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On peut affirmer, en tout cas. que la République coopérative créerait une forme spéciale d'organisation, reposant uniquement sur la gestion collective des choses et non sur la domination des hommes. L'Etatpouvoir n'aurait plus lieu d'être.
Du reste, en attendant sa réalisation totale dans la mesure où elle se constitue peu à peu, la République Coopérative, conduit dès maintenant à réduire limportance des fonctions du Gouvernement et à vider l'Etat, peu à peu, de son contenu d'autorité et de coercition Elle le fait, soit en se transférant à elle-même une partie des fonctions de l'Etat, mais en leur donnant un caractère spécial, soit que lesidées mêmes qui président au fonctionnement et à l’organisation de la République Coopérative s'adaptent à l'exercice des attributs de l’État et dans lés limites mêmes de ses cadres
Dans un cas, il s’agit du rôle de la coopération comme institution publique, dans l’autre, du problème de la coopératisation des services publics.
«) L& coopération, institution publique. — Par exemple, la Coopérative apparaît comme l'institution-type de régularisation des prix et joue particulièrement ce rôle, en France, et d'autant plus facilement qu'elle ne vend pas seulement à ses sociétaires mais à tout le monde, au publie.
Confinée à une association de consommateurs dont les avantages sont réservés à ceux qui la composent, elle est œuvre privée. Elle ne s'adresse qu'au conlmgent souvent restreint de ses adhérents, mais du jour où elle ouvre ses portes et que cependant elle offre cet avantage précieux de vendre au prix juste et même de rationner équitablement tous ceux qui se servent dans ses magasins de répartition, elle travaille pour le bien public. Elle est œuvre publique. Elle bénéficie à ceux-là mêmes qui lPignorent, la dénipsent la raillent, ear elle: oblige Le commerce privé à vendre à ses prix. On a souvent dit avec raison que s1 la Coopérative vend au prix du commerce, c'est que Île coramerce privé se trouve obligé de vendre au prix de la Coopérative.
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