‹ La révolte des modistes; vaudeville en 3 actesChapitre 17 sur 48 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GUICHARD, dans le bosquet, JÉRICHO, LE GARÇON. JERICHO, entre encourant et en chantant. Vivent les amours, qui toujours. . . ( Finissant l'air. ) Bonjour , garçon, comment va la santé !. . . quant à moi, je me porte bien, et j'ai l'honneur, garçon, de vous saluer.

LE GARÇON

Bonjour, monsieur. ..{ A part.) Tiens, quel drôle de petit homme .

TBaiCHO, avec mystère, , Garçoo» moD ami, deux mots... Où sont elles?

' ; LE GARÇON

Monsieur?. . .

JERICHO

Je me fais l'honneur de vous dire, garçon, où sont-elles ?. . *

LE «Aâçotl.

Qui elles?.. . ' ' ' '''

JERICHO

Qui elles !... est-il bête ce garçon !. . . quand je dis elles. . .

^ ^G, Jg.

il me semble qu'il ne s'agitpas rie currassiers... je fo demande où sont ees demoiselles, les modisles qni dînent ici.

LE GARÇON

Ah ! j'y suis. . . à la bonne heure ,j« comprends maintenant , j'^>uis, monsieur, j'y suis Vv-'''^'/^'» ^'•»^-'''''i/f'"-^''q '-■:•" ^j

^ • ' ï JERICHO. ■

■'«fi^'è^tfrèè-bien. . . mais moi je n'y suis pas. . .Où sont-elles .'

■ ' • ' ' LE GARÇON

Monsieur, elles ne so;it pas encore arrivées,. . mais vous ne venez pas dîner avec elles^ je suppose.

JERICHO

Je viens peut-être pour déjeuner, à l'heure qu'il est.

LE GARÇON

Mais monsieur ignore sans doute que c'est un dîner de dames, et que j'ai ordre de he laisser entrer aucun homme dans le salou.

.lEBlGHO.

Garçon, écoutez, pour que vous ne me croyiez pas un iùlrus, je veux bien entrer avec vous dans quelques détails sur ma vie privée. Garçon, tel que vous me voyez j'adore toutes les i'cmmes en général, mais en particulier je raffoUe de Fmelle , modisto délirante, qui partage messentimens. Je l'appelle ma petite biclie, elle m'appelle son bibi. Garçon, j'avais aujourd'hui rendez-vous avec elle à midi ; j'arrive avec un bouquet de violelles de cinq, sous , je regarde; à travers les carreaux du rnagasin et je vois les comptoirs dé?erts. Je m'ini'orme et j'apprends pnr Clauilinp , la, cuisinière de fa maison, que les modistes se sont révoltées et qu'elles doivent se réunir ici pour conspirer et faire un repas de garçons. Vous voyez que je suis au tait. Il n'était que midi et comme je ne savais que faire je me suis promené jusqu'à quaire heures au Jardin des Plantes, où j'ai eu beaucoup d'agrémen.l. — .Vai attaché un morceau de gâteau au bout d'une ficelle cl j'ai fait enrager les. ours, garçon. . . vous savez en leur jetant le gâteau et en le retirant au moment où ils voit le prendre, * .

LE GARÇONi

Oui. . . oui ... je connais çà. . .

JERICHO

Ga m'a énormément amusé, garçon. . .je les faisais trimer, ils tournaient comme des girouettes, il.< allaient, ils venaient. . . Kh bien ! garçon, croiriez-vous que ces ours m'ont fait faire des réflexions philosophi {ues et politiques ?

LE GARÇON

l^ahl...

Oui , garçon, tout en jouant avec mon gâtcAu cl ma )lSjii^i^,je me disais; .)';;.';':!

. .Ain : vaudçyiHç,ëÇ(,/-yi^(></w<Mr(^i Avec ces ours combien de gens (Jlie/, nous ont (Je In ressemblance, De inônio on rit à Iriirs dépens,

On exploite leur ignorance.

An lieu ir-gûlcanx, des croix (riionneiii

Les font, tourner connue une manivelle,

Et comme ces diirs, par malheur.

Ils ne voient pas la Ocelle. (bis).

J© cVois tairait fort méchant... nonis sans parler plus fôngtemps d'animaux, garçon , vous voilà ,''|c pcasc , suffisamment instruit sur mon coniplc, et j*aime à croire que vous allez m'ouvrirce salbh où j'attendrai nos modistes, qui seront agréablement surprises. l.

Monsieur, je suis désolé de vous refuser, mais je ne le puis, et je vous assure que ces demoiselles ne voudront pas vous recevoir parmi elles, puisqu'elles ne veulent être qu'entre femmes.

TEHlCillb.

Vous êtes inexorable, garçon... Elles ne veulent être qu'entre femmes! au fait, puisque Finette né m'a pas prévenu, c'est qu'on ne voulait pas de moi. Oh/... une idée!... Ahl mesdemoiselle-!.. Eh bien! malgré vous, je serai des vôtres.. . Garçon, je respecte votre consigne; mais je dînerai avec elles, je ne vous dis que ça, je les forcerai bien à m'accepter.. L'he partie de femmes, c'est délicieux.. . Au revoir, garç»n, ne dites rien de mou projet. . vous me lu promettez.''.,. .

Oj! ft^y â |)tf8 de d'Àh^ar. .,(A part. ) Je ferois bién^ fene sais rien. •••■-';'■ .,...■'

JERTCilO.

Je désire garder l'anonyme.. . ne prononcez donc pas mon nom. ...

Ain : De rien je ne m'embarrasse.

Sur moi'gardez le silence; Allons, il faut do toupet.

De plaisir je ris d'avance.

En songeant à mon projet.

Adieu garçon, Je vous quitte,' Mais près d'un sexe cnçhaotcur, Je vais revenir plus vîfc Qu'une voiture à vapeur.

Reprise ensemble.

jÊRicno.

Sur moi gardez, etc.

LB GARÇON

Je garderai le silence.

Je suis un garçon discret , De plaisir je ri» d'avance, En songeant à son projet.

( Jéricho sort. )

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