I. Lecture du saint Evangile
L'enfant de Dieu : Je m'unis, Seigneur, aux transports qu'excitait dans l'àme du Psalmiste le souvenir de vos miséricordes .f Je ne cesserai de glorifier vos miséricordes! infinies. Mais cette miséricorde, je l'adorer en particulier dans le Cœur de Jésus où ell^ s'est incarnée pour nous visiter et nous'^ sauver.
1 . Dieu est la source de toute miséricorde, il voudrait sauver tous les hommes.
Le Sauveur. — Mon Père est la source jnAme de la miséricorde. Tout penchant de
MÉDITATION. T) l
miséricorde qui se rencontre dans les anges et dans les hommes Adent de lui.
Autant qu'il dépend de lui, il est prêt à délivrer tout le genre humain qui, du salut éternel, était tombé dans une éternelle misère. Il est prêt à l'arracher à cette misère, et à le transférer à la félicité éternelle. N'a-t-il pas oflert pour cela un ])vix souverainement suffisant en donnant son Fils unique et en le livrant à la mort?
Et cette miséricorde, dans quelles conditions mon Père et moi l' avons-nous exercée i Est-ce d'une manière facile et par un acte de volonté, comme pour l'acte de la création ou pour communiquer la béatitude aux anges? Non, c'est au prix de mes travaux, de mes souffrances, au prix de sacrifices immenses, en m'humiliant et me déprimant jusqu'à la bassesse et à l'infirmité de la nature humaine, en me vouant à la pauvreté, à la mendicité, à des misères et à des afflictions sans nombre, au travail, à la peine, aux outrages les plus sanglants, aux soufflets, à la flagellation, aux crachats, à la croix et à la mort la plus cruelle ; enfin en me laissant moi-même sous les espèces du pain et du vin dans le très saint Sacrement de
ij*J LA RETKAITK Dr SACRE-aEUR.
rEucliaristie. Tout cela nous l'avons l'ait par pure miséricorde, pour vous tirer de la plus profonde misère et vous procurer un bien infini.
II. L^ iniaéricorde divine s'exerce d'une manière admirable sur les pécheurs.
La miséricorde divine s'exerce tout pai'ticulièrement envers les pécheurs. Elle se manifeste d'abord par la patiente douceur avec laquelle nous supportons les pécheurs dans leurs égarements.
L'âme qui s'abandonne au péché et qui offense Dieu et méprise sa loi, ne mériterait-elle pas d'être châtiée immédiatement ? Mon Père pourrait la précipiter en enfer ; il pourrait la priver des bienfaits journaliers de sa Providence. Il ne le fait pas. Il supporte, il attend, il patiente. ^ Miserator et misericors Dominus, patiens et multurn misericors. y^ (Ps. 144, vers. %.) Que seriez-vous devenus, si votre Dieu n'avait pas si souvent manifesté sa miséricordieuse patience à votre égard : •' Misericordiœ Domini quia non sumus consumpti. « (Thren. III).
Non seulement Dieu dans sa bonté ne punit pas le pécheur qui l'offense, mais il le
comble encore de toutes sortes de biens. Il lui conserve la vie, il laisse toutes les créatures à son service. Il fait lever son soleil sur le pécheur comme sur le juste, il verse sur ses champs la pluie féconde (Matth. 5. 45.) Il semble partager également ses faveurs entre ceux qui l'aiment et ceux qui l'offensent.
La miséricorde divine à l'égard des pécheurs se révèle encore par les incessantes sollicitations qu'elle leur adresse pom* les convertir. S'il ne consultait que sa justice, Dieu s'éloignerait du pécheur et l'abandonnerait à son endurcissement. Mais l'amour lui inspire une autre conduite. Il recherche le prodigue. Il le poursuit, il l'appelle, il l'invite. Il n'est rien qu'il ne fasse pour le tirer de l'abime dans lequel il le voit tombé. Il emploie tour à tom" les exhortations et les menaces. Il va jusqu'à prier et conjurer. On dirait qu'il demande une grâce, et que la 4 conversion d'un pécheur intéresse au plus haut point sa béatitude.
Cette miséricordieuse bonté de mon Père se révèle dans les Prophètes, dont il emprunte la voix pour appeler les pécheurs à la pénitence et leur promettre le pardon,
r>l I.A UETKAITE DU SACRÉ-CŒUR.
•. Vide quia malum et amarum est reliquisse Dominum Deum tuum. " (Jer. II. 9.) - Convertimini ad Dominion Deum venir um quia beniguus et misericors est. » (Joël. IL 13.' •• Nolo mortem morieniis, revertimini et vivite. - (Ezech. YIII. 32.) Je vous ai dépeint par i)lusieurs comparaisons cette sollicitude divine envers le pécheur. Rappevez-vous cette femme qui ayant perdu sa drachme ne se donne aucun repos (pi'elle ne l'ait retrouvée, et le pasteur qui laisse son troupeau pour aller dans la montagne chercher la brebis égarée.
Et dans l'Apocalypse, je résume en un mot toute ma sollicitude divine envers le pécheur : •• Ecce sto ad ostium et pulso. - (III. 20). Quand un homme me chasse de son cœur, je ne m'éloigne pas pour cela ; je me tiens à la porte de ce cœur et ne cesse de frapper jusqu'à ce qu'f^lle me soit ouverte de nouveau.
Que ne fait pas, en effet, la miséricorde divine pour amener le pécheur à se convertir ! Que de lumières elle lui prodigue ! que de secom^s elle accumule autour de lui ! I^a grâce l'assiège en quelque sorte et ne hii laisse ni repos ni trêve. C'est tantôt une
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parole d'exhortation qui retentit à ses oreilles, tantôt un spectacle édifiant qui frappe ses regards, tantôt une épreuve douleureuse qui le fait rentrer en lui-même. Il n'est aucun pécheur dont votre Dieu ne puisse dire à bon droit : •• Quid est quod ultra debui faccre vineœ meœ et non feci ei? - (Is. V. 4.)
III. // lest accueille avec une lendre charité quand ils î^eviennent à lui.
La miséricorde divine se manifeste encore par la charité incomparable que nous témoignons aux i)écheurs quand ils reviennent à nous. Le prophète admirait cette bonté sans mesm'e : ■• Quam magna misericordia Domini et propil/atio illius con^ rertentihus ad .se. -
Je vous ai retracé avec complaisance le tableau de c^tte clémence divine envers les pécheurs dans la parabole de l'enfant prodigue. (Luc, XV.)
Pour obtenir grâce devant son père qu'il a outragé, le prodigue n'a qu'à venir annoncer sa faute en manifestant son repentir, quelque graves qu'aient été jusque-là ses désordi'cs.
5(5 I.A IIKTRAITE DL' SACIIÉ-CŒIU.
Le père du prodigue ne lui fait pas attendre la grâce qu'il sollicite. C'est ainsi que Dieu pardonne avec empressement au pécheur qui revient à lui.
' Le père du prodigue ne pense pas aux reproches qu'il pourrait adresser à son fils, il n'a pour lui que des témoignages de tendresse et de compassion. Il l'embi'asse avec effusion. Il agit et il parle comme s'il avait tout oublié. Notre bonté à l'égard du pécheur qui se convertit est plus touchante encore. Nous le consolons, nous lui faisons sentir les douceurs de la grâce, nous lui rendons la joie de la conscience pure.
Le i)rodigue est remis en possession de tous ses biens et de toutes ses prérogatives, ainsi en est-il du pécheur repentant. Il retrouve ses richesses spirituelles, ses mérites revivent et son âme recouvre la beauté qu'elle avait avant le péché.
Enfin le retour du prodigue est une joie pour son père, il lui fait fête. Et ne vous ai-je pas dit aussi que c'était fête au ciel quand un pécheur se convertit? (Luc, xv, 7.) Votre Dieu peut-il mieux témoigner la tendresse de son cœur et les richesses de sa miséricorde ?
Cette miséricorde, ne vous l'ai-je pas
montrée en action pendant ma vie mortelle ? Ne l'ai-je pas exercée envers Marie- Madeleine, envers la Samaritaine, envers la femme adultère, le bon larron et tant d'autres ? Mais vous méditerez ces exemples un à un.
AFFECTIONS ET RÉSOLUTIONS
Moi aussi, ô mon Dieu, j'ai ressenti bien des fois dans ma vie les efléts de votre miséricorde. Elle n'a cessé de veiller sur moi et de me poursuivre. - Misericordia tua subsequctur me omnibus diebus vitœ meœ. " (Ps. xxn. 6.) Je me rappellerai tous les jours vos grandes miséricordes à mon égard pour vous en rendre grâces. Je détesterai mon ingratitude et toutes mes fautes. Je vous témoignerai une contiance inébranlable et toute filiale. Je vous servirai avec amour et fidélité.
BOUQUET SPIKITUEI..
— Adeamus cum fiducia ad thronum gratiœ , ut misericordiam consequamur.
(Hebr. iv. 10.)
— Miser icordias Domini in œlernum cantabo. (Ps. SS.)
5S LA KKTKAITE Dl SACKK-CŒrU.
— Misericoi'dia Domini plenn est terra, (Ps. 32.)
— Misei^ator et misericors Dominus^ patiens et niultam misericors. (Ps. 144.)
— Allons avec confiance au trône de la i^ràce pour obtenir miséricorde. (Ep. aux Hébr. IV.)
— Je louerai éternellement les miséricordes du Seigneur. (Ps. 88.)
— La terre est remplie des miséricordes du Seigneur. (Ps. 32.)
— Dieu est compatissant, patient et intiment miséricordieux. (Ps. 144).
Ge XlléMtattan.
KIKr DKSMIK NOTKK SAUT.
Préparation pour la veille.
1. Lecture du saint Evangile. (S. Jtîîui, cb. XII. vei's. 44-48.)
Ksus autera claniavit et dixit; <^ai crédit in me, noyi crédit in me sed in eurn qui ?nisit me.
vr- MÉDITATION. 59