CIEL DANS LE PAYSAGE
de donner à la plaque, pour obtenir les détails des premiers plans, fait que ceux que Ton obtiendrait dans le ciel, en posant spécialement pour lui, font complètement défaut quand le cliché a été développé au point voulu.
Cette observation est fondée mais non sans réplique :
Est-ce que messieurs les peintres sont plus favorisés? Les nuages ne sont pas plus complaisants pour eux que pour nous ; aussi ont- ils dans leurs cartons des études spéciales faites sur nature et même parfois des photographies qu'ils consultent et qu'ils adaptent. Pourquoi ne ferions-nous pas de même, c'est pour nous bien plus facile, car nous sommes nos maîtres puisque nous n'avons pas besoin, comme eux, d'un ami qu'ils dédaignent en public mais dont ils utilisent en cachette le précieux concours. Ils affirment que la photographie ne peut prétendre à l'art, puisqu'elle est toute de procédé? Qu'est-ce donc que cela? Est-ce de l'art ou de l'artifice ?
Nous parlerons plus loin de l'adaptation des clichés de nuage, mais avant, nous devons dire que lorsque Ton prend un cliché, si Ton a le
4Î HETOUCHES PHYSIQUFS
bonheur d'avoir des nuages, il faut employer tous les moyens possibles pour les forcer à figurer sur la plaque.
Ces moyens sont au nombre de trois, qu'on peut employer isolément ou simultanément.
Le premier, qui donne pour l'ensemble de très bons résultats, est l'emploi, dans l'objectif, d'un verre compensateur jaune un peu foncé.
Le deuxième, est d'adapter devant la lentille antérieure de l'objectif, une découpure de papier noir évidée en forme de triangle et placée ainsi A ; par ce moyen, le ciel posera beaucoup moins que le paysage, que les premiers plans surtout, ce qui donnera quelques chances d'obtenir les nuages.
Et enfin, le troisième est d'employer un obturateur dont la planchette se soulève par le bas et retombe aussitôt, laissant le paysage à découvert plus longtemps que le ciel. Tels sont ceux de Guerry et de Mendoza quand on les emploie pour la pose.
Mais le ciel n'est pas toujours sillonné de nuages assez bien éclairés pour être reproduits; il vient souvent fatalement opaque ou bien uniforme et légèrement gris.