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Certes, aussi, certains socialistes pensent que Îa conquête du pouvoir politique s’'accomplira par le jeu même de la conquête des majorités, là où le suffrage universel existe et où la démocratie économique fonctionne. Ils estiment que cela est désirable pendant que d'autres, au contraire, croient qu un coup de force sera inévitable en raison des résistances de la bourgeoisie au pouvoir et quelques-uns eéxaltent la nécessité de cette violence. Beaucoup sont prêts à envisager l'une ou l’autre de ces méthodes, et s’en remettent aux circonstances favorables pour les employer et aux situations différentes pour choisir entre elles.
Certes, certaines écoles socialistes affirment qu'aucune réalisation du socialisme ne pourra être faite avant la prise totale du pouvoir politique par la classe ouvrière organisée en parti de classe et 1ls dénoncent comme des replâtreurs sociaux où des réformateurs conservateurs de la société capitaliste ceux qui, tout en recherchant la prise du pouvoir, prétendent substituer à la conquête unique de ce pouvoir la conquête graduelle par le socialisme des pouvoirs pubhes, Ces derniers prétendent en effet ainsi réaliser par des actes politiques partiels : « [a substitution nécessaire et progressive de la propriété sociale à la propriété capitaliste ».
Les uns et lesautrespeuvent se targuer, à Juste raison, d'être des révolutionnaires en ce sens qu’ils veulent une transformation complète de la société et que ce nest pas le caractère de violence de la prise du pouvoir qui détermine le caractère révolutionnaire de cet acte (4).
Dons la pratique, entre ces opinions extrêmes, les socialistes, dans tous les pays, pratiquent une politique de pénétration socialiste quotidienne du pouvoir et d'organisation pour sa conquête totale.
Mais, quoi qu'il en soit, que les écoles sociahstes classiques dont nous venons de parler soient pour l'ex-
(1) Mais, de ce point de vue, la coopération pourrait également se prétendre révolutionnaire.
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propriation avec ou sans indemnité, pour la conquête du pouvoir par un coup d'Etat ou à l'aide d’une majorité parlementaire, qu'elles croient que rien de socialiste ne puisse être fait qu'après cetie conquête totale où qu’au contraire, c’est progressivement que le socialisme se réalisera, même avant cette prise totale du pouvoir, peu importe.
Dans tous les cas, le socialisme politique et exclusivement tel a une base commune, il croit à la transformalion sociale par l’action politique, par un règlement législatif des choses, résultat de son ascension partielle ou totale au pouvoir politique. Il déclare que, maître du pouvoir, 1l renversera l'Etat en tant qu'Etat, PEtat pouvoir de gouverner les hommes et de maintenir l'exploitation des classes sociales les unes par les autres, il entend ainsi instaurer la société nouvelle.
Cette méthode de réalisation est précisément ce qui différencie le coopératisme du socialisme, Ia République coopérative et la République sociale, malgré leur 1denlité de but et la similitude de leur idéal. [Fest vraique beaucoup de socialistes, en ces dernières années, ont
peu à peu modifié leur point de vue expressément poli-
tique ; le syndicalisme qui lui aussi est une école sociahste, comme le coopératisme, a exercé en ce sens une influence.
Pratiquement, les méthodes se sont souvent rapprochées quelquefois même en des combinaisons curieuses, mais il importe toutefois de caractériser dans toute leur rigueur les méthodes en présence et pour ainsi dire dans leur exposé extrême et complet, ce n'est qu'ensuile qu'il sera possible de bien voir dans quelle mesure elles seraient conciliables.
C) DiFFÉRENCES CERTAINES DU SOCIALISME POLITIQUE ET DU COOPÉRATISME ÉCONOMIQUE. — Les différences certaines peuvent se ramener à deux : : :
1° Le système coopératiste économique prétend éliminer la société capitaliste et y substituer une société nouvelle, la République coopérative se développant dans les cadres mêmes de la société actuelle, le socialisme
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