LE MARXISME
siques de l’économie politique parlant des lois natu-
relles.
Il est vrai que les commentateurs insistent fortement sur la phrase où il est parlé de la « misère, de l’oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de Îla classe ouvrière sans cesse grandissante et de plus en plus disciplinée, unie et organisée par le mécanisme même de la production capitaliste ».
Ce que l'on peut dire beaucoup plus. exactement, c'est que le marxisme décrit la détresse de la Société actuelle, la nécessité de sa disparition, mais il ne parle pas des moyens de la remplacer.
À cela, 1l a du reste la meilleure des raisons. A l'époque où Marx écrivait le Manifeste communiste, et même écrivait le Capital, n’existaient pas encore les organes de substitution de la Société capitaliste même sous une forme embryonnaire. La coopération n'était pas encore née.
Il a décrit ce qui était devant lui, il ne pouvait devancer son temps; plus justement, pourrait-on prétendre que la doctrine coopérative peut s'appuyer sur la critique du régime capitaliste telle que Marx l'a faite, mais l'analyse du processus destruction de la société actuelle ne suffit pas pour l'étude du processus d'édification de la Société nouvelle.
Nous avons donc le droit de dire : pas d'incompatibilité entre les théories historiques ou économiques du marxisme et les théories coopératives ; le coopératisme peut apparaître comme un eomplément du marxisme exposant non plus la nécessité de la disparition du régime capitaliste mais les conditions d'existence et de développement de la Société nouvelle, de la République coopérative.
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