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sortes : d’une.part les malades qui à la suite d'un traumatisme, le plus souvent une plaie de la paroi thoracique ont un de leurs poumons mis hors d'état de respirer ; d'autre part des malades qui atteints de lésions tuberculeuses unilatérales ont été traités par la méthode du pneumothorax artificiel (méthode de Forlanini), et subissent par conséquent la suppression fonctionnelle d'un poumon par collapsus pulmonaire entretenu.
Les mesures spirométriques effectuées sur l'homme ne peuvent répondre qu'avec une précision toute relative au but poursuivi ; un grand nombre de facteurs font varier la valeur des chiffres obtenus ; entre tous, les influences psychiques (volonté, distraction, attention portée sur l'acte respiratoire) sont certainement celles qui interviennent le plus souvent pour fausser les résultats que les malades soient éduqués, que par divers procédés on détourne leur attention de l'acte respiratoire, pour obtenir une respiration « naturelle », qu'on procède à leur insu aux mesures spirométriques, ou à la déterminalion de la fréquence, les chiffres obtenus subiront malgré tout des variations importantes et l'on sera souvent embarrassé pour savoir lequel des résultats obtenus correspond à cette respiration que l'on s'est efforcé de rendre naturelle. L'importance des facteurs psychiques est d'ailleurs un fait bien connu de physiologie élémentaire -— et l'entraînement par éducation ne les supprime que de façon relative. D'autre part, tout au moins dans la deuxième catégorie de nos malades, la suppression fonclionnelle est réalisée sur un poumon malade, qui de ce fait ne respire déjà plus normalement : de plus à la suile du pneumothorax artificiel, certaines modifications
apportées à l'état local et général du malade viennent encore compliquer l'interprétation des résultats (r).
Nos mensurations ont été faites dans les services de MM. les professeurs Perrin et J. Parisot (2). Les observations de nos malades ayant subi des traumatismes nous ont été communiqués par le docteur Guillemin, chef de clinique chirurgicale à la Faculté. Dans ce travail nous ne donnons qu'un aperçu général des résultats que nous avons recueillis et que nous n’envisagerons qu'au point de vue physiologique.
L'appareil que nous avons employé dans nos mesures est le spiromètre de Verdin. Les malades respirent au moyen d'un masque qui est mis en relation avec le spiro-
mètre au moyen de la double soupape de Chauveau-Tissot.
Résultats immédiats.
Les résultats immédiats ne peuvent nous être donnés
que par des malades soumis à des insufflations pleurales.
(1) Les résultats que nous avons obtenus sur l'animal, ne peuvent être, pour de nombreuses raisons, qu'imparfaitement comparés aux constatations faites dans la clinique humaine. Nous soulignerons plus particulièrement : l'influence dyspneïsante des toxines tuberculeuses dont l'élimination par le pneumothorax artificiel modifie le rythme respiratoire en le ramenant à un chiffre voisin de la normale ; la fréquence relative des pneumothorax artificiels incomplets et dans lesquels le collapsus pulmonaire n’est pas parfait (il peut le devenir dans la suite du traitement par décollement des adhérences), le nombre assez élevé des pneumothorax compliqués d'épanchement, et qui naturellement, donnent des résultats inutilisables pour notre étude.
(2) La plus grande partie des mensurations ont été faites dans le service de M. le Professeur J. Parisor en collaboration avec le Docteur Mario, interne des hôpitaux, qui y a joint des mesures de débit respiratoire ; ces résultats seront de sa part l'objet d'un travail ultérieur.
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Il est en effet impossible de procéder à des mesures immédiates sur des blessés de la paroi thoracique.
Les insufflations d'azote faites aux malades que nous avons examinés sont toujours lentes et de volume progressif : il est en effet indiqué, sauf le cas d'indications d'urgence, d'établir lentement et progressivement le collapsus pulmonaire. La réduction du champ respiratoire est donc partielle ; il ne nous a pas été donné de voir un collapsus pulmonaire total réalisé par une seule insuffation.
Ces réductions partielles ont pour effet
Une diminution de l'air courant,
Une accélération du rythme respiratoire,
Une diminution importante de la capacité vitale (de Hutchinson).
La diminution de l'air courant est constante : elle est peu importante ; l'accélération du rythme est moins constante ; elle est dans tous nos cas peu accentuée.
Le malade supplée donc à la réduction de son champ respiratoire par une accélération de son rythme qui est destinée à compenser la diminution légère de l'air cou-
l'ait.
Résultats éloignés.
Les pneumothorax que nous avons suivis ont toujours été constitués lentement, Dans ces conditions la fréquence augmente légèrement alors que le chiffre d'air courant diminue, Lorsque la pression pleurale à été maintenue un certain temps aux environs de la pression atmosphérique la fréquence revient au bout d'un certain nombre de jours à son chiffre normal ; le volume d'air cou-
rant atteint à nouveau et dépasse même parfois le chiffre constaté avant le collapsus pulmonaire, Il y à donc augmentation du rendement de l'appareil pulmonaire, c'està-dire de la circulation d'air dans un seul poumon : ce rendement est en effet le produit des deux facteurs : air courant et fréquence dont l'un, l'air courant augmente.
L'air de réserve et l'air complémentaire subissent euxmêmes des diminutions importantes : la capacité vitale de Hutchinson est de ce fait diminuée.
Dans un petit nombre de cas nous avons pu nous rendre compte des modifications apportées aux deux facteurs, air de réserve et air complémentaire, par un collapsus prolongé.
L'air de réserve et l'air complémentaire, très diminués au début augmentent progressivement et tendent à se rapprocher, sans toutefois l’atteindre, de leur valeur antérieure.
La capacité vitale augmente donc nécessairement ; mais elle reste très inférieure à la valeur constatée avant la constitution du pneumothorax.
Ces constatations brièvement exposées sont comparables à celles que MM. Dumarest et Lelong (1) ont publiées récemment, Ces auteurs ont observé les effets de collapsus pulmonaires thérapeutiques très prolongés. Certains de leurs pneumothorax sont rapidement constitués, leurs résultats sont plus nets el plus nombreux que les nôtres. Ces auteurs signalent qu'il n'existe pas un rapport inver-
se rigoureux entre les variations de la fréquence et de
(1) F. Dumaresr et J. LeLoxG. Recherches expérimentales sur la récupération de la capacité respiratoire chez les sujets traités par le pneumothorax artificiel (Revue de la tuberculose 1921, n° 2).