‹ La renaissance monumentale en France; spécimens de composition et d'ornementation architectoniques, empruntés aux édifices construits depuis le règne de Charles VIII jusqu'à celui de Louis XIVChapitre 30 sur 31 · L'une, celle de l’ouest, sert depuis plusieurs siècles de · texte numérisé non relu

L'une, celle de l’ouest, sert depuis plusieurs siècles de

passage public pour aller de la rue Martinville à la rue du

Chaudron.

nñ LA RENAISSANCE MONUMENTALE.

Les colonnes de la galerie méridionale, à chapiteau corinthien lourdement épannelé, contrastent singulièrement avec l'élégance et la finesse des autres. Celles-ci, que relie un soubassement mouluré, ont une base attique, sont coiffées d’un chapiteau à cornes, d'une composition fantastique, et ornées, dans leur moitié inférieure, de cannelures rudentées. A moitié de la hauteur de leur fùt sont disposées des moulures horizontales, entre les-

quelles est un petit cartouche chargé du monogramme de Saint-Maclout. Sur la plus

élevée de ces moulures, et ados

à la partie lisse des fûts, chaque colonne portait jadis un petit groupe représentant un des mille épisodes de la célèbre Danse macabre. Mutilés avec acharnement par les protestants, en 1559 ou 1562, ces petits groupes sont aujourd'hui presque tous disparus, et les fragments incomplets qui en subsistent, engagés dans les affreuses superfétations dont l’ancien édifice est obstrué, sont cachés de telle sorte

que nous avons dû emprunter les spécimens que nous donnons, à la notice de E.-H. Lan-

glois. De son temps, on pouvait encore reconpaitre : {° la tentation d'Éve, par le ser-

pent, sous les formes d’une jeune femme dont le torse se termine en queue de reptile?;

2 un empereur; 3° un roi; 4 un connétable tenant l'épée; 5° un seigneur drapé dans un manteau; 6° un autre personnage en habit de cour; 7° un autre encore, en manteau de cérémonie; 8° un grand seigneur en habit civil; 9° un pape tenant sa double croix; 10° un

cardinal ou légat; 11° un évêque; 12° un abbé bénédictin; 13 un autre abbé crossé;

14 un religieux chartreux. Les groupes de l'aile septentrionale se composent de femmes représentant des Sibylles et des Vertus chrétiennes. De ce côté n'apparaissent pas les hideuses personnifications de la Mort, qui font partie des groupes des deux autres ailes

anciennes.

Si l'on veut apprécier jusqu'à quelle hauteur s’éleva l’école rouennaise de sculpture, pendant la première période de la Renaissance, il faut aller étudier les débris presque informes des figurines de l’Aître Saint-Maclou, tout autant que les statuettes de l'admirable tombeau des cardinaux d’Amboise; c’est la même science, avec plus de verve et d'originalité. Estimons-nous heureux de ce que, contrairement à la règle générale, et grâce à d'excellentes recherches, comme on en fait trop peu, les noms des artistes qui ont décoré le cimetière Saint-Maclou, ont été tirés d’un profond oubli. Il résulte des extraits des comptes, dit M. Deville « quant à ce qui concerne plus spécialement la Danse macabre, que de 1527 « à 1829, vingt-quatre figures furent sculptées par Denis Leselin ou Lesselin; deux par « Adam Leselin, frère ou parent de celui-ci, et deux dernières par Gaultier Leprevost; que

« les quatorze piliers qui portaient ces figures, furent exécutés par Guillaume Trubert, Guil-

1. Voir la planche.—Toutes les lettres du nom latin deSaint- | ligature, ce groupe de caractères. Maclou, s. MayTus, se reconnaissent dans les enlacements du | 9, Voir lanote de Langlois à ce sujet. — Nous reproduisons le monogramme : la tige de la crosse (saint Maclou fut évêque groupe (a), ainsi que ceux du cardinal (b), du personnage en d’Aleth}) forme le jambage du r, le c se trouve dans la moi- manteau (ce), et de la sibylle Agrippa, qui tient un fouet et tie de lu, et l'A compte pour le v supposé vu en sens inverse. | qu accompagne une femme s'appuyant sur une colonne (4)

On ne peut méconnaître l's qui réunit, comme une espèce de double emblème de la Flagellation.

Page 1