‹ La renaissance en France (volume 5)Chapitre 45 sur 55 · TRIBUNE DEF LA CHAPELLE D'ÉCOUEN · texte numérisé non relu

TRIBUNE DEF LA CHAPELLE D'ÉCOUEN

nous employer maintenant. La chose, du reste, ne présente pas d'aussi grandes

difficultés que l'on pourrait s'imaginer, et quand nous voyons, par exemple, que Jean Le Pot, entre tous les peintres verriers, était renommé pour ses grisailles”, un premier trait de lumière jaillit dans notre esprit. Puis, nous nous rappelons avoir vu à Gisors, c'est-à-dire dans le voisinage de Beauvais, une immense fenêtre garnie de vitraux qui sont évidemment de la même main que ceux d'Écouen. Pour s'en convaincre il suffit de jeter un coup d'œil sur la composition, empruntée, elle aussi, à un maître flamand qui a vécu dans l'intimité de Raphaël”, d'observer le ton particulier de la grisaille, obtenu au moyen du manganèse rehaussé de jaune d'argent, de comparer enfin la scène de l'ange annonçant à Marie qu'elle sera mère du Sauveur, avec celle où Psyché admire l’intérieur du palais qui désormais doit lui servir de demeure. N'est-il pas remarquable que a sainte Vierge et l'héroïne du roman d'Apulée se trouvent l'une et l’autre entourées à peu près des mêmes objets; que les courtines du lit soient, des deux parts, relevées d'une façon identique; que parmi les pièces les plus importantes de chaque ameublement figurent de grands coffres à couvercles arrondis, enveloppés d'un réseau de cercles de fer. Et quand on pense que le sujet indiqué à Écouen est précisément au nombre de ceux ajoutés par le maître peintre-verrier pour compléter la série des quarantequatre grisailles reconnues nécessaires’, le dernier voile tombe et pour tous il devient évident qu’un étroit lien de parenté existe entre la verrière de Gisors et celles dont nous parlons. En second lieu, les peintures translucides que l'on admire aujourd'hui à Chantilly, où la plupart des merveilles inspirées par Anne de Montmorency ont heureusement trouvé un refuge, loin de constituer un fait isolé, ne sont que l'une des nombreuses productions, d'un genre tout particulier, qui se rencontrent dans toute la contrée autour de Beauvais. Jean Le Pot en est l'inventeur et le nom de cet artiste se recommande désormais à ceux qui, dans la ‘conviction où ils étaient que les vitraux d'Écouen avaient une origine saintongeoise, se sont montrés justement si prodigues d'éloges envers Bernard Palissy. Outre la série de l'Amour et Psyché, qui occupait on ne sait trop quelle place’, il y avait encore dans la chapelle d’admirables verrières, conçues dans un

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