INTERET DE L'ETUDE DE L'ELEVAGE DU CHEVAL DE PUR-SANG
I n’est pas dans l’espèce chevaline de sujet plus délicat, plus précoce, que le pur-sang. C’est ce qui le rend si attachant pour l’éleveur qu’il met aux prises avec des difficultés sans nombre, commençant bien avant sa naïssance, pour ne finir qu’à la fin de sa carrière de coufse.
Pour produire en effet un animal de valeur, un « crak », l'éleveur doit d’abord chercher à obtenir chez lui, soit par des méthodes quasi scientifiques, soit par un simple calcul de probabilité, le « courant de sang » qu'il jugera le plus propre à donner au jeune les qualités de la race exaltées au plus haut dégré. Il devra donc müûrement réfiléchir avant de donner une jument à un étalon déterminé, envisageant en outre de leurs ascendances, leurs qualités et leurs défauts pour essayer d'accroître les uns, de compenser les autres.
Il est inutile d’insister sur les difficultés de l'élevage proprement dit, elles relèvent de la délicatesse même du sujet.
Enfin l’éleveur, soucieux du bon renom de son exploitation, suit avec intérêt le sort de ses élèves qui disputent leurs chances dans les hippodromes et l’on comprend facilement qu'au moment de la vente, il consente plus volontiers à les remettre entre les mains d’un propriétaire sérieux, ayant su s'assurer le concours d'un entraîneur capable de placer les Yearlings au meilleur de leur condition.
Il n’est pas dans l'espèce chevaline de race dont lhisloire soit mieux dessinée, les ascendances mieux connues que la race de pur-sang anglais. Il n’en est pas de plus nettement sélectionnée, et c’est cette sélection même si avancée qui permet d'envisager des théories, dites de « croisements rationnels ».
A un point de vue plus général, on pourrait même citer la vieille rivalité sportive qui existe depuis toujours, entrela France et sa voisine d'outre-mer. Elle a su eréer avec des sujets qui n'étaient pas autochtones, (tout au moins en ce qui concerne les géniteurs mâles), une race à laquelle elle à donné son nom, mais cette race, introduite en France, y a trouvé sous un climat plus doux, un sol plus riche et l’on ne compte plus actuellement, les chevaux nés : en France qui retournent disputer à leurs frères anglais
les trophées des célèbres compétitions insulaires.
C’est la description et aussi un peu la critique d’un de ces élevages français que j'essaierai dans les pages qui vont suivre : à
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Le haras de Menneval eut des produits fort honorables qui comptèrent souvent aux palmarès de nos hippodromes. Quelques-uns furent, après leur carrière de course, achetés par l'administration des haras nationaux et servirent à l'amélioration des races chevalines françaises.
Qu'il me soit permis, avant de commencer cette étude, de remercier encore une fois ici M. le Comte Dauger, propriétaire du haras de Menneval qui, par sa haute bienveillance à mon égard, m'a permis de réunir chez lui les éléments nécessaires à l'élaboration de ce modeste travail.
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Historique du Haras de Menneval
C’est à M. Jacques Dauger que je dois les nombreux renseignements historiques dont voici le résumé.
Depuis 1814, la famille Dauger n’a cessé de s'occuper de l'élevage des chevaux de course.
C'est le Vicomte Camille Dauger qui éleva au haras de La Chapelle :
Plaisanterie : gagnant à Newmarket le Césarevitch et le Cambridgeshir ;
Clover : gagnant du prix du jockey-club (1887) ;
Clamart : gagnant du grand prix de Paris (1892).
La fondation du haras de Menneval remonte à 1871, lors de l'association du Comte Guy-Aldonce Dauger, père du propriétaire actuel, avec son beau-frère, le baron de Bray.
- En 1878, les associés achetèrent l'étalon Verdun (par Ruy Blas et Womann in red). |
A cette époque, le Comte Dauger faisait aussi l'élevage du demi-sang et une jument, Mademoiselle de Fontenay, fit souche chez lui de trotteurs fameux :
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Trinqueur Nymphe Rouges, terres Benjamin, etc.
Le Comte Dauger dirigeait en même temps une importante culture et fut élu Président de la Chambre Syndicale des Agriculteurs du département de l'Eure. Il fonda Ja société de courses de Bernay et y fit tracer en 1885 la première piste en ligne droite de 1.200 mètres qu’on ait vu sur les hippodromes ; elle eut du succès et donna l'idée à la Société d’Encouragement de créer celle de Maisons- Lafitte.
A la mort du Baron de Bray, le Comte Dauger continua l'élevage avec les juments qu’il avait en propre. Voulant augmenter son effectif, il loua la terre du Jardin, à Giel (Orne). |
Verdun était reparti à Montgeroult chez la Baronne de Bray, maïs à Giel, tout proche du haras du Pin et à Menneval, proche de celui de Serquigny, le Comte Dauger put utiliser les services des étalons nationaux.
D'ailleurs, à la mort du Marquis de Croix, l’administration des haras qui avait des chevaux en station à Serquigny, demanda au Comte Dauger de faire une station d'étalons à Menneval, où il y eut en dépôt depuis 1875 jusqu’en 1907 : |
À-étalon de pur-sang :
étalons de demi-sang carrossiers ; 4 étalon percheron. | 2
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De nombreux chevaux de pur-sang sortis du haras de Menneval servirent après leur carrière de course, d’étalons de croisement, les uns aux haras nationaux, les autres chez des particuliers. Furent de ce nombre :
Gourmet Boissy Bouledo Magnanime Beaumesnil Rânes
Guise
Rio Tinto Haras du Pin
Régal
En 1890, devant le succès de son entreprise, le Comte
Dauger fit construire de nouveaux boxes, entre autres la __« Maternité » dont il comprenait déjà l'importance à cette époque. C’est à cette date qu’il fit achat. de l’étalon Clairon descendant en ligne directe mâle de Touchstone, qu'il dut loger à Montgeroult à cause de la présence à Menneval des étalons nationaux. Ses produits étaient précoces, vries, faciles à entraîner et de bon tempérament, ils rappertèrent de 1896 à 1908 : 2.286.814 francs.
En 1902 il y eut mévente sur les produits à cause du nombre toujours croissant des éleveurs et le Comte Dauger, déprimé par une maladie récente, dû liquider partielle-