‹ La République coopérativeChapitre 224 sur 249 · ANA AS · texte numérisé non relu

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même d'une banque sous son contrôle disparaissent ou diminuent. Ainsi, peu à peu, la coopération revient

au point de départ et retourne à l'idée de la Banque,

service de son organe central de coordination. Après tout, n'est-ce pas conforme à l’idée même de la République en formation ?

Ajoutons que les bénéfices mêmes de la banque, résultat des capitaux accumulés et non pas seulement des sommes à elle confiées, constituent un fonds de développement, une élimination de l'intérêt de l'argent, bien

- conforme du reste à la suppression des « revenus sans travail » que recherche et poursuit le mouvement coopé-

ralif, mais ce but-là s'identifie avec celui de la suppression du profit ou de la suppression du bénéfice com-

mercial el n'est-ce pas dans le même sens que doivent

tendre toutes les institutions coopératives.

Enfin, le Magasin de gros a, lui-même, des fonds de développement. Il est obligé tous les jours de se livrer

- à des transactions Commerciales qui nécessitent l'inter-

vention des banques, il ne peut vraiment être assuré de les utiliser au maximum que s’il sent cette banque sous sa dépendance.

- Du reste, il n'est peut-être pas impossible d'éviter les plus gros écueils où le plus grand argument opposé à l'idée de la Banque, service des Magasins de gros, est, dit-on, dans le danger de services commerciaux indus-

triels et d'un service financier réunis en une seule

direction. Il est dans ce fait que la banque pour vivre a fait appel non pas seulement aux sociétés mais à l'épargne des coopérateurs. Elle se livre à des opérations de banque, elle reçoit particulièrement des dépôts ; or, a-L-on fait justement remarquer, iln'y a pas que des dépôts à terme beaucoup plus intéressants que les dépôts à vue, sans du moins, que ces derniers ne soient autorisés dans une certaine mesure; or, il peut

ne pas y avoir équilibre entre les sommes tout de suite

recouvrables, qui peuvent être réclamées par suite d'une crise ou d’une panique etlessommesdont le dépôt à temps long est assurée; cela ne s'obtient qu'avec de constants efforts, une longue propagande et déjà une extension importante.

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On peut donc craindre que les capitaux de la banque soient mélangés à l’organisation industrielle et commerciale, car, inévitablement, si les Magasins de gros ont besoin de crédit, si pour leur développement, pour leurs opérations immédiates de crédit avec leurs fournisseurs ou avec les Sociétés qu'ils fournissent, si surtout pour pouvoir s'installer, pour pouvoir créer de nouvelles branches, ils utilisent ces fonds, ceci est extrêmement dangereux; il s’agit, ne l’oublions pas, d’argent simplement déposé et qui peut être réclamé à tous moments ou dans des temps très proches.

Toutes précautions doivent donc être prises en ce sens et 1} faut donc séparer, d’une façon très distincte, les opérations commerciales, industrielles des Magasins de gros des opérations finäncières des services dé banque. |

Les Magasins de gros aboutissent, dans leur préoccupation de bien mener l'affaire du point de vue coopératif et sous le contrôle même des Sociétés, à rendre très autonomes ces diverses branches, mais, d'autre part, peu à peu, la vie même de tous les services nouveaux, le développement du mouvement coopératif en son Magasin de gros, devient fonction même de l’argent dont il dispose et c'est en vérité la partie financière du Magasin de gros qui devient prépondérante: de ce jour-là, le Magasin de gros qui n'était d'abord qu'une affaire commerciale, qui ensuite devient une affaire industrielle et est obligé d’être une institution bancaire, doit subordonner en réalité les deux pre-\ mières étapes de son action à la dernière, devenue peu à peu prédominante. Et ainsi, nous sommes conduits à cette idée que le Magasin de gros devient en réalité une banque, la Banque des Coopératives ayant en face d'elle des services commerciaux et des services de production auxquels elle donne les crédits nécessaires, dans les limiles mêmes de ses disponibilités.

Cette évolution de l’entreprise Coopérative de coordination des efforts permet peut-être de prétendre que la République coopérative nouvelle sera par là même et avant tout, une organisation financière subordonnant à elle-même l’organisation industrielle ou commerciale.

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