‹ La République coopérativeChapitre 87 sur 249 · EE · texte numérisé non relu

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supprimer cette même libre concurrence, par exemple dans le régime des trusts .et des monopoles privés, voire même des monopoles publics. Que devient alors l'avenir de transformation économique totale que porte

en soi l'hypothèse de la République coopérative? Que

la coopération apparaisse donc avant que la libre concurrence ne soit un fait ou qu'elle veuille apparaître quand elle n'est plus, n’en résulte-t-il pas des obstacles à l'idée même d’une République coopérative ou tout au moins, comment, en quel cas, dans quel sens et avec quelle adaptation pourra-t-elle parvenir à sa réalisation totale ?

En s’en tenant aux faits existants ou en voie de se constituer, il y a donc lieu de rechercher si l'hypothèse de la République coopérative ne peut être contrariée ou transformée pour une part par des faits économiques différents ou l'évolution de certaines institutions qui, sans changer ses lois propres, ni son devenir potentiel la contraignent, la canalisent ou la modifient.

E) Conditions intellectuelles et morales de la réalisation de la République coopérative. |

Il y a donc lieu de rechercher les limites actuelles ou les restrictions à apporter à l'hypothèse de la réalisation de la totale République coopérative, et il faut également songer au caractère ethnique de cette réalisaton.

La République coopérative est bien une hypothèse rationnelle, ellese déduit des expériences coopératives, de l’évolution de ses organisations. Elle généralise théoriquement ce qui est pratiquement, elle formule l'hypothèse que ce qui se passe partiellement aujourd'hui deviendra demain la règle générale, mais, de qui et de quoi dépend sa réalisation ? La coopérative est l'œuvre d'hommes, des coopérateurs. La coopérative forme un milieu déterminé, elle a ses règles de fonc- Hionnement et de vie, mais les coopérateurs peuvent être plus ou moins fidèles et plus ou moins renseignés sur les fins qu'elle poursuit et sur ses véritables con-

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ditions d'existence et de développement. Les hommes forment le milieu coopéralif et même, si celui-ci une fois formé réagit sur eux, ils en conditionnent la vie; or, ils peuvent mal le faire, ils peuvent se tromper par ignorance ou guidés par d’autres pensées que le but coopératif, ils peuvent tenter même de détourner la coopération de ses fins el de ses voies naturelles, ils peuvent donc mal organiser la coopération, l'empêcher

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de devenir ce qu'elle doit être, en retarder les progrès etcompromeltre son avenir. |

Quand sonnera l'heure de la réalisation définitive ? Qui pourrait le dire? Mais, pour la plus large part, elle dépend de ceux qui la composent, des moyens que précisément ils auront choisis comme les plus conformes à en préparer l'aboutissement.

Nous sommes donc amenés à faire dépendre la réalisation de la totale République coopérative de deux facteurs :

1° La coopération a ses fins propres, en fonction de ses lois organiques et évolutives ; mais elle est dans le cadre d'un milieu économique dont les principes et le fonctionnement sont à l'encontre et même à Éopposs du sien ; il peut donc y avoir restriction et hmite aux adaptions nécessaires pour la réalisation de la totale

République coopérative déjà en formation et en puissance ;

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tiquement ; l'hypothèse est conforme aux faits observés mais sa réalisation dépend de l'intelligence el de la vo- Jonté des coopérateurs qui en préparent d'autant mieux l'avènement qu'ils connaîtront lesfins naturelles du mou-

vement coopératif et les conditions les meilleures dans lesquelles elle peut s'épanouir.

C'est aux hommes à exercer l’action utile pour la mise en action des moyens positifs, l'institution des organes qui hâteront la venue de la République coopérative.

De là, deux chapitres de ce livre :

5° Limites et adaptations possibles ou nécessaires à la réalisation de la République coopérative;

> Moyens de hâter sa venue et organes à utiliser à cet effet.

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Mais avant de parvenir à ce point de nos déductions et pour du reste mieux les saisir, voyons d’abord ce que la République coopérative, apparaissant comme une solution de la question sociale, apporte comme théorie économique spécifique et comme concept social propre. Nous examinerons rapidement également les courants d'idées avec lesquels s'apparente, dans le passé, et le présent l’idée coopérative et nous verrons ses conséquences sur les domaines autres que lé domaine économique, particulièrement en matière politique, juridique et morale.

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