‹ La révolte des modistes; vaudeville en 3 actesChapitre 46 sur 48 · SCENE l^ill · texte numérisé non relu

SCENE l^ill

Les Mêmes, eà;cèf)lé FmWrTE:

JULES

Ont-elles donné dedans?

tDOUARD.

Là itiftlignc Fïnellè n'y a vu que dureu-RMls que p<;uvetit-el!cs doncovoir de si pressé à nous écrire.

ElJGÈNE.

Parbleu l'expression bien passionnée . bien tendre de leur amour. . . Justement voici lécrilure dé Rosalie, celte chère amie, elle m'aime tant. (// lit. ) « Mon cher Narcisse. »

CDOUÂRO et JULES,

Mon cher Narcisse ?

EuckiNE, continuant.

Quand pourrai-je te serrer sur mon cœur ; que lès insitans pairsés loin de toi sont affreux , etc. , etc. Sig^né Rosalie. » C'esl épouvantable!

JULES, riant.

Ce pauvre Eugène I Ce n'est pas mon Henriette qui ferait une chose comme celle-là. Que vois-jc ? une lettre d'elle adressée à un monsieur Polycarpe, et écrite dans le mOmô style. . . Quelle horreur!

EDOUARD, (i part.

Lui qui se moquait d'£ugènc.

JULES et BliOfiKE.

Nous nous vengerons!

Calmez-vous , mes amis. Écoutez (I6nc : clés itioins^éi'', i''est scabreux; et si je n'avais pas été aussi sur de hi sagesse d'Agiaié... l*ar exemple, pour elle j'en réponds. . . Voici sa lettre, vous allez voir. (///(«) "Mon cherFloridor,vieus demain au plus tard ràc Ylsi-

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1er dansmn prison; je ne puis vivre sans toi.» Je n'ai pas la force d'achever. C'est une indignité! une infâme perfidie! Eh bien croyez donc à l'amour , à la sagesse des femmes ; elles ne valent pas mieux les unes que les autres. Interrogeons M. Guichard ?. .. M. Guichard? M. Guichard ?

GUICHARD, qui commençait à dormir.

Qu'est-ce qui m'appelle.'' qu'est-ce que vous me voulez, mes petites poulettes , boire du punch, hein ? Garçon, une bouteille de bière ?

11 est complètement ivre , c'est encore un tour de ces demoiselles. Voyons, monsieur Guichard , répondez-nous : est-il venu quelqu'un ?

GUICHARD

Voyez-vous.. . je l'aurai. . . parce que mes qualités. . .mesqualilés physiques. .. {IL chante.)

Vivent les amours qui toujours,.

[Il s'endort).

EDOUARD

Le voilà parti. Allons, messieurs, il faut sortir de celle position insoutenable. Nous avons voulu mystifier ces demoiselles et je crains bien que nous n'en soyons pour nos frais. ( On entend frapper. )

JULES

On frappe à la porte.

EDOUARD

Ecoutons. [On frappe.) Qui peut venir? si c'était un des amans de ces demoiselles!

EUGÈNE

Voyons. (// ta d la porte) qui est là ?

JERICHO, du dehors et d'une voiœflâlce^

Moi.

EDOUARD, adoucissant sa voix.

Qui vous amène?

JERICHO, de même.

L'amour.

C'est à n'en plus douter.

EUGÈNE

Il faut le recevoir d'importance.

EDOUARD

En place.. . je vais ouvrir.

(Les jeunes gens ont ramassé de petites hottes de paille, ils se placent de chaque côté de la porte et se disposent à rosser Jéricho dès qu'il entrera. )

CUOEl'R.

Aiu: Oitij vers nous on s'avance (du Sylphe). Amis, faisons silence, 11 faut de la prudence :

Qu'une bonne vengeance Atteigne l'insolent.

ÉDODARIV.

Lamge nous cxeile> Sur son dos tapez vite ; Vraiment... il le mérite.. .

C'est un impertinent/

Reprise.

Amis, faisons silence, etc.

KDOOARD.

AUeiilion, j'ouvre. (// ouvre.) EnlieZj monsieur, etiliez. [La musiquedoit continuer un peu , Jéricho entre , on le rosse uiant qu'il puisse se faire reconnaître. )

SCEiNE XIV.

Les Mêmes, JÉRICHO.

JERICHO, criant. ■. ^^ ; in'Cj-vvrt.^ ui , r.^j Hé î ohl hé ! que laites-vousPA la {jarde ! c'est hêteîc'cst Irèsr licte !

EDOUARD

Hé messieurs, arrêtez, c'est Jéricho !

TOUS

Jéricho I

JERICHO

Sans doute que c'est Jéricho.. .Jéricho meurtri, ahimé, écrasé, moulu, vermoulu.

EDOUARD

Ce pauvre Jéricho ! nous qui le prenions pour un sé'.lucleur.

JERICUO.

M'expliquerez-vous la cause de volrccoaluitc assommante?

EDOUARD

Hélas J mon cher Jéricho, nous sommes j^oués, trompés.'

JEfilCIlO.

Trompés I et par qui ?

EDOUARD

Par celles que nous avions la hêtise de croire fidèles. Tiens , voici des lettres qu'elles écrivaient h d'autres qu'à oous.

JERjcao.

Il îscrait possihle î Ah! co n'est pas Finette qui me ferait des traits pareils. Chère Fluette! <;a me console.

^ EDOUARD

Flnoiic ? clic ne vaut pus aiictix que les'aulrcs.

JERICHO

C'est une calomnie.

EDOUARD

Tiens, regarde ce geôlier.

JERICHO

Ce geôlier, il dort. Eh bien après?

EDOUARD

Eh bien, ce n'est autre que monsieur Guichard, le vieux propriétaire, qui courtise ta Finette depuis huit jours. JERICHO, furieuoc.

Guichard/ ça serait Guichard î J'ai envie de lui jouer uneniche atroce.

EVÇÇNE.

Que veux-tu lui faire ?

JERICHO

Je rais l'étrangler. . .[Use précipite sur lui , on Carrelé. ) Gui ehard! Ne me retenez pas, je veux me porter sur lui à des excès nuisibles : je veux l'accabler de coups de poing.

EDOUARD

Jéricho, calme-toi, il est sans défense.

JERICHO

Le misérable, il dort ! ïa dors, vil scélérat. . . Tiens. . . (// lui donne un coup de pie au derriè^^e, ) Ça ne le réveille seulement pas, le sans-cœur; ça le fait ronfler. Oh ' se voir trompé p.^r un être aussi disgracié de la nature, c'est hKmiliant jusqu'au comble !

ÇDOUARD.

Allons, mes ami?, il faut trouver un moyen de vengeance.

JÉRICHO

Il esttout trouvé. Il faut renier les perfides, il faut les accabler de mépris et les couvrir d'indifférence, ..Couvrons-les d'indifféï-ence.

EDOUARD

Jéricho a raison, mes £>mis, nous ne devons plus avoir rien de commun avec elles.

EUGÈNE

Nous y sommes tous décidés.

EDOUARD

Il est temps de découvrir notre ruse et de leur féiirc savoir que nous sommes instruits de leurs perfidies !

JÉRICHO

Ou sont-eîles?

EUGÎÎNE.

Dans cette chambre.

jÉRICHOi

Dans cette chambre; laissez-moi faire. (// s'approche de laporle^ avec une grosse xoix:) Mesdemoiselles! [Aux jcuius gens.) C'c?>\. très-bien commencé, n'est-ce pas ? [Haut.) Mesdemoiselles, il

est temps Oc jeter le masquc;nous snrons tout. [Auxjcums gtns.) Elles sont eftVoyablement confondues. [Haut. ) Ainsi donc sortez, mesdemoiselles. . . mesdemoiselles, sortez!

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