Chapitre III, § 3» p
II en est de même pour la Hollande, la Bdgl^pie, la France et ce qui est le plus surprenant pour VAn^ gleterre, le pay& par excdtence de la culture extensive dirigée par les landlords (i).
Maintenant, ajoutez à cet amas de preuves de la non prolétarisation des masses, la vertu inhérente aux entreprises fondées sous la forme de sociétés par actions, la plupart comprenant tout autant d'ouvriers que d'actionnaires et vous aurez ce résultat qui parait d'abord contradictoire : que la concentration de la production amène la non-concentration des capitaux (2), ce qui renverse net le principe marxiste.
Ajoutez encore qu'au moyen de coopératives et d'associations ouvrières dont la progression a été ailleurs signalée (3) les prolétaires arrivent à devenir des capitalistes et à diminuer d'autant Timportance numérique de la classe inférieure, et vous aurez, dans toutes ces données réunies en \m irrésistible faisceau, la preuve que la prolétarisation des masses n'est pas un dogme mais plutôt une grossière erreur.
Devant de pareilles révélations qui les frappèrent d'abord comme un coup de foudre, les Marxistes finirent par se ranimer et lancer contre Bernstein force objections et parfois quelques épithètes mal sonnantes — ils étaient sans doute à bout d'ai^uments. Karl Kautsky, Tombre chinoise de Karl Marx, grand théoricien du « marxisme intégral », c'est-à-dire de
I. Voir Statistiques dans Bernstein. SociaUsme tkéoriqus, pp. log à ii3.
!i. Voyez Bernstein, Socialisme théorique, chap, III, para-
graphe 2, p. 8o.
3 Voyez supra.
rinfaillibilité marxienne, se chargea de ramener le réfractaire à une plus stricle obédience. Après avoir bien cherché parmi les statistiques de Tunivers, il en trouva une : celle des revenus en Saxe — pays le plus industriel d'Allemagne, où le socialisme fait de grands progrès — qui lui parut le plus favorable et opposa triomphalement en fractionnant outrancièrement les catégories, que les classes dont Taccroissement est dans cette région le plus accentué sont celles des millionnaires et des prolétaires (i).
Bemstein, usant de la tactique contraire, additionne ce que Kaulsky avait divisé el faisant un bloc des catégories prolétaires jusqu'à 2,000 francs enregistre chez elles une augmentation de 33, 8 0/0 tandis que les catégories moyennes ont augmenté de [71,6 0/0 (revenus de 2.000 a 4«i25) et de 74 0/0 (revenus de 4-125 à 12.000 fr.). Ainsi, dans le pays le plus défavorable à son développement, la classe moyenne a une plus large marge de croissance que le prolétariat. Que firent alors les Marxistes ? Ils s'agitèrent, firent des congrès, écrivirent, pour se bien persuader à eux-mêmes que IJernstein se trom-