NICOLAS VALORI
Je le croyais perdu après l'infâme action de son neveu; il a pardonné au meurtrier, et personne n'y prend plus garde. Je le croyais perdu après la bataille de Ravenne. Ce niais de Français, ce Gaston de Foix, la gagne, mais il se fait tuer, et sa victoire devient pour les siens pire qu'une défaite! Jules II en tire parti! Je le croyais perdu devant le concile de Milan; il discrédite celui-là! il en invente un autre; il reprend Bologne, on ne sait comment ! Il tient le pied ! sur la gorge du duc de Ferrare et va le détrôner, et
les Français, hier triomphateurs, nous abandonnent «t s'enfuient chez eux, parce que ce misérable Pape, du fond de sa détresse, surgit comme Satan du fond de l'abîme et secoue sur eux des foudres de dangers! Voilà les Suisses qui roulent en torrents furieux sur le Milanais. Enfin, pour ce qui nous concerne, ce n'est pas assez que nous perdions à cette heure la protection de Louis XII, il faut que les soldats en déroute de ce triste Roi laissent, dans la retraite, échapper leur prisonnier de Ravenne, le cardinal Jean de Medicis ! Maintenant, Jules II nous le renvoie à la tête de l'armée pontificale. La situation devient insoutenable!
MACHIATEI,.
Les plans de Jules II sont plus à craindre que ceux de feu M. de Valentinois.