‹ La Réunion et MadagascarChapitre 30 sur 32 · EUGÈNE DAYOT · texte numérisé non relu

EUGÈNE DAYOT

Né à Saint-Paul, le pays des poètes, le 8 août 1810 de bonne heure, sa mère lui fit suivre les cours d’une institution de la ville, puis il passa aux mains d’un précepteur. Ses études terminées, il entra dans l’administration des ponts et chaussées ; plus tard, désirant voir son père établi comme traitant à Madagascar, Dayot fit le voyage. A son retour, il fut atteint d’une cruelle maladie qui le condamna pour toujours à d’horribles souffrances. Dayot se releva la face meurtrie, sillonnée de rides, la vue considérablement affaiblie, les membres mutilés ; il n’avait pas vingt ans.

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En 1839, Dayot fonda à Saint-Paul le journal c< le Créole », organe libéral, dans lequel le jeune publiciste lutta contre les idées anti-abolitionnistes qu’essayait de répandre une certaine classe de la population de Bourbon. En 1844, Dayot vendit son imprimerie et le Créole cessa de paraître ; il fut remplacé par le Courrier de Saint - Paid , où il publia une série de feuilletons intitulés : Bourbon pittoresque. Quelques années après il mourait, à peine âgé de 42 ans.

Dayot a été surtout un poète, un poète mélancolique, dont les vers, dit M. Raffray, sont écrits avec des larmes, mais des larmes réelles, chaudes, qui coulent du cœur aussi bien que des yeux.

Citons parmi ses morceaux les plus remarquables : le Mutilé , qu’il écrivit sur son lit de douleur, le Rêve, la Hache , vigoureuse et éloquente imprécation contre la peine de mort ; Ni père , ni mère , Salazie, qui mériteraient d’être lus et connus en France.

GEORGES IMHAUS

Né le 24 novembre 1817 à Aix-la-Chapelle, M. Imhaus vint à la Réunion en 1840, pour y fonder une sucrerie, dans laquelle il appliqua les procédés les plus nouveaux pour la fabrication. En 1848, il recevait ses lettres de grande naturalisation. De 1848 à 1859, comme membre du Conseil municipal et du Conseil général, M. Imhaus aida puissamment ses collaborateurs de ses connaissances spéciales en finance et en industrie ; en 1859, il rece-

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vait, en récompense des services rendus, la croix de la Légion d’honneur, et la colonie le déléguait pour la représenter à Paris.

C’est grâce à M. Imhaus, chargé en 1860 d’une mission à Londres, que le courant d’immigration des coolies hindous s’établit dans notre colonie ; c’est à lui aussi que l’on doit le fonctionnement régulier de cette immigration. En 1861, à la suite de cette mission, M. Imhaus était promu au grade d’officier de la Légion d’honneur.

A cette époque, il occupa pendant quelque temps la direction du service de la presse et de la librairie au ministère, poste éminemment délicat, alors que la liberté de la presse n’existait pas.

En 1862, il quitta le ministère et prit la recette générale de l’Ariège, et plus tard celle des Bouches-du-Rhône. Aujourd’hui, M. Imhaus est rentré dans la vie privée et jouit du repos qu’il a si bien gagné.

Partout où il a passé, M. Imhaus a laissé le souvenir d’un homme de bien, aux idées libérales, dévoué à la France ; à la Réunion, il est considéré comme un des bienfaiteurs de la colonie.

Parmi les hommes distingués nés à la Réunion, citons encore :

Hubert Delisle, qui fut longtemps gouverneur de notre colonie.

Leconte de Lisle, le poète académicien.

Hervé, directeur d’un grand journal parisien, publi-

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ciste, élu à l’Académie le même jour que son compatriote Leconte de Lisle.

H. Kérouan, journaliste parisien d’un grand talent.

Léon Dierx, auteur de poésies charmantes ; et beaucoup d’autres encore qui occupent des situations élevées dans le monde politique et littéraire.

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