‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 12 sur 180 · II. Dieu veille paternellement sur nous · texte numérisé non relu

II. Dieu veille paternellement sur nous

Infini dans sa science comme dans ses autres attributs, votre Dieu voit tout, il est témoin de tout. " Lui qui a créé l'oreille, dit le Psalmiste, serait-il privé de l'ouïe? Lui qui a formé l'œil, n'aurait-il pas la faculté de voir? — Qui plantavit aurem, non audiefi aut qui finxit oculum^ non considérât? (Ps. 93.) »

Les choses petites et humbles nous sont présentes comme les plus grandes. — Humiliarespicitetaltaalongecognoscit. 'Ps. 137.) Rien ne nous échappe : ni les mouvements et les actes extérieurs, ni les pensées, les désirs et les sentiments cachés. — Omnia nuda etaperta suni oculis ejus. ;Heb. vi.) Pensée terrible pour le pécheur, mais pensée infiniment consolante pour l'àme fidèle. Son Dieu voit toutes ses épreuves, il compte tous ses sacrifices, il entend ses cris et ses prières. — Incœlo testis meus. (Job. xvi, 20.) Et toujours il attend de ses enfants les louanges et l'amour qu'il avait en vue en les créant.

Rien ne se produit dans le monde qu'avec notre permission. Tout semble abandonné aux caprices du hasard et aux entraîne-

ments des passions humaines, mais il n'eji est rien. L'action divine est cachée, mais elle est réelle. En respectant la liberté des créatures, elle en dirige l'exercice et la limite à son gré. Les méchants, qui paraissent si puissants pour le mal, ne vont pas plus loin que nous ne le permettons. Pour ce qui est de l'Eglise, par exemple, ils peuvent bien l'attaquer, la persécuter, mais jamais la renverser.

Enfin rien n'arrive que pour la réalisation du plan providentiel divin. Notre but est d'être connus et aimés par nos créatures, que nous voulons en même temps rendre heureuses. Mais nous voulons être aimés librement et par choix. Nous tolérons le ' péché, mais nous avons trouvé le moyen de le faire servir à nos fins. Nous n'en seron» pas moins aimés. Les pécheurs convertis nous aimeront doublement, parce que nous aurons été miséricordieux pour eux. Les justes aussi aimeront doublement et avec une tendresse nouvelle leur Dieu offensé. Ils ajouteront à leur amour de préférence et de reconnaissance un amour de réparation.-

III. ^ la Providence divine doit i^épondre inotre amour confiant.

Ainsi votre Dieu se montre à la fois dans sa Providence infiniment sage et infiniment bon : infiniment sage parce que tout concourt à ses fins; -infiniment bon parce que ses créatures trouvent leur bonhem* dans l'accomplissement du plan divin, celles du moins qui le veulent et qui correspondent à la grâce divine. L'âme fidèle trouve la paix et la joie dans cette pensée que ses épreuves et ses fautes même tourneront à son plus grand bien et à la gloire de Dieu. Elle trouve dans chaque événement de sa vie une nouvelle occasion et un nouveau motif d'aimer son Dieu : Benedicam dornimim in omni tempore, semper laus ejus in ore meo. iPs. xxxm. 2.)

Rappelez-vous les circonstances de la tempête de Génésareth. Je dormais sur la barque. Mes apôtres étaient eifrayés. Ils s'écrièrent : « Seigneur, sauvez-nous, noitô périssons. " Je leur ai reproché leur manque de foi, de. confiance en ma Providence aimante, et j'ai calmé les flots. (Matt. vm.) C'est cette confiance filiale et aimante quei je vous demande; c'est l'abandon à ma

Providence si paternelle et si dévouée.

Rappelez-vous encore ce que je disais un autre jour à mes disciples : « Ne soyez pas inquiets de ce qui est de vos besoins. Vovez les oiseaux du ciel, ils n'ont ni celliers ni greniers et Dieu les nourrit. Voyez les fleurs, elles ne filent ni ne tissent et elles sont merveilleusement parées. Si Dieu a tant de soin de tous les êtres, vous oublierat-il? Il connait vos besoins. Servez-le et il prendra soin de vous. »» (Luc. xii.)

Ne vous ai-je pas donné l'exemple de l'abandon conliant et aimant à la Providence de mon Père? Cherchez mes sentiments dans les psaumes messianiques. — Au début de ma vie, je me confie à mon Père sans réserves : In te projectus sum ex utero; de ventre matris meœ Deus meus es tu. (Ps. 21.j

Dans mes épreuves, je n'ai pas d'auti'e recours que mon Père ; Oculi met semper ad Deum. (Ps. 24.) Conserva me^ Domine y quoniam speravi in te. (Ps. 15.)

Je me plais à reconnaître les fruits précieux de la protection divine : hte pauper clamavit et Dominus exaudivit eum.

(Ps. 33. j

m'" MÉDITATION. 37

Mon Père est pour moi un pasteur tîdèle et dévoué : Dominvs régit me et nihil mihi deerit. (Ps. 22.;

Ces sentiments que j'exprimais envers la Providence de mon Père, vous devez les puiser dans mon Cœur et vous les approprié!'.

AFFECTIONS ET RÉSOLUTIONS

Je reconnais, ô mon Dieu, que votre Providence est toujours adorable, toujours bonne, toujours miséricordieuse, toujours digne de ma reconnaissance et de mon amour. Je veux vous en remercier par mes actes fréquents d'amour et de confiance. Je m'abandonne à vous pour le présent et pom* l'avenir. Je sais que tout arrive pour mon bien, je suis à vous pour toujours.

BOUQUET SPIRITUEL

— Sive vivimus, sive morimiir, Domini sumus. (Rom. xiv. 8.)

— Dominus régit me et nihil mihi deerit. (Ps. 22.)

— Si ambulavero in rnedio urnbrœ mortii>\ non iimebo mala quoniam ta mecum es. (Ibid.)

RKT. DU S.-C. 4

— Soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes à Dieu. (Epitre aux Romains.;

— Le Seigneur me g-arde, rien ne me manquera. 'Psaume 22.)

— Quand je marcherais au milieu des ténèbres de la mort, je ne craindrais rien parce que vous êtes avec moi, Seigneur. (Au même psaume.)

4e illéîiitûtion.

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