SEVRAGE
Le sevrage est effectué généralement vers le sixième mois, nous ayons vu que au point de vue alimentaire, il est progressif, ceci est, bien entendu, indispensable pour permettre à l'appareil digestif du jeune de s’accoutumer progressivement à la nourriture.
Au point de vue moral, le fait pour le jeune d’être séparé de sa mère, provoque chez lui une crise assez pénible, qui a beaucoup de répercussion sur son état général, au moins pendant une semaine, On pourrait observer qu’il serait loisible d’atténuer la violence de cette crise en accoutumant progressivement le jeune à rester séparé de sa mère de plus en plus longtemps ; on a essayé cette méthode à Menneval, maïs on a dû l’abandonner comme ne donnant pas le résultat qu’on aurait pu en attendre.
Au fond, il est possible que les séparations répétées
énervent la jument et le poulain et qu’il vaille mieux en finir brusquement.
D'ailleurs, cette séparation s'accompagne pour les élèves du haras de Menneval d'un dépaysement encore plus complet, puisque M. Dauger envoie les poulains chez son frère au haras de Giel, pour y terminer leur élevage.
La crise qui résulte de l’acclimatement n'est en général ni grave ni longue, les poulains sont groupés ensembles à raison de deux à trois par boxes et on les sort éga-
Te
lement par groupe de quatre ou cinq dans les herbages en les classant. autant que possible par taille. Leur sociabilité leur fait rapidement perdre le souvenir des soins maternels. |
Nous aurions tort à ce point-de vue de les taxer d'ingratitude, car ce noir sentiment dépasse certainement la capacité de leur petite cervelle.