Voici l'appr
de M. Didron à laquelle nous faisions allusion tout à l'heure. « Sous le rapport de l’art, dit-
il, ces verrières offrent un in
rêt conestable : plusieurs sont médiocres, quelques-unes sont mauvaises, deux sont laides;
le dessin est incorrect et quelquefois grossier. La figure d'un Jésus en croix n'est qu'une caricature et les jambes informes
de saint Louis se ballonnent, comme si quelque maladie les avait gonflées. » Et plus loin : « Nous avons là un piquant
échantillon de l’art en province, ou même de l'art en vil de Montfort-l'Amaury adressé
ge. » Rapport sur les vitrai
à M. le ministre de l'instruction publique le ze juin 2839. — Dans les lignes qui précèdent on sent tout le parti pris
du futur directeur des Annales archéologiques, a si souvent rendu injuste envers les autres
époques de l'art. Et puis, que veu di
que nous avons citée? Estce qu'au
. Didron par la d
vi siècle l'art n'était pas répandu partout? Les plus beaux vitraux que la France possède, pour ne pas élargir le cadre
de la disc
sion, ont été exécutés précisément dans des centres peu considérables et en dehors de toute influence venue de Paris.
Mais il faut avouer que de temps en temps on rencontre d'heureuses inspirations’. Puis, au milieu de toutes ces inégalités, il y a une chose qui ne laisse aucun doute, c'est que les trente-sept verrières en question” ont été exécutées dans des ateliers voisins de ceux des Le Prince. Sans cela on ne s'expliquerait pas que l'imitation de la manière propre à ces maîtres fût aussi marquée. Ajoutons qu'en bien des cas, nos verriers ont eu recours, pour la composition des cartons, à des peintres qui ne manquent pas d'un certain talent. Seulement la fécondité d'invention, même secondée par une grande habileté de main, ne peut tenir lieu de la noblesse, du style, de l'élévation. Très probablement nous avons ici affaire à des Italiens, sinon à des Flamands dont l'existence se serait écoulée en partie au delà des Alpes.
Pour terminer ce rapide aperçu des principales richesses que les environs de Paris doivent à l'art du peintre verrier, entrons un instant dans la nouvelle église de Saint-Michel-sur-Orge?. Là, si les œuvres sont en petit nombre, au moins se recommandent-elles par leur rare perfection. Un charme pénétrant se dégage des quatre fenêtres qui brillent, dans la nef, du plus doux éclat. En les examinant, on ne peut s'empêcher de songer à Robert Pinaigrier, dont elles rappellent la manière pleine de suavité. Assurément le maître se serait fait gloire, entre autres choses, d'avoir exécuté l'admirable panneau où saint Jean est représenté recevant l’Apocalypse « de la main de l'ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre* ». C'est une des compositions les mieux entendues du xvi° siècle, surtout au point de vue de la perspective aérienne qui figurait alors parmi les principales préoccupations des artistes, quel que fût le genre de
peinture auquel ils consacrassent leur talents.
> des Tentatio
1 Didron lui-même est forcé de reconnaître que la ver!
re de Satan, « ar », dit-il, «dont la mine effilée, le
surtout là fig
». Op. cit,
feraient honneur à plus d'un los
dix dans la nef e
2. Elles sont ainsi réparti vingt-sept autour du chœur, dont La plupart (25) ont été photogr par M. Jubert. Comme d'habitude, les plus at critique de Didron est mérité rtout par celles qui portent les millésimes de 1574 et 1578. Nous n'indiq
fond d’archirectu
ce homo. — Jésus au jardin d
que les plus dignes d'attention : r°
nts. Da
ie de 1541. — 2° Saint Pierre devant Néron. Aus temple circulaire. Une de
donateurs e
égende de saint Éloï. Couleurs pleines de , magnifique — 4 Déposition de la croi s trois tentations dans le désert. igure du Ch douces er cension. Rappelle le n° 4. je. — 8° Légende
de saint Hubert, id. — 9° Chute d'Adam et d'Ëve. Grande douceur de ton. — 10° Lé aint Clément, pape. Ana-
logue à la précédente.
. Cant
Arpajon.
pent d’airain (
ants : Dieu apparaissar
ifs (Nomb. IX).
des
. Le plus g
xs pas parlé à
, car lune d'elles
deux verritres qui ont seules échappé à la destruction, c'est l'ancienne
de 1524.
nm
Pour bien des gens la Renaissance n’est autre chose que l'introduction violente du paganisme dans les arts. Il semblerait véritablement qu'avant cette époque on ne se fût jamais permis de prononcer le nom des divinités de l'Olympe, que les héros même de la Grèce et de Rome se trouvassent entière-
ment mis en oubli. Cependant, nous voyons que, dès la fin du xiv° siècle,
l'antiquité entrait en partage avec l’histoire sainte et les traditions chevaleresques du moyen âge dans les compositions destinées à l'embellissement des châteaux. Hector, Alexandre et César figuraient au nombre des principaux personnages que sculpteurs et hauts-lissiers aimaient à reproduire, tout à côté de Josué et d'Artus, de David et de Charlemagne, de Judas Machabée et de Godefroy de Bouillon’. D'ailleurs, on ne devait pas sarrêter là, car, pour constituer un pendant aux neuf preux, c'est à la fable uniquement que le moyen âge fit des emprunts. Déiphile et Thomyris, Hippolyte et Penthésilée, Sémiramis et les Amazones n'ont rien, que nous sachions, de commun avec les femmes dont le christianisme a célébré les éclatantes vertus.
Mais remontons encore le cours des âges et, au lieu d'un château bâti, à une époque de raffinement, par un prince éclairé tel que Louis d'Orléans, visitons,
si vous le voulez bien, l'abbaye de Saint-Denis, au temps de Philippe-Auguste. Le
cloître vient d'être achevé et sur l'un de ses côtés fait saillie un /ayatorium, au centre duquel s'étale un magnifique bassin circulaire qui, deux fois par jour, reçoit la visite des religieux. Or s'imagine-t-on quel genre d’ornementation est ainsi perpétuellement exposé aux regards ? Non seulement nous sommes en pleine
mythologie, mais l'artiste semble à dessein avoir multiplié les images qui rappel-
éments iconographiques des car me. David et CI tandis que l'Olympe ne perd aucun de ses trois d
à jouer. aux mêmes sources, font
puisé ble aux héros du pagar
dire, à
emagne sont seuls appelés, pour ain
eurs.
pas bien d'accord sur les nor
des neuf f Nous croyons ceper
ant, sur ce point, conte Antoine Astesan, dans sa description du château de Coucy. (Paris et ses historiens aux de Lincy. Paris, 1867, p. 560.) En 1451, la tradition n'était pas encore perdue er, du reste,
ns se trouvait mieux en position que tout autre pour connaître les intentions du père de son
maître.
3- Tous les bâtiments d'habitation de Coucy avaient été remaniés dans les dernières années du xrv bien certainement à Louis d'Orléans qu'étair due la belle
e er c'est
minée dont Du Cerceau nous a conservé le dessin (Les plus excellents bastiments de France, t. I), Son ornementation consistait dans les statues colossales des neuf preuses, portant chacune un écusson sur lequel est gravé un attribut.
In, 7
lent les souvenirs les plus équivoques. Tandis que Pâris est tourné vers Hélène, Vénus figure entre Pan et Jupiter’. D'où il faut conclure que le xw° siècle n’est pas tout à fait aussi coupable que l'on se plait à le répéter. La voie était ouverte devant lui et les circonstances ont voulu qu'il s'y engageñt avec un entrain qui a pu tromper sur le point de départ. Mais en réalité, à toutes les époques, il s'est trouvé des esprits qui ont aimé à faire un retour vers l'antiquité, et
le seul reproche que l’on puisse faire à la Renaï
nce, c'est d'avoir trop souvent dépassé le but qu'elle s'était proposé.
Chose incroyable, du reste, tandis que, d'un côté, le mouvement dont il
vient d'être question ne laissait pas que de s’accentuer de plus en plus, de l'autre se manifestait parfois le désir de rappeler certaines traditions chrétiennes, profondément mises en oubli. Nous citerons à ce propos l’élégant édicule qui enveloppe, à Magny, les fonts baptismaux. Assurément, il y a là comme un ressouvenir des curieux monuments qui se dressaient jusqu'à la fin du x1° siècle aux abords des cathédrales*. Tout au plus pourrait-on objecter que la forme hexagonale adoptée par l'architecte de la Renaissance diffère tant soit peu de celle en honneur jusqu'à cette époque?. Mais si, à un point de vue particulier, il est possible de faire quelques réserves, nous ne devons pas méconnaître le sentiment qui a inspiré la disposition générale. Aïnsi, du reste, trois cents ans plus tôt, lorsque le pouvoir d'administrer le baptême ne se trouva plus restreint à quelques églises privilégiées, s'était-on empressé d'agir çà et la‘. C’est au moins ce que démontrent certains ivoires, car les monuments eux-mêmes font depuis longtemps défauts.
Nous n'entreprendrons pas d'attarder le lecteur en lui présentant une
description que le dessin placé sous ses yeux rend complètement inutile‘. Seule-
temps abandonnée dans le jardin de l’École des beaux-arts, décore aujour-
des études.
caché
é, un rond ou un octo Cette dernière forme
S bapristères dessinaient toujours en plan un ca
était de beaucoup la plus usitée, parce que, suivant saint Ambroise, L
nombre huit symbolise le véritable salut acquis par
le baptême.
4 A une époque où le baptême ne s’administrair qu et la veille de la Pente-
côte, on comprend que des édifices d’un caracté
tout particul
andes dimensions, fussent, pour ainsi dire, nécessaires. Mais du moment que ch
cun put choisir 1 le mieux, les
bapti
es devinrent un luxe inutile dont la construction, du reste, eût dép nombre
d'églises.