‹ La République coopérativeChapitre 174 sur 249 · NN NT · texte numérisé non relu

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elle entend être une solution définitive et totale à la question sociale, il lui faut théoriquement et pratiquement trouver une solution.

c) GÉRANCE ET GOMMANDITE. — Nous pensons que déjà, dans ces dernières années en France comme dans certains pays étrangers, un pas énorme a été fait le jour où s’est établie la gérance responsable; de ce jourlà, en effet, le salariat a pour ainsi dire disparu; le gérant ne reçoit plus en vérité tout à fait un salaire, 1l est rémunéré d’après le chiffre d’affaires qu'il a fait ou encore d'après les rendements bruts qu'il a obtenus.

Du fait même que dans le magasin de répartition, le gérant est dépositaire de marchandises dont les prix de vente lui sont fixés, du fait qu’il est responsable de ces marchandises à lui confiées, il conquiert également la liberté d'organiser son travail, la boutique devient l'atelier libre, liberté et responsabilité, voilà le résultat obtenu. Or, du point de vue de l’organisation technique du travail, c’étaient les deux choses qui mMmanquaient au régime du salariat. |

Certes, ce n’est pas d’abord dans les organisations coopératives que la gérance responsable s est établie, c'est le régime capitaliste lui-même qui, dans son évOlution, a adopté, avec les grandes sociétés commerciales à succursales, la gérance responsable, mais cela ne veut pas dire que le système soit mauvais, bien au contraire.

Le régime capitaliste, dans son propre intérêt, n'est pastoujours mais souvent conduit à appliquer les meilleures méthodes techniques de rendement, il se sert des inventions, des machines, il les utilise à son-profit, mais la coopérative peut les prendre pour Îles utiliser au profit de tous et pour le bien même de ceux qu'elle emploie.

Seulement, la gérance responsable se conçoit-elle en tous les cas? En vérité, pour qu'il y ait réellement érance responsable, il faut qu'il ÿ ait un seul employé ou tout au moins un personnel restreint.

Lorsqu'au contraire il s’agit de boutiques qui nécessitent un personnel nombreux, lorsqu'il s'agit d'organi-

sation d'ateliers dans des usines de production, si lon continue à parler de gérance responsable, 1l ne s’agit plus de salariés élevés comme gérants à une dignité supérieure dans la liberté et la responsabilité de son

travail, il s’agit alors, au contraire, de tacheronnat,

c'est-à-dire de la forme d'exploitation la plus éhontée de l'homme. Le gérant exploite son personnel pour accroître ses bénéfices, le contremaître ou le chef d'usine ne songe qu’à une chose, gagner davantage en exploitant ses subordonnés, les producteurs.

Mais, le problème n’est pas imsoluble? S1 la boutique, si l'usine ou si l'atelier nécessite un personnel qui ne

se réduit pas à une personne ou à une famille, 1l existe

depuis quelques années, avec malheureusement trop peu d'expériences, une forme collective d'organisation du travail tout particulièrement à recommander: c'est la commandite.

La commandite, c'est en vérité une gérance responsable collective, c'est une association de producteurs à qui l’on confie, par exemple dans un magasin coopératif, l’organisation du travail moyennant une rémunération calculée au chiffre d’affaires ou au rendement.

En France, quelques essais de ce genre ont été faits avant la guerre, ils n'avaient pas eu le temps de donner des expériences décisives ; il est entendu que, probablement, des difficultés pratiques se présenteront, mais en principe rien ne paraît insoluble ; en tout cas, si dans le domaine commercial la solution paraît difficile à trouver et si elle ne peut s'appliquer que dans certaines natures de travaux, rien ne peut permettre de dire qu’elle est impossible. Evidemment, pour que la commandite fonctionne, pour qu'elle puisse se créer, 1l faut dés associations assez restreintes d'employés qui se connaissent, s’apprécient, qui puissent travailler en commun, mais cela peut résulter d’une éducation des producteurs et d'un effort fait par eux-mêmes pour se discipliner : alors on peut organiser des sortes de petites républiques du travail, dans la République des consommateurs.

En matière industriellé, c’est-à-dire dans les ateliers, usines et manufactures de la République coopérative,la

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