‹ La renaissanceChapitre 186 sur 189 · SAN GALLO · texte numérisé non relu

SAN GALLO

Il prendra le temps de ruiner de fond en comble la coupole de Saint-Pierre. J'ai beau en prévenir le Pape

MICHEL ANGB 553

et les cardinaux, je ne troyve pas un homme assez courageux pour affronter cette antique réputation en guenilles.

FEDERIGO

On a peur de lui! Il est tellement oppresseur et insolent ! Et quel esprit court et obtus ! J'ai voulu lui faire comprendre ma nouvelle méthode de dessin qui doit rendre l'art accessible à toutes les intelligences : il a affecté d'en rire. La vérité est qu'il n'est pas en état d'y rien comprendre.

SICIOLANTI.

On devrait nous débarrasser de ces vieillards. Il se peut qu'ils aient su faire quelque chose en leur temps. Mais la vraie grandeur, la vraie délicatesse, le fin et le poli des choses, ils ne s'en sont jamais doutés!

SAN GALO.

C'est incontestable; ce scélérat de Buonarotti est un tyran, je le maintiens ! Il répète constamment que depuis dix-sept ans il travaille à la coupole de Saint-- Pierre! Comme si c'était une raison!

FEDERIGO

C'est une raison pour qu'on le mette dehors au plus vite! Qu'il cède la place aux jeunes gens, pressés de se faire une fortune et une réputation! On devrait lui défendre de toucher désormais à un pinceau, à un ciseau, à un compas !

Entre Pirro Ligorio, architecta.

PIRRO LIGORTO.

Vous avez raison ! Le Buonarotti est tombé en en-

fance! Nous finirons bien par en convaincre tout le monde, malgré le Vasari, malgré le Salviati, malgré les quelques vieux penauds qui nous restent de sa vieille secte! J'ai une affaire à vous proposer. Le cardinal m'envoie chercher Federigo pour lui montrer def tableaux flajnands qu'il a l'intention d'acheter.

SICIOLAXTE.

Vous l'entendez? Quelle sottise! La peste étouffe votre cardinal! Est-ce que l'Italie manque d'artistes f

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