‹ La révocation de l'Édit de Nantes a Paris d'après des documents inédits (volume 2)Chapitre 7 sur 23 · FORMULES D'ABJURATION · texte numérisé non relu

FORMULES D'ABJURATION

Je crois de ferme foi, et confesse tous et un chacun les articles

contenus au Sjmibole de la foi, duquel use la sainte Église romaine, savoir est:

Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et de toutes les choses visibles et invisibles, et en un souverain Seigneur Jésus- Christ, fils unique de Dieu, engendré du Père avant tous les siècles, Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, Vrai Dieu de Vrai Dieu, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père, par lequel toutes choses ont été créées, lequel pour tous les hommes et pour notre salut est descendu des deux, et a été incarné du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie, fait homme et crucifié pour nous sous Ponce Pilate, a enduré mort et passion, et a été enseveli et est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures, et est monté au ciel, et est assis à la dextre du Père, et viendra de rechef avec| gloire juger les vivants et les morts, du royaume duquel il n'y aura point de fin. Je crois au Saint-Esprit, souverain Seigneur, vivifiant tout, qui procède du Père et du Fils, et qui avec le Père et le Fils est adoré et glorifié, qui a parlé par les prophètes. Je crois à une sainte Église C. et A. Je confesse un seul baptême pour la rémission des péchés, et attends la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Ainsi soit-il.

Je crois et embrasse fermement les traditions des apôtres et de la sainte Église, avec toutes les constitutions et observations d'icelle.

J'admets et reçois la sainte Écriture, selon et au sens que cette mère sainte Église tient et a tenu, à laquelle appartient de juger de la vraie intelligence et interprétation de ladite Écriture; et jamais je ne la prendrai ni exposerai que selon le commun accord et consentement unanime des Pères.

Je confesse qu'il y a sept sacrements de la loi nouvelle, vraiment et proprement ainsi appelée, institués par N. Sgr. J.-Chr. et nécessaires, mais non pas tous à un chacun, pour le salut du genre humain, lesquels sont le Baptême, la Confirmation, la sainte Eucharistie, la Pénitence, l'Extrême- Onction, l'Ordre et le Mariage, et par iccux la grâce de Dieu nous est conférée, et que d'iceux le Baptême, la Confirmation et l'Ordre, ne se peuvent réitérer sans sacrilège.

Je crois aussi et admets les cérémonies approuvées par l'Église C, et usitées en l'administration solennelle desdits sacrements.

Je crois aussi et embrasse tout ce qui a été défini et détermine par le saint concile de Trente, touchant le péché originel et la justification.

Formules d'abjuration. 4o3

Je reconnais qu'en la sainte messe on offre à Dieu un vrai, propre et propitiatoire sacrifice pour les vivants et pour les morts, et que le corps et le sang, avec l'âme et la divinité de N. Sgr. J.-Chr., est vraiment, réellement et substantiellement au très saint sacrement de l'Eucharistie, qu'en icelui est laite une conversion de toute la substance du pain au corps, et de toute la substance du vin au sang, laquelle conversion l'Église C. appelle transsubstantiation.

Je confesse aussi que sous une seule des deux espèces, on prend et reçoit J.-Chr., tout et entier en un vrai sacrement.

Je confesse qu'il y a un purgatoire, où les âmes détenues peuvent être soulagées des suffrages et bienfaits des fidèles'.

J'avoue qu'on doit honorer et invoquer les saints et saintes, bienheureux et régnants avec J.-Chr., lesquels prient et offrent à Dieu leurs oraisons pour nous, et desquels on doit vénérer les saintes reliques.

Comme aussi que l'on doit avoir et retenir les images de J.-Chr. et de sa bienheureuse mère perpétuellement vierge, et des autres saints et saintes en leur faisant l'honneur et révérence qui leur appartient.

Je confesse que notre rédempteur J.-Chr. a laissé en son Église la puissance des indulgences, et que l'usage en est très salutaire au peuple chrétien.

Je reconnais la sainte Église C, A. et Rom., mère et supérieure de toutes les Églises.

Je promets et jure une vraie obéissance au pape et saint Père de Rome, successeur de saint Pierre, chef et prince des apôtres, et vicaire de J.-Chr.

J'approuve sans aucun doute et fais profession de tout ce qui a été décidé, déterminé et déclaré par les saints canons et conciles généraux, et spécialement par le saint concile de Trente, et rejette, réprouve et anathématise tout ce qui leur est contraire, et toutes hérésies condamnées, rejetées et anathématisées par l'Église.

Je promets, voue et jure sur ces saints Évangiles, de persister entièrement et inviolablement jusques au dernier soupir de ma vie, moj'ennant la grâce de Dieu, en cette foi cathohque, hors laquelle il n'y a point de salut et nul ne se peut sauver, et dont présentement je fais sans aucune contrainte profession; et tant qu'il me sera possible la ferai tenir, garder et professer par tous ceux desquels j'aurai charge en ma maison et en mon état. Ainsi Dieu soit à mon aide et ses saints Évangiles, sur lesquels je jure ei fais serment, et ce entre les mains de et en présence des témoins sous-

signés.

Fait ce jour du mois de

(Fr. 7055, f° 277).

Ne faisant grâce d'aucun détail, cette formule soulevait toutes les répugnances des huguenots et justifiait les craintes de La

• Benoit remarque qu'on a adouci cet Je crois constamment qu'il 3' a un purarticle et les deux suivants, qui sont gatoire etc., et qu'on doit honorer et exprimés plus formellement dans la pro- invoquer les saints etc.; je tiens fermefession de foi que le pape Pie IV avait ment qu'on doit avoir et retenir les fait dresser après le concile de Trente: images, etc. (V, 847).

404 Révocation do l' Edit de Nantes à Paris.

Reynie, qui redoutait que les prêtres de l'archevêché ne se montrassent intraitables et d'une exigence ridicule. Prié de l'adoucir, Harlay de Champvalon finit par y consentir le 17 novembre (Fr. 7o53 f" 480), et reçut, le 20, à ce sujet les remerciements de la cour (O' 29). Voici la nouvelle formule beaucoup plus simple qui remplaça la précédente:

Petite formule imprimée le 20 novembre i635.

Je, Marguerite de Batilly, fille âgée de cinquante ans ou environ, demeurant rue des Mauvais-Garçons, paroisse Saint-Sulpice, native de Metz, crois de ferme foi tout ce que l'Église C. A. et R. croit et professe. Je condamne et rejette très sincèrement toutes les hérésies et opinions erronées que la même Église a condamnées et rejetées. Ainsi Dieu me soit en aide, et ses saints Évangiles, sur lesquels je jure de vivre et mourir dans la profession de cette même foi, et ce entre les mains de en présence des témoins

soussignés.

Fait à ce jour du mois de

(Fr. 7055, f" 289 et 17430, f» i5g).

Le lieutenant civil Le Camus en avait rédigé une troisième, que M. de Madaillan et quelques autres consentaient à signer. Mais le roi la repoussa et fit écrire à Le Camus, le 24 novembre i685, ce qui suit :

Comme il est très important que ces professions de foi soient uniformes, il faut que vous obligiez ceux qui s'adresseront à vous [euphémisme] pour changer de religion, de signer celle qui a été réglée en dernier lieu par M. l'archevêque de Paris et imprimée par ses ordres, à quoi je ne prévois pas que vous puissiez trouver de difficulté, puisqu'il n'y a point tout le détail qui faisait de la peine à ceux de cette religion, et qu'elle est en termes aussi généraux que celle dont vous m'avez envoyé copie (O • 29).

Enfin voici une quatrième formule manuscrite :

Je déclare sincèrement et de bonne foi que je veux faire profession de la R. C, et que je me soumets pour cet effet à ce que l'Église C. A. et R. croit et enseigne, et que je renonce à toute la doctrine et à toutes les opinions qu'elle condanme.

P. Creuzc. Gaudroii. R. Baignoux. Gaudron. Gaudron. Catlicriuc de Boisguillaume (Fr. 7o55, f" 243).

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