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Elle crée la défense mutuelle des consommateurs associés et pourtant, sur son terrain propre, elle affirme pour son développement, sa valeur el sa su-
périorité.
La libre concurrence est le régime où chacun produit pour la vente. La coopération, c’est le régime où l'on produit entre soi pour se répartir. Du jour où la coopération s’introduit à l’intérieur même de l’économie de l'échange, 1l n’y a plus (pour la part du commerce qu’elle remplace) de valeur d'échange. Loin de nous l'idée de traiter ici la théorie de la valeur des marchandises et de rechercher l’origine de leur valeur d'échange; mais marquons, quelle qu’en soit l'analyse et l’explication, qu'elle pourrait être parfaitement différente dans les organismes de la société en formation où il n’y a plus de valeur d'échange, mais surtout, avant tout, valeur d'usage à créer.
Là, se marque bien la différence entre la recherche du gain Ou le service à rendre.
Le principe de l'association mutuelle des intérêts, sur lequel repose la coopération aboutit également à opposer un système d'organisation, une méthode d'ordre au laisser faire el à la Hibre initiative du régime économique actuel.
Là où précisément la fausse liberté n'aboutit qu’au dé-
sordre, l’idée d'organisation répond à un souci d'ordre.
C) LA CONSOMMATION ORGANISE LA PRODUCTION. — Du point de vue économique, la République coopérative se différencie complètement de la société actuelle par la dépendance de la production.
La consommation veut organiser et diriger la production à son profit, il s’en suit des conséquences les plus importantes sur les lois économiques de Ia
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94 LA RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE 2 es ont vécu sans qu'elle existe, et continuent à vivre. Pré- £ cisément la venue au monde, les progrès de la coopé- é ration qui part d'un principe coniraire, démontrent É. également la possibilité d’une société différente. Le + plus curieux, c'est que la République coopérative a À pour base et point de départ la libre concurrence + elle-même. | | À
société actuelle qu'on représentait comme éternelles.
Les usines, leur utilisation, l’espèce et la qualité des. marchandises vont êlre faites et produites uniquement sur la commande du consommateur ; jusqu'alors en vérité, le consommateur ne commandait que ce qu'on voulait bien lui offrir et on ne lui offrait que ce que l’'entréprise capitaliste croyait devoir produire pour son plus grand bien, c'est-à-dire pour obtenir le maximum de profit.
L'organisation de la production par la consommation aboutit à la suppression de tout profit commercial et industriel et, peu à peu, le coût de production calculé d'après les salaires, les matières premières, les frais
énéraux, l'amortissement et la part mise de côté pour a réserve et le développement, c'est-à-dire pour lave-
nir, deviendra la base de l'établissement du prix des
roduits et des marchandises; mais alors, que devient a fameuse loi de l'offre et de la demande? Dans la République coopérative, 1l n’y a plus n1 offre ni demande ou, plus exactement, c'est la demande qui détermine l'offre et la limite.
Un problème nouveau se pose alors. Avec la République coopérative naissante, quelle est la part que l'industrie des consommateurs réservera à la persistance et à la continuité des institutions de la société hu-
maine; en d'autres termes, quelle part fera-t-on à
l'avenir par rapport au présent? De ce problème, dépend en réalité la mesure dans laquelle la coopération accentuera le progrès économique; remarquons égale-
ment que la nouvelle société économique, du jour où
elle sera suffisamment étendue, n'aura pas à se mouvoir dans les cadres du régime actuel qui lui servent d'une
sorte de baromètre économique pour connaître ses
propres conditions de production dans chaque branche d'industrie et où en face d’elle il y a encore des concurrents. À ce moment-là, quelle part réservera-t-elle à l'effort productif du travail? Certes, chacun sera consommateur et producteur, mais sur quelle base rémunérera-t-on le travail, quelles conditions générales fera la République coopérative aux diverses corporations et quel système d’émulation instaurera-t-elle pour porter
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FES |, Ce ee + 1e ne 96 LA RÉPUBLIQUE COOPÉRATIVE HS l'elfort mdividuel au maximum et ce pour le plusgrand 1 Es bien de la collectivité ? En tout cas. ‘elle sera naturelle- | ES ment amenée à renoncer au régime du salariat qui ne = ie récompense pas le travail proportionnellement à l'effort 5 ie accompli, 1l faudra donc rechercher comment une So- | MS: ciété de consommation faite pour la satisfaction des | 4 : besoins devra tenir comple du rendement à obterir Ë BE dans le procès de production. È ‘he Problèmes d'avenir sans doute que l'expérience se | “HN chargera de résoudre. On ne peut imaginer à priori la | L Le solution, mais problème immédiat aussi dans la mesure + Hi où la République coopérative se constitue dès mainte- ; | 18 Li nant. Chose curieuse, elle trouve une sorte de guide où | he de modèle pour son propre développement dans les or- À. His ganismes survivants de la Société actuelle en face des- es ni quels elle s'institue. . | 3 Me Nous avons ainsi marqué les caractéristiques écono- = pe Li miques de la Société actuelle, nous avons ensuite vu les | ni: différences profondes avec la Société qui s élabore, È Di mais nous devons voir enfin si la République coopéra- É Ni. tive, société du consommateur souverain, peut davan- | ‘È FE | tage servir l'intérêt général et le progrès de la civilisah: Fe tion que la société capitaliste animée par les intérêts à ce des producteurs ou plus exactement des détenteurs des Fe ‘Es moyens de production. Nous avons déjà vu et nous + D = venons de voir que les intérêts des vrais producteurs et his des représentants du travail sont à l'opposé de céux qui : : à né produisent pas par eux-mêmes, mais font produire ï Es les autres. 1 RE: ge | 3 1 Fée D) La République coopérative devant l'intérêt général : ‘ii | et le progrès économique. ; ET e a) L'INTÉRÊT GÉNÉRAL. — La souveraineté du consom- : Le mateur, telle est la conclusion logique d’une République | D: < coopéralive. Doit-elle avoir un contre-poids, ceci est Ê . Se une autre question. N'y a-t-il point un intérêt collectif, , É un intérêt social supérieur à l'intérêt de l'homme pris | : 2e comme consommateur, c'est-à-dire pris dans l’une de | 2 ses manifestations, le côté économique. N'oublions pas > er nrnere RE Te Se ru On 2 pe le dE aiDatié . ”
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qu'il y a d'autres rapports sociaux et qu'il y a à côté de l'homme économique, l’homme moral, sociable.
Mais ce n'est point ce que nous avons à traiter en ce moment, nous voulons simplement marquer les tendances naturelles. la logique déductive d'une société nouvelle en formation. Or, incontestablement, l’intérêt du consommateur est celui qui se rapproche le plus de Pintérêt général jusqu'à se confondre souvent avec lui.
Tout le monde est consommateur et, par conséquent, qui différencierait un intérêt de l’autre? Chacun n'est pas peut-être consommateur de toutes choses et la coopérative ne fournit pas à ses débuts tous produits, n’entreprend pas toutes les formes de la consommation, mais
-envisageons le problème dans son ensemble et consta-
tons que les deux points de vue se touchent. Il est évident, au contraire, que les intérêts du producteur et de production capitaliste sont des intérêts corporatifs
Lee et limités, ils sont en réalité dirigés contre
e reste de la société ; n’avons-nous pas vu que leur intérêt est de vendre à tous le plus cher possible avec le plus de bénéfice ? C'est donc l'intérêt de quelques-uns, tout au plus un intérêt de groupe, différent de l'intérêt de l’ensemble.
Chaque Re ou chaque catégorie de consommateur, au contraire, vise au même but que son VOISIN, Te les satisfactions maxima des besoins et ceux-ci, loin de s'opposer, tendent beaucoup plus à se compléter.
b) LE PROGRÈS ÉCONOMIQUE. Une société écono-. mique nouvelle ne remplace Pincienne que dans la mesure où elle représente un progrès économique et pas seulement une meilleure méthode de répartition des richesses. Pouvons-nous dire que la République coopérative apparaît comme s'appuyant sur une théorie économique qui doit aboutir à ce progrès, c'est-àdire à une multiplication des richesses ?
La théorie économique de la République coopérative repose sur un principe nouveau : la subordination de la production à la consommation et l'organisation de cellec1 par celle-là. |
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