NICOLE ROBINET DE LA SERVE
Cet homme de bien, dont le souvenir est resté profondément gravé dans la mémoire de ses compatriotes, consacra toute sa vie à la conquête de la liberté. Nicole de la Serve naquit à Sainte-Suzanne le 10 avril 1791. Ses études terminées, nous le voyons prendre les armes et se joindre à ses compatriotes pour repousser les attaques des Anglais. Quand l’île tomba au pouvoir de l’Angleterre, de la Serve suivit M. de Sainte-Suzanne et gagna la France. A Paris, il reprit ses études et remporta en 1812 le prix d’honneur de philosophie.
En 1815, après avoir, à la suite du Maréchal Moncey, lutté contre les alliés, il publia une première brochure intitulée:* U adresse aux bons Français ». Reçu avocat
APPENDICE
en 1816, il se consacre tout entier à la défense des patriotes impliqués dans le complot dit de Y Épingle noire. L’année suivante, il épousa la fille de M. Chevassus, un des directeurs du Constitutionnel, et put alors entrer dans le journalisme libéral militant; il publia un grand nombre d’articles très remarqués, jusqu’en 1825, époque à laquelle il rentra à la Réunion.
De retour dans sa patrie, M. de la Serve fonda une immense sucrerie, le Colosse ; malheureusement, il fut, comme tant d’autres, ruiné par la crise commerciale de 1830. Malgré cette catastrophe, M. de la Serve continua à défendre les libertés de la colonie, et quand il mourut, le 18 décembre 1842, ses compatriotes purent lui élever un monument sur lequel on grava ces paroles qui résument toute sa vie :