côté de l'épirre
d fils d'Anne et son successeur |
avant son
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En conséq
nt dorénavant dinal Odet de
s en 1587,
plac ntrée du chœur, du côté du midi, furent enlevés er, dans l'espace a
on substicua au sujet
por neurs. De même, à une d
igny, neveu du c , que son écusson fait facilemen
longtemps apr t dits, qui portent, er
es vitraux proprem
Jusqu'ici, ns, personne n'était entré dans la voie où nous nous somn dait comme
place indiquée tout à
certain qu’à ure rien n'avait été gé à aucune époque. M ve encore, I. 6
protecteur des arts, à qui appartenait incontestablement le choix du peintre verrier dont lé nom nous occupe, faisait alors achever par Jean Le Pot l'incomparable série de grisailles destinée à l'ornement de la principale pièce du château’. Il est donc très vraisemblable que Nicolas fut désigné par son frère aux faveurs du connétable et, de la sorte, ce qui a paru jusqu'ici si difficile à expliquer se présente à nous comme une chose toute naturelle et qué l'on est étonné de n'avoir pas vu proclamer depuis longtemps.
Bien qu'aux rayons du soleil les vitraux d'Écouen resplendissent de l'éclat le plus vif, ils ne laissent pas d'être peints dans une gamme relativement claire et douce. Les couleurs employées manquent par elles-mêmes d'intensité, mais
elles s’animent avec une facilité merveilleuse. On dirait que de leur chatoie-
ment se dégage comme une sorte de musique, qu'en les traversant la lumière devient sonore, et l'effet produit est presque analogue à celui d'un harmonieux concert. Il fut surtout à ce point de vue examiner la fenêtre où, au-dessus de la femme du connétable, Madeleine de Savoie, agenouillée avec ses cinq filles et ayant derrière elle sa patronne en compagnie de sainte Marthe, se développent deux belles compositions empruntées à la vie du Sauveur. D'abord le Christ, drapé dans un magnifique manteau rouge et la bêche à la main, apparaît à la grande pécheresse de Magdala, dont il tempère l'indiscrète curio-
sité; puis, entouré des saintes femmes, il porte péniblement l'instrument de son
supplice et se dirige lentement vers le Golgotha*. Certes, en contemplant cette œuvre véritablement hors ligne, on comprend d'autant mieux les éloges décernés à Nicolas Le Pot par ses contemporains, que la postérité est prête à les ratifier
pleinement.
les portraits des différents membres de la famille de Montmorency ne recevaient pas, pour la plupart, leur nom véritable
C'est ainsi, par exemple, que M. A.-F. Didot (Op. cir., p. 264) voit l’une des sœurs du connétable, Louise de Montmo-
s-filles, Antoinette de la Mar
les, il
rency, dans la e qui figure incontestablement l’une de D'ailleurs, l'écusson
qui accompagne l'image en q rti au 1° de Mont-
ion ne laisse aucun doute sur ce point. Suivane les ré
ER
morency et au second de la Marck {d'or à une fasce échiquetée d'argent et de gueules de trois tra
} écartelé d'Auvergne
{d'or à un gonfanon de gueules). Enfin, Henri Ierest pris pour son oncle François, frère puiné d'Anne, mort en 1551, dont
on n’eût guère songé à reproduire les traits crente-six ans plus tard.
r. Les preuves à l'appui de cette opinion toute nouvelle seront ace
Dison
par conséquent, Jean Le.Por devait étre au moment de sa plus grande influen
mulées plus tard, à l'occasion du château
d’Ecouen a
ement, pour l'instant, que la célèbre suite de l'Amour et P. st datée des années r54r et 1542; , lorsque furent commencés les vitraux
de Saint-Acceul.
2. Deux autres scênes de la vie du Christ,le couronnement d’épines et la flagellation, sont figurées, en pend
F. Didoc {Op. cit.
re un gigantesque retable élevé dans le courant du
dessus du connétable ec de ses cinq fils. Quant à la fenêtre centrale, contrairement à 1 opinion de M. 4
p- 266), elle devait renfermer une Crucifision; mais tour a disparu de
fin, nous devons s
xvrne siècle.
aler encore, dans le vitrail où l'on à intercalé postérieurement l'image d'Oder de
Coligny, de gracieuses compositions tirées des premiers chapitres de la Genève.
+ Au Mesnil-Aubry également nous avons remarqué de très curieux fragments de vitraux, qui pourraient bien avoir
été exécutés
par Nicolas Le Por. Non seulement le faire est semblable des deux parts, mais encore les mêmes portraits d'Anne de Montmorency et de sa famille se trouvent répétés sans aucun changement.
Transportons-nous maintenant sur les bords de la Seine, dans la jolie église de Triel', qui ne compte pas moins de sept verrières éblouissantes?. Là encore, c'est l'école de Beauvais qui est représentée dans toutes les compositions. Seulement, à certains traits éminemment caractéristiques, tels que l’abondance du paysage et l'emploi quelque peu abusif du vert d'application, nous sommes obligé, cette fois, d'évoquer le nom de Jean Le Prince. La pureté du dessin qui se fait remarquer dans une œuvre authentique du maître, précédemment publiée’, loin de contredire notre opinion, tendrait, au contraire, à la confirmer; car, sous ce rapport principalement, le sujet emprunté à la
légende de saint Jacques ne laisse rien à désirer+ Quant à l'époque où dans
un lieu aussi retiré vinrent s'entasser tant de merveilles, elle coïncide parfaitement avec celle qui vit le fils aîné d'Engrand Le Prince et son meilleur élève arrivé à l'apogée de son talent. Commencées, semble-t-il, en 1$54, ces verrières étaient terminées en 1457.
À proprement parler, tout ce qui constitue la véritable gloire de l'école de Beauvais est passé sous nos yeux et rien n'empêcherait au besoin de clore immédiatement le débat. Cependant, ne serait-ce que pour répondre à certaines critiques exagérées, nous ne pouvons laisser entièrement dans l'ombre le plus vaste ensemble de peintures translucides qui se présentera peut-être jamais à notre examen dans le cours de cet ouvrage. Assurément, pour la plupart, les artistes, qui de 1544 à 1578 furent appelés par la fabrique de Montfortl'Amaury, ne se trouvaient pas à la hauteur de la mission qui leur était confiées.