‹ La renaissance; scènes historiquesChapitre 108 sur 210 · LE CARDINAL PICCOLOMINI · texte numérisé non relu

LE CARDINAL PICCOLOMINI

Il est bien malade; mais tout indique qu'il commande à son corps comme il a toujours commandé à la volonté des autres. Je ne suis pas d'avis d'accepter ses propositions.

-LE CARDINAL COPIS.

Prenez garde! il s'est réconcilié avec les Orsini. Il ne faudrait pas traiter en ennemis ces gens puissants qui demandent à nous aider.

l'ambassadeur de FRANCE.

Je conseillerais de ne pas se brouiller avec M. de

iU LA RENAISSANCE

Valentinois. Il a bien de l'esprit; il tient les plus fortes positions; son artillerie est nombreuse, et ses coffres regorgent d'argent

l'ambassadeur d'espagne.

Si l'on s'accorde avec M. de Valentinois, je demande, au nom du Roi Catholique, qu'on admette de même nos troupes et nos alliés, entre autres don Prospero Colonna et tous ceux de sa maison,

l'ambassadeur de FRANCK.

Alors, c'est admettre l'anarchie I

l'ambassadeur d'espagnk. , Elle me semble encore mieux représentée par vous que par nous!

LE cardinal de LA ROVÈRK.

Voici la décision du sacré Collège. Le conclave va se réunir le plus promptement possible pour remplir la vacance du trône. Jamais la présence salutaire d'un souverain pontife ne fut plus à souhaiter que dans cette crise terrible où les âmes et les corps sont également en péril ! Il ne convient pas qu'une si auguste assemblée se tienne au milieu du fracas des armes. Non, messieurs, non ! Cela ne convient pas, cela ne serA pas ! Français, Aragonais, Colonna, Orsini, tout ce qui a l'épée au poing sortira; M. de Valentinois sortira comme les autres! Il ne demeurera ici que des troupes pontificales !

l'ambassadeur de francb.

Monsieur le cardinal, j'ai peine à croire que le Roi ïRoq naaître approuve de pareilles mestjres,

LX CARfitIfAL Ol LA ROVËRE.

Mon cœur est encore exalté par les nobles sentiments que vient de m'exprimer notre v^iérable frère d'Amboise. a Cardinal de la Rovère, m'a dit ce véritable grand homme, j'aurais honte, moi, prince de l'Eglise romaine, si je donnais la moindre apparence que j'entends violenter le conclave; le conclave doit être libre dans son choix ! L'armée du Roi Très-Chrétien va s'éloigner des murs de Rome! » Voilà les propres paroles de ce génie admirable ! Vous lui tiendrez compte, messeigneurs, oui, vous lui tiendrez compte de tant de magnanimité, et je ne doute pas que le Saint-Esprit vous dicte ce qu'il faudra faire pour récompenser tant de vertus !

Les ambassadeurs de Veoi»« et de Floreoca s« regardent très étonnés. LES CARDINAUX.

Assurément! assurément! c'est un beau trait!

LE CARDINAL CASANOVA, bas au cardinal Romolino.

Quelle bonne diablerie vient de faire Julien! Nous voilà débarrassés du Pape français!

LB CARDINAL ROMOLINO, de mima.

Je tremblais de ne pouvoir l'éviter! Pensez- vous voter pour Julien?

LE CARDINAL CASANOVA

Jamais ! Il est trop retors et trop dur. Ce qu'il nous faut, c'est un sujet insignifiant

LE CARDINAL ROMOLINO.

QuQ penseriez- vous du vieux Piccolomini?

â46 LA RENAISSANCE

LE CARDINAL CASANOVA

Pas mauvais. Nous en reparlerons. Ecoutons ce qu'ils disent.

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