I.e inarchc du 28 a\ril i
Déjà, le 28 avril de cette année, un marché avait été passé double et au nom du roi, par devant N. Helye et P. Deshostels, notaires au Chastellet, avec Gilles Le Breton, « maçon-tailleur de pierre, selon le devis des dits ouvrages de maçonnerie et taille du dit lieu ». Ce devis a été conservé. Il fait connaître avec précision les principales constructions projetées et commandées à cette date par F'rançois l'% et il renseigne sur le caractère et l'importance du travail confié à Gilles Le Breton, qui ressemble fort, dans sa plus grande partie, à celui qu'avaient fait exécuter en ce même temps les propriétaires de tant de résidences seigneuriales, Anne de Montmorency, Jacques deDaillon,le maréchal de Gié,etc., empressés à les transformer pour qu'elles ne fussent point inférieures aux premières créations architecturales de la Renaissance, si originales et si élégantes : Gaillon, Chaumont, Meillant, Chenonceau, Bonnivet, etc., dues aux d'Amboise, aux Bohier, aux Le Roux, à l'amiral de Bonnivet, etc.
Les premiers articles du devis concernent la démolition du « vieil portail Le nouveau portail de l'entrée du château », et la construction d'un nouveau. A ce portail, « il y « aura une tour carrée, laquelle contiendra six toises de long ou environ par « dedans œuvre et quatre toises deux pieds et demy de largeur ou environ aussy « par dedans œuvre, en forme d'un grand pavillon qui sera séparé en deux, et « auquel il y aura trois grandes chambres les unes sur les autres, au-dessus de
2o6 CHAPITRE HUITIÈME
« la voûte et allée du dit portail et entrée du dit château, comprins l'estage du « galtas et sept petites chambres aussy les unes dessus les aultres, compris celles « du rez-de-chaussée et les soubspendues et galtas, le tout des haulteurs que « sera advisé pour le mieux ».
Suivent les prescriptions relatives k la construction des murs, à la désignation des matériaux qui doivent entrer dans leur composition, aux ordonnances architecturales : « chapiteaux de façon honeste, arquitraves, corniches et entablemens qu'il appartiendra ». Il est ajouté que « sur le devant du dit portail, aux costez « d'icelluy entre la dite tour, fault faire et ériger hors oeuvre deux petites tours « carrez pour servir de cabinets, en l'une des quelles petites tours, qui contiendra « treize pieds de long ou environ, y aura sept cabinets l'un sur l'autre, et en « l'autre petite tour, qui contiendra onze pieds et demy en carré par dedans « œuvre y aura aussy six cabinets l'un sur l'autre, comprins le galtas ». La disposition des fenêtres fait l'objet d'une mention spéciale où il est spécifié qu'elles « seront garnies de contrepilliers portans basse et chapiteau, frize, « corniche et frontespie, ainsi qu'il appartient ». Puis il est longuement question de la construction des trois étages de petites galeries formant terrasses à quatre colonnes par étage « de façon ronde », portant « piedestrac, basse et chapiteau ainsi qu'il appartient ». Le pavillon en question est la Porte Dorée, dénommée ainsi en raison des sculptures et peintures dont elle était ornée dans les tympans de la porte d'entrée et dans ceux des arcs des loggias.
La grande « vis ». Après le portail est dévisée la « vis » pour<( servir à monter au dit pavillon
« sur le dit portail et aux dits cabinets, et pareillement sur la gallerie qui sera « sur les offices ; ainsi que la porte de pierre de l'entrée dont les piédroits seront « faits en forme de pilliers ronds, d'une pierre garnis de piedestrac, basse et « chapiteau, arquitrave, frize, corniche et frontespie remply des devises du Roy « selon l'ordonnance de Florimond de Champeverne, varlet de chambre du « roy ». Vis et porte existent encore aujourd'hui, telles qu'elles figurent en ce devis, avec quelques modifications de motifs de décoration (i).
Le devis se rapporte ensuite a la réédification des « deux corps d'hostel de présent en masure entre la dite tour du dit portail et la grosse vieille tour », avec utilisation des vieux murs ; et à la construction de trois corps d'hôtel au delà de cette tour au moyen également de la réparation et de l'exhaussement du gros œuvre ancien ; à la suite de ces trois corps d'hôtel, à la construction d'un bâtiment en forme de pavillon de quatre toises au carré « pour le logis de Messieurs les enfants » de même hauteur que le pavillon de l'entrée du château. Pour tout cela, dans les « vieils murs tant du costé devers la court que du costez des jardins et de la rue », reconnus bons, on percera « toutes les bée
(i) Dans le petit édicule qui surmonte le fronton de la porte, a été placé un buste de François I" moulé sur le bronze que possède le Musée du Louvre.