I. Souvent Notre-Scigneur appelle en vain
Le Sauveur. Très souvent j'appelle en vain des âmes qui ne répondent pas à mes avances. Je leui^ offre des grâces de choix et elles ne comprennent pas, elles ne veulent pas comprendre, parce qu'elles sont attachées passionnément aux choses de la terre et qu'il faudrait s'en détacher au moins de cœur et même de fait, si je le demandais pour un plus grand bien.
J'ai exprimé cela dans la parabole du festin, que rapportent saint Luc (chap. xiv), oT saint Matthieu (chap. xxm. Je me représentais comme le fils du roi invitant à ses noces ceux dont il voulait faire ses amis, et tous refusaient pour divers motifs. Je signalais quelques-uns de ces motifs, qui caractérisent l'attachement à la vanité, aux richesses, à la sensualité. L'un vient d'acheter une villa, il veut aller la voir et en jouir. Un autre vient d'acheter cinq paires de bœufs, il veut aller à sa cultm-e. Un autre est récemment marié. Il y avait un sacrifice à faire pour venir au festin nuptial, tous ont manqué de générosité. Insensés qu'ils étaient ! Et le fils du roi a dû faire
chercher pour en faire ses invités et ses amis de pauvres gens qu'on a recueillis sur la rue. En causant ensuite intimement avec mes apôtres, je leur expliquais que pour être mon disciple, il faut être détaché de cœur de toutes choses et savoir quitter les intérêts temporels, les plaisirs et les satisfactions d'ici-bas dans la mesure où je le demandais.
Le récit de saint Marc que vous méditez aujourd'hui n'est pas une parabole, c'est un fait historique. Il s'agit bien là d'une vocation perdue par un jeune homme qui a manqué de courage. Il était bon cependant ce jeune homme, il observait les commandements, il était obéissant, chaste, il aimait la justice et la charité. Il était impressionné des merveilles dont il était témoin, il vint se jeter à mes genoux, il avait une certaine bonne volonté. Je le considérai et je l'aimai de cette affection de mon Cœur qui est une offre de grâces spéciales. Je lui proposai d'embrasser la pauvreté volontaire et de se joindre à mes apôtres ; mais il était riche, et il me donna cette tristesse de ne pas accepter mes offres.
C'est qu'il ne suffit pas d'un vague désir
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de faire le bien, il faut un détachement du cœur qui puisse aller jusqu'au détachement réel, si je le demande.
Voyez quelles conséquences eut le refus de ce jeune homme. Que d'âmes il eut sauvées! quelle vie de trouble et de remords il s'est préparée! quelles conséquences en résultent maintenant pour son éternité !