‹ La renaissance; scènes historiquesChapitre 116 sur 210 · L ENSEIGNE · texte numérisé non relu

L ENSEIGNE

Diable de nuit ! Je n'y vois rien. Il fait un froid de loup. Avançons.

LA SENTINELLE

Oui vive?

l'enseigne.

Navarrais!... Halte!... Arrive à l'ordre!... Saint Jacques !

la sentinelle.

Et Pampelune!... Vous ne me reconnaissez pas, don Michèle!

l'enseigne.

Quelle voix!... Est-ce possible?... Caporal, appca-te la lanterne!... C'est donc vous, monseigneur?

LA SENTINELLE

Voilà César Borgia.

l'enseigne.

Que nous sommes tombés bas!... Et moi qui voul commande!... Quelle misère!

LA SENTINELLE

Tant qu'on existe, on marche et l'on peut remonta: !

l'enseionb.

Vous n'êtes pas découragé?

LA SENTINELLE

Enragé!... On m'a ouvert ma prison, me jugeant inoffensif. Comme on se trompe!... La France m'a abandonné et dépouillé!... L'Italie se vante de me croire mort!... Ah! sainte vengeance!

l'enseigne.

Pour moi, je n'y songe pas. Je ne demande plus qu'à gagner mon pain et à le manger sans bruit Faites-en autant; croyez-moi, nous sommes vaincus.

LA SENTINELLE

Cœur lâche! Aussi longtemps que j'ai dans le corps un souffle, c'est un souffle de haine et d'appétit

l'enseigne.

Grand bien vous fasse! Vous y casserez vos dernières dents... En attendant, je vous relève; venez vous réchauffer. Voici le petit jour; l'ennemi recommence à tirer sur nous.

Un coup ds fauconneau parti d'uo batdon attaint la seutiaelle eu plein corp*.

CÉSAR BORGIA aô?

Sangdieu! Le voilà pax terre!... Don César!... Il est mort!... Ecrasé dans la boue comme un ver, lui, le plus orgueilleux des démons!... Mille millions de diables!... Ne restons pas là... Allons nous réchauffer !

L'enseigne et les soldats s'éloi^rnent; des valets d'armée se jettent srr le GOipâ ds U s«aiineUe, 1« dépouillent tout nu et le laacent dans le fossé.

Page 1