‹ La Révolution belge de 1830, racontée par les affichesChapitre 13 sur 46 · VŒU DU PEUPLE · texte numérisé non relu

VŒU DU PEUPLE

L'exécution franche et sincère de la loi fondamentale sans restriction ou interprétation au profit du pouvoir ; — L'éloignement du ministère van ^laanen ; — La suspension provisoire de l'abattage jusqu'à la prochaine session des États-Généraux ; — Un nouveau svstème électoral, établi par une loi où l'élection soit plus directe par le peuple; — Le rétablissement du jury; — Une loi nouvelle de l'organisation judiciaire ; — La responsabilité pénale des ministres établie par une loi ; — Une loi qui fixe le siège de la haute-cour dans les provinces méridionales ; — La cessation des poursuites intentées aux écrivains libéraux; — L'annullation de toutes les condamnations en matière politique ; — Qu'il soit distribué à tous les ouvriers infortunés, du pain pour subvenir à leurs besoins jusqu'à ce qu'ils puissent reprendre leurs travaux.

Le dimanche 2g août et le lundi 3o se passèrent clans le calme ; la ville avait repris son aspect habituel, riant et animé. La confiance renaissait partout ; cl'Hoogvorst pouvait féliciter la brave garde bourgeoise d'avoir rétabli l'ordre et exprimer l'espoir de voir le roi accéder aux vœux que devaient lui porter les notables partis pour la Haye.

PROCLAMATION

Bi aves Camarades,

Vous avez, par votre fermeté, rétabli l'ordre et le calme dans votre ville. Vous avez bien mérité de la patrie. Mais tandis que vous étiez sous les armes pour la défense de vos foyers et des libertés publiques, nous devions songer à faire connaître la vérité au Roi. Une députation composée de cinq Citoyens, comte Félix de Mérode, Palmaert père, Frédéric de Sécies, Gcndcbien, baron Joseph lyiloogvorst, et nommée par vos principaux chefs, est partie pour La Haye, elle exposera au Roi vos vœux et vos besoins. Tout nous donne l'espoir qu'elle sera honorablement accueillie et

que pleine et entière justice sera rendue. Elle présentera au Roi une adresse qui sera rendue publique et distribuée à vos capitaines respectifs. En attendant son retour, continuez, Citoyens, à veiller à la sûreté de la ville. Est-il besoin, après tout ce que vous avez fait, que je vous recommande de rester à vos postes et sous les armes ?

Du quartier-général, en l'Hôtel-de- Ville de Bruxelles, le 30 Août 1830.

Le Commandant en chef de la Garde Bourgeoise, Baron VANDERLINDEN-D'HOOGHVORST.

ORDRE DU JOUR

Le commandant de la Garde Bourgeoise à ses concitoyens. Mes chers concitoyens,

Frappé d'admiration pour le dévouement, l'ordre et le zèle que vous n'avez cessé de montrer depuis le commencement de nos troubles, je sens vivement le besoin de vous exprimer combien je suis fier d'avoir été appelé à vous commander.

La cessation des désordres réprimés avec tant de prudence et de fermeté après 48 heures d'une patience admirable, et l'organisation définitive de la Garde Bourgeoise, vont diminuer la fatigue et les veilles que vous supportez depuis plusieurs jours. — Persévérez dans votre honorable conduite, et rappelez-vous, mes chers Concitoyens, que vous remplissez le plus saint des devoirs, celui du maintien des libertés publiques et de la conservation de vos foyers.

Bruxelles, le 30 Août 1830.

Le Commandant en chef,

Baron VANDERLINDEX-D'HOOGHVORST.

Ces deux jours de tranquillité pouvaient paraître de bon augure, les haines n'étaient pas encore vivaces, le redressement des griefs était l'unique objet des vœux du

peuple belge ; personne n'eût osé exprimer l'idée d'un renversement de dynastie, ni même d'une séparation administrative du Nord et du Alidi.

Malheureusement, en Hollande, les esprits s'aigrissaient, la presse annonçait des concentrations de troupes dans le Brabant septentrional et autour d'Anvers, les journaux du Nord ne ménageaient pas les injures aux Belges, qu'ils traitaient de rebelles, d'ingrats, de voleurs, de brigands, d'ivrognes

On rapportait avec pitié à Bruxelles cette bravade d'un portefaix de Rotterdam qui prétendait, avec 600 de ses concitoyens, aller soumettre la \ïl\e rebelle.

En Belgique, le ton de la polémique s'exacerbait également. La presse patriotique répétait avec plaisir cette boutade de Voltaire sur certaine ville de Hollande, où il n'avait vu, disait-il « que canaux, canards et canailles » et, à chaque nouvelle rodomontade des journaux néerlandais, les Bruxellois affectaient d'afticher le plus profond mépris pour ce qu'ils appelaient les « canards de Hollande ». En attendant une solution, cette guerre à coups d'épingles risquait d'exaspérer autant les deux partis, que l'eût fait une guerre à coups de canon.

Dans la soirée du 3o, l'inquiétude renaquit à Bruxelles, on apprit que les princes Guillaume et Frédéric venaient de quitter Anvers et avaient réuni, à A'ilvordCjUn corps d'armée de six mille hommes, qui s'accroissait sans cesse par l'arrivée de nouveaux contingents.

Pour parer à toute éventualité, un ordre du jour du baron d'Hoogvorst vint encore stimuler le zèle de la garde bourgeoise en lui faisant connaître la composition de l'état-major et lui notifiant la création d'un conseil destiné à maintenir l'ordre.

ORDRE DU JOUR

Messieurs les commandans des sections sont invités, à envoyer demain, avec le rapport, le nombre des postes occupés par leurs hommes, et l'endroit où ces postes sont placés, ainsi que le nombre d'hommes à chaque poste.

M"'" les officiers qui auraient des demandes à former concernant les démissions ou nominations, sont invités à s'adresser à leur commandant de section.

M'' les chefs des postes enverront, avant 8 heures, au poste central de leur section, le rapport de ce qui sera arrivé pendant les 24 heures. Le chef du poste central, après les avoir réunis^ les enverra à l'état-major général.

M''=' les officiers supérieurs et les aides-de-camp se rendront tous les jours, à 9 heures, au rapport à l'état-major général.

Les commandans des sections veilleront : i", à ce que, au lieu d'une cocarde, les Gardes Bourgeoises portent le n° de leur section sur un fond blanc; les couleurs de la ville continueront à être portées à la boutonnière.

2°. A ce que les drapeaux ne portent d'autre inscription que le n° de leur section.

MARQUES distinctives.

Page 1