I. La nature du péché
Le Sauveur. — Mon fils, je vous dirai ce qu'est le péché et quels en sont les conséquences et les châtiments.
C'est par amour pour vous que je voudrais vous éloigner de ce mal qui est le plus grand de tous et la source de tous les autres sur la terre.
C'est d'abord un outrage fait à votre Dieu, à votre Créateur, à votre Sauveur, qui ne mérite qu'adoration et amour. Il n'est qu'amabilité et bonté et vous l'outragez.
Le péché, c'est la révolte d'un sujet contre son roi, et de (piel sujet et de quel roi s'agitil ici? d'un sujet qui doit tout au Roi des rois. C'est le Non serviam de Satan que que vous répétez chaque jour.
C'est l'outrage d'un ami à son ami, d'un fils à son père. Et de quels amis, de quels fils, de (juel père s'agit-il encore?
\ir MEDITATION,
Et ces outrages insensés se commettent en présence même de Dieu et malgré ses menaces. Quelle audace et quelle déraison!
Le péché est encore un mépris de Dieu, de sa loi, de ses défenses, de ses justices et et de sa bonté. Votre Dieu qui vous a tant aimés, vous le dédaignez pour écouter Satan.
Vous renouvelez les mépris dont les juifs m'ont accablé à Jérusalem, lem's dédains, leurs haussements d'épaules. Vous criez comme eux : Nous ne voulons pas Jésus, mais Barabbas. Nolumus Jesum sed Barabbam.
Le péché, c'est la plus noire ingratitude. Ecoutez votre Dieu qui vous dit : Popule meus, quid feci iibi? (Mich. vi.) Que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je attristé pom^ que tu me traites ainsi ? — Et encore : Filios eyiuùHvi etexaltavi, et ipsi spreverunt me. J'ai élevé mes enfants avec bonté, ils ont grandi sous ma main, et ensuite ils m'ont méprisé.
(Is. L)
' Mon Père se plaint maintes fois de votre ingi'atitude dans le prophète Jérémie :
« Quel tort ai-je donc fait à vos pères, dit-il à son peuple, pom^ qu'ils se soient éloignés de moi? Ne les ai-je pas sauvés et comblés de biens? (II. 5). 0 cieux, étonnez-vous et
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pleurez sur la folie des hommes, qui me (quittent, moi la source d'eaux vives, \\o\xv courir à des citernes vides. Obstupescite cœli super hoc, et portœ ejus desolamini vehementer. (II. 12.» Je t'ai plantée avec soin, ô ma vigne bien-aimée, tu étais un plant de choix et te voilà changée en un cep sauvage. •' (II. 21.)
Ce que vous appelez les Lamentations de Jérémie, ce n'est pas autre chose que les lamentations de mon Père sur votre ingratitude. Mon Pèi'e inspire à son prophète ses plaintes amères. Cette pauvre ville de Sion, ravagée, pillée, affamée, humiliée, c'est le tableau de l'àme en état de péché.
Dans Isaïe aussi, mon Père vous disait ses tristesses paternelles au sujet de votre ingratitude. Cette vigne choisie qu'il a plantée et cultivée avec soin, qu'il a entourée d'un mur et protégée par une tour, il attendait d'elle de bons fruits, elle en donne de sauvages. — Qu'aurais-je pu faire de plus pour elle? vous dit-il. — Quidest quod debui ultra facere vineœ meœ et non feci ei? — Et il ajoute : Ma vigne, c'est Israël, ce sont les âmes ; j'attendais d'elles des actions justes et je ne vois qu'iniquité. (Ch. v.)