‹ La réserve de Monsieur d'Aillebout dans l'enclos de Québec [microforme]Chapitre 4 sur 5 · ND · texte numérisé non relu

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possédées par l'église paroissiale de Quebec et danx ce volsinage à cette date de 1649 et À celle de 1661?

to—Comment et pourquoi la fabrique de la paroisse N.tre-Dame de Quebec s'est-elle trouvée substituée comme propriétaire à l'encontre du titre de M. Daille bout lors de la concession par elle faite à Mathieu Hubout, Sieur de Longchamp, le 15 juillet, 1661?

5o—Quels sont les titres et la date des droits de propriété de la fabrique de la paroisse NN. D, de Quebec comme seigneuresse du fief Notre-Dame de Quebec, et quelles sont les terres de la censive ou de l'église à l'endroit de la Chapelle de Chumplain?

6o—Quelles sont les bornes et terrains dans ce fief avolsinant l'église et la même Grand Place, dite du Château, dite aussi la Place d'Armes”? Et notamment où sont situées les ‘terres de la dite église parochialle où est de front Bastye La chappelle appelée vulgairement La Chappelle Champlain’?

Nous n'avons pas à examiner, dans le moment, si la Chapelle Champlain a été détruite par l'incendie de 1640, ou si elle a été rebâtlie peu après par M. de Montmagny, il suffit, pour notre objet, de constater qu'il appert authentiquement qu'elle existait en 1641, 1642, 1649 et était encore debout en 1661.

Il n'est pas inutile aussi de faire remarquer que la place devant la basilique, ci-devant le marché de la Haute-ville portait aussi le nom de Grande Place, d'après le plan connu de Bourdon, de la Haute et Basse ville telle qu'elle apparaissait en 1660, et autres plans de 1663 et 1664 qui se ressemblent, et il ne faut pas confondre ces noms ni ces lieux.

Examinons maintenant l'endroit de la réserve.

Du château, ou Fort Saint-Louis, qu'il vint habiter en arrivant à Quebec, en 1648, M: Daillebout avait en face de lui en regardant vers le couchant l'espace qu'il nomme la G'ard Place, vaste et presqu'inoccupé. si ce n'est par la sénéchaussée indiquée par le plan Bourdon, située à environ 150 pas de distance droit à l'ouest du Château; au sud d'icelle passait et faisait borne le ‘grand chemin allant du Château au Cap Rouge; plus loin, toujours à l'ouest, des terres non concédées jusqu'à celles des Ursulines; en descendant nord de la sénéchaussée, on tombait sur un sentier ou chemin de pied ‘ piésente ’’, qu' ensuite étant devenu verbalisé fut nommé rue de l'Hydre, puis rue du Trésor. A l'ouest de ce petit chemin était la demeure conjointe de Martin Boutet, Sieur de St-Martin, qu'il s'était bâtie là dès avant son tit:e de concession du 16 mai 1650, (1) et de Jean Soulard, son gendre et son voisin; au nord de ces derniers était Jean Côté, aussi contre ce même chemin; ce petit ‘hemin joignait l'autre qui partait de chez les Jésuites et après avoir traversé la place du marché, dite aussi Grande Place, passait le long de l’église paroissiale pour aboutir à la cime du cap à l'est (l'escalier actuel); et tout l'espace compris entre ces hornes était non concédé et inoccupé, sauf qu'il se trouvait une petite bâtisse attenant au grand chemin qui montait de la Basse ville au Château. En faisant le détour pour passer le coin vis-à-vis du terrain du présent Bureau des Postes, ce chemin passait en

(1) Martin Boutet était en mème temps chantre ct sacristain de l'église, méme arpenteur sous Bourdon, et professeur de mathématiques. Pour recomhaitre ses bons offices, les marguilliers lui accordèrent pour ces motifs un agrandissement de son terrain.—CF. ACTE BECQUET, NOT., 22 JANVIER 1673, et rectification au bas pour son tutre.

front de cette bâtisse suivant M, Daillebout, et sulvant divers plans tantôt devant, tantôt derrière Comme c'était la seule construction en cet endroit, on peut en Inférer que l'expression de M. Datllebout dans s& réserve ‘contre la Chapelle Champlain’ doit s'appliquer à cette chapelle." (1)

Il n'est pas question, pour le moment, du Fort des Sauvages À côté, puisqu'ils ne vinrent Ià qu'après .nnée 1651.

Nous avons donc la totalité de l'espace dans l'enclos pour ” trouver la réserve de M, Daillebout d'après le titre quil s'est donné à lui-même. Un original en papler en est déposé aux archives du Séminaire de Quebec, collection Faribault, Sur l'endos se dt: ‘l'ne place située dans la Grande Place de Quebecq, réservée par M. le Gouverneur.

‘Louis Datllebout, lieutenant général du Roi et Gouverneur dans toute l'éstendue du Grand Fleuve Saint-Laurent, en la Nouvelle France rivière et lacts s descendants et lieux quy en dépendent. En vertu du pouvoir à nous donné par Messieurs de la Compagnie de la Nouveile-France et soubs le bon plaisir d'ivelle, en faisant la distribution d'une place situé dans l'enclos de Quebecq, nous nous sommes réservé une place situé dans le dict enclos contre la ‘Chapelle Champlain”, contenant ung arpent de terre où environ tenant du costé du nord est à ung chesmin qui court sud-ouest et norouest qui est entre la dicte terre et les terres de l'Esglise paroissiale de ce lieu, d'autre costé au sorouest aux terres non concédées d'ung boust au norouest à un chemin piésente qu'y est entre la divte terre et les terres de Jehan Costé d'autre au sud-suest à ung chemin quy est entre la dicte terre et la d. Chapelle Champlain (ici les mots la Chapelle Champlain sont raturés et remplacés entre lignes par les mots ‘la Grand Place‘) (2), pour en jouir par nous du diet arpent de terre ou environ nos successeurs ou avant “ause à toujours pleinement et paisiblement aux charges qu'il plaira à Messieurs de la dicte Compagnie nous ordonner, faicte au Fort Sainct Louis de Quebeca ce dixiesme jour de febvrier mil six cent quarante-neuf."

Nous avons devant nous un double du titre de la même réserve signé aussi par M. Daillebout, certitié et contresigné ‘ par M. le Gouverneur B. Bougonnier." Il se trouve déposé aux archives de l'Hôtel-Dieu à Quebec et se lit comme suit:

Le lecteur en notera les variantes.

“Louis Daïilleboust, Lieutenant généra! du Roy et gouverneur dans toute l'estendue du grand tleuve Sainct Laurent en la Nouvelle France. Rivières et lacts y descendants et lieux quy en dépendent, En vertu du pouvoir à nous donné par Messieurs de la Compagnie de la Nouvelle-France et soubs le bon plaisir d'Icelle en faisant la distributicn des place situé dans l'enclos de Quebecq, nous nous sommes Réservé une place scituée dans le dit enclos contenant ung arpent de terre ou environ tenant du costé du ncrd-est à ung chemin qui courre sud sud-est norouest entre la dite terre et les terres de l'esglise paroissiale de ce lieu d'autre costé au sorouest aux terres non concédées, d'un bout au nord-ouest à ung chemin quy va à l'église

{1) Quoique le plan de Bourdon de 1660, indique une hätisse vers l'endroit où se trouve le magasin Morgan, sur la rue Ste-Anne, nous faisons comine M, Daillebout et l'ignorons complètement pour 1649 et d äp'és d'autres données.

(2) Attendu que, de ce coté, il n'y avait alors aucune oncession où habitation au delà de là chapelle, c'était bien encore la Grande Place ide autour du Château.

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qui est entre la dite place et les terres de Jehan Costé au sud sud-est à la Grand Place pour en jouir par nous de la dite place, Nos successeurs ou ayant cause à tousiours pleinement et paisiblement aux charges qu'il piaira à Messieurs de la dite Compagnie Nous ordonner. Faict au Fort Saint Louis de Quebecq ce dixiesme jour de febvrier mil six cent quarante-neuf.’’

‘“ DAILLEBOUT Par Monsieur le Gouverneur

B. BOUGONNIER."

Au pied se trouve la rati” ation par M. de Lauson. “Jean de Lauson, Con ordre du Roy, &c.

A Tous ceux, &c. Salut: Scavoir faisons que vue l'expédition cy-dessus en datte du dixiesme febvrier mil six cent quarante-neuf, et sur la prière qui nous & esté faicte par le d. Sieur Dailleboust de luy accorder le d. arpent de terre pour y faire bastir une maison et s'y loger. Nous en vertu du pouvoir à Nous donné avons accordé et concédé, accordons et concédons, par ces présentes, au d. Sr Dailleboust le dict arpent de terre proche l'Eglise, ainsy qu'il est borné pour y bastir une maison et s’y loger et jouir d'iceluy en pleine propriété à l'advenir, luy, ses hoirs et ayant cause à la charge ord. re de six deniers de cens pour arpent portant lotz et vente saisine et amende. La censive payable à la recette de Quebecq, gaigné jour St Rémy Chef d'octobre. Si mandons en mandement, &c. En tesmoin de quoy, &c.

Faict et donné au fort St Louis de Quebeca ce vingt-deuxième avril, mil six cent cinquante-deux.

De Lauson.”

Ces deux dernières pièces ne mentionnent pas la Chapelle Chanmiplain, et, singulièrement, les cahiers de l'Intendance où ce titre et cette ratification doivent avoir été registrés ne paraissent pas contenir cette entrée, en sorte que, nous n'avons pu les collationner là; néanmoins il n'y a aucune raison pour mettre en doute l'authenticité de ces pièces à cause de l'écriture et des signatures connues et admises qu'elles portent.

La première pièce citée plus haut est assez vague quant au site de la Chapelle qu’elle indique, car sans rhumb de vent et sans égard aux mots raturés. il pourrait être placé sur aucun des trois côtés de l'arpent, excepté celui de l’église, ou rue alors dite Notre- Dame (de Buade), pourxu qu'il fût mis assez proche pour être dit ‘contre’ le terrain réservé; cependant, les mots biffés ‘la d. Chapelle Champlain” (tout en conservant ceux qui précèdent ‘contre la Chapelle Champlain”) peuvent servir comme indication vers l'est suivant nous, parce qu’on peut y voir l'intention de donner une borne plus complète ot plus étendue de ce côté, qui de fait formait alors :1 entier partie de la Place; et parce que le chemin montant de la basse ville au Château St-Louis en passant à cet endroit séparait de la chapelle; aussi, parce que le lot de celle-ci, comme nous le verrons bientôt, était restreint à 36 pieds de front seulement sur le bout nord de la rue du Fort. De plus, nous verrons que le même site est authentiquement confirmé en 1661 par un acte à Mathieu Hubout.

11 nous semble facile d'asseoir l'arpent, ou environ, de terre puisque nous avons trois côtés déterminés; au nord, le chemin Notre-Dame (rue de Buade), à l'est,

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