LES DEUX PROVÉDITEURS
Tout est perdu ?
LE MARaniS.
Ma foi, presque! Ne restons pas là, messires! Ltés Gascons arrivent en courant... au galop! Rallions nos hommes!
Les trompettes h-ançaises sonnent la charge; la bataille de Foroouu eet perdue pour Jes Vénitiens st les Milanais.
SAVONARblË 83
FLORENCE
L'atelier de Saadro Botticelli. — Immense salle très élevée. — Foule d'artistes dans des costumes pittoresques et quelquesxms assez débraillés ; plusieurs, occupés à de grandes toiles, sont montés sur des échafaudages ; d'autres terminent des tableaux ou en ébauchent sur des chevalets. — Sandro Boticelli, Luca Signorelli, Domenico Ghirlandajo, Fra Benedetto, miniaturiste ; il porte l'habit de Saint-Dominique et est penché sur un missel placé sur une petite table et qu'il enlumine, en prenant minutieusement des couleurs dans les godets dont il est entouré. Le Cronaca, architecte.
SANDRO, d'un ton plaintif.
C'est aujourd'hui mon dernier jour profane, et cette toile sera ma dernière œuvre; désormais, je ne songerai plus qu'à pleurer mes fautes.
FRÀ ËARtOLOMMEO DI SAN MARCO.
Bien tu feras, bien nous ferons de t'imiter. Le salut vaut mieux que le talent et la palme des élus que la couronne du génie. Amen !