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exactement, la vie économique passe de l'économie famihale à l’économie coopérative sans s'arrêter à l'économie du profit.
En tout cas, si la République coopérative peut pousser ses racines Jusque dans les campagnes, même là où la libre concurrence n'est pas encore née, un large champ d'action peut encore pour longtemps lui
- échapper.
b) MoxoPOLEs PRIVÉS ou PuBLIS. — Si la coopératon évolue dans un régime de libre concurrence et si cette libre concurrence est Le fait du régime capitaliste, il ne faut pas oublier que ce régime, lui-même,tend peu à peu à s ordonner, à se . etaboutit à la suppression de cette même libre concurrence. C’est le cas partout où l’industrie, peu à peu, réussit à coordonner ses eflorts, à se centraliser pour aboutir au régime des cartels, des trusts et en vérité à un monopole économique de fait.
Depuis longtemps déjà, certaines industries, de par leur nature, y sont parvenues ou presque; c’est par exemple le cas pour les chemins de fer et pour les mines, cela devient chaque jour le cas pour certaines autres industries. Tantôt, il s'agit de monopoles d'Etat, tantôt de municipalisations, tantôt simplement de monopoles de grandes compagnies. Quelquefois, ce monopole peut ne pas être absolu comme par exemple dans les mines, mais le nombre des exploitations est si réduit qu'on ne peut vraiment pas parler de libre concurrence. Du reste, entre ces grandes Compagnies et ces grandes Sociétés privées, des ententes se multiphent de telle façon que, même s’il n’y a pas une seule exploitation commerciale, il n’y a plus concurrence entre elles.
Or, que peut être la position de la République coopé-
rative en. formation en présence des monopoles. On peut concevoir théoriquement qu'une Républhque coopérative totale posséderait ses moyens de trans-
ports et que les chemins de fer pourrâäient fonctionner
sous la direction de l'ensemble des consommateurs, mais cest là une vue purement théorique. Partout
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où le monopole s’est établi, il est impossible queile principe coopératif élimine ce qui existe et dresse une nouvelle organisation sociale à côté qui puisse se défendre. Même si la coopération est infiniment puissante, on ne voit pas l'utilité qu’elle aurait à créer ses propres chemins de fer et du reste, elle ne le pourrait point.
De plus, nous l’avons marqué. dans un chapitre précédent, il y a un droit social qui se fait jour à côté du droit du consommateur. Cependant la coopération, la République coopérative réclame partout où les monopoles se sont créés, la disparition du profit capitaliste. En outre, dans tous les cas où la République coopérative ne peut prétendre substituer ses organismes à ceux existants, partout où la libre concurrence n'existe plus, elle demande que les consommateurs soient appelés à la gestion des organismes capitalistes transformés en organismes nationaux.
C’est ainsi que la coopération est favorable à toutes les nationalisations, nationalisation des mines, nationalisation des chemins de fer, mais elle réclame en même temps que ces organismes conservent la plus large autonomie de direction et que, pour la plus large part, les consommateurs,en tant que tels, soient appelés par les lois qui organiseront ces services publics à la gestion et à l'administration.
Quelle part doit être faite à la Nation, quelle part doit être faite au producteur, quelle part doit être faite au consommateur ? c'est là un problème pratique. Mais incontestablement, la représentation des consommateurs devrait être la plus forte, ils devraient, conformément à l'idée de la République coopérative, assurer au moins la majorité de la direction. Les monopoles privés disparaissant, les nationalisations se faisant, la direction du consommateur provenant des organismes coopératifs eux-mêmes rendra effective la seule idée pratique d'une gestion dans l'intérêt général.
Notons que pour ce qui concerne la transformation des monopoles privés, et leur nationalisation, 1 y à lieu justement d'envisager une gestion économique qui les éloigne le plus possible d’une organisation
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