‹ La retraite du Sacre-CœurChapitre 138 sur 180 · III. Comment noiis devons obéir · texte numérisé non relu

III. Comment noiis devons obéir

Vous devez obéissance à votre Père céleste. Vous me la devez à moi, à qui il a tout remis entre les mains. Vous la devez à toutes les autorités légitimes qui nous représentent.

Et si vous avez été appelés à la vie religieuse, si vous avez choisi la vie d'obéissance pom' me suivre de plus près et pouiréparer par cette obéissance volontaire vos fautes et celles des pécheurs, oh ! alors cette obéissance doit vous être doublement chère. C'est un holocauste que vous avez offert. Il n'y faut pas de réserve ni d'imperfection. Vous savez assez que ce qu'on oflre à Dieu doit être sans tache.

Ce n'est pas seulement une obéissance servile que j'attends de vous, c'est l'obéissance affectueuse des enfants.

On peut obéir par la volonté seule, sans les affections du cœur. C'est alors servir son

Dieu en esclave, en mercenaire. C'est donner sa volonté, comme un condamné livre son corps au bourreau.

Ce n'est pas là m' aimer. N'est-ce pas plutôt m'outrag-er? C'est ainsi qu'on sert un maitre cruel et sans cœur. C'est votre cœur que je demande : Prœbe fili mi, cor tuum mihi. (Prov. 23.)

Qu'on ne dise pas que cette obéissance servile est la vie de la foi. La vraie foi ne va pas sans la charité. Saint Paul vous le fait remarquer : Fi des per caritatem operatur. (Gai. 5.)

C'est dans son cœur qu'on doit avoir sa règle de vie, pour la pratiquer par amour. C'est ce que David disait de moi : Legem tuant in tnedio cor dis tnei. (Ps. 39.) C'est aussi ce qu'il disait du juste : Lex Dei ejus in corde ipsius. (Ps. 3G.)

Toutefois je ne veux pas une pure sentimentalité qui ne mène à rien. Je ne demande ni la volonté seule ni le cœur seul. Je ne demande pas une sentimentalité nerveuse et sensuelle, mais une affection profonde et agissante.

Je l'ai dit : Xo7i omnis qui dicit: Domine^ Domine, intrabit in regnum cœlorum, sed

qui facit voluntatem Patris mei. (Matth., vn. 21.) Il ne suffit pas d'avoir mon nom sm' les lèvres avec affectation de tendresse, il faut chercher ma volonté et la faire. Mieux vaudrait encore l'obéissance ponctuelle avec un cœui' sec, que des effusions de tendi^esses avec une demi obéissance.

Je l'ai dit aussi à mes disciples. : Filioli, non diligamus verbo, neque lingua, sed opère et veritate . (Joan, m. 18.) Ce que je demande, c'est l'obéissance simple, entière, cordiale, le bon esprit en un mot. Le don de soi-même n'est pas entier, lorsqu'on discute les ordres de ses supérieurs , ou lorsqu'on se.dit que les vœux n'obligent pasjusque-là. On mai^chande alors ce qu'on a donné. Ce n'est pas ainsi que j'agissais à Nazareth. J'allais au devant des désirs de Marie et de Joseph, je ne les obligeais pas à invoquer leur autorité.

Les religieux qui marchandent leur obéissance ne sont religieux que de nom. Ils n'ont pas souci de la perfection de lem^ état. Il gâtent toute une communauté. Leur langage est contraire à l'esprit de simplicité et d'abandon. Ce sont des branches mortes. Ce sont des lépreux qui communiquent leur lèpre aux autres.

Je l'ai dit à Marguerite-Marie : J^es religieux désunis et séparés de leurs supérieurs sont des vases de réprobation. Je les ai rejetés de mon Cœur. Plus ils tâchent de s'en approcher par l'oraison et les sacrements, plus je m'éloigne d'eux, plus j'en ai horreur... (Œuvres i, p. 89.)

Aimez et vous obéirez facilement. Si on aime, on n'hésite pas à obéir, on n'a pas de peine à faire un sacrifice. Ce sacrifice rapproche de moi. Il est une occasion de me prouver son amour. Je le récompense par des grâces abondantes.

AFFECTIO.NS KT RÉSOLUTIONS

Bon Maître, vous me donnez l'exemple, je veux devenir obéissant à votre suite. Je vous dois cette obéissance, vous êtes mon créateur, mon maitre, mon tout, vous êtes mon père, mon bienfaiteur et mon ami et je vous obéirai par amour, par reconnaissance et par dévouement. Je vous obéirai en tout et toujours.

Je ferai votre volonté partout où elle me sera manifestée. Je la reconnaîtrai dans ma règle et dans la volonté de mes supérieurs. Parlez, Seigneur, et votre serviteur obéii-a.

BOUQUET SPIRITUEL

— Venit Nazareth et erat suhditus illis. (Luc. n.)

— Ecce venio; in capte lihri, scriptum est de me ut facerem voluntatem tuam.

(Psf39.)

— Deits meus, volui, et legem tuam in medio cor dis mei. (Ibid;.

— Il alla à Nazareth et il était obéissant. (Luc. n.)

— Me voici : en tète du livre il est écrit que je ferai votre volonté. (Ps. 39.)

— C'est ma résolution : mon cœiu' s'attache à votre volonté. (Id.)

3ie inéltitûlion.

RÉSOLUTIONS, ÉLECTION, INSPIRÉES PAR LE CŒLTl SACRÉ DE JÉSUS.

Préparation pour la veille.

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