Arch. nat. F { bn Ardèche
13 juillet. Cette session ! fut marquée parle succès de la Tourrette que son rôle à l'assemblée de Privas, sa pratique des affaires, son tact et son habileté avaient mis en relief. Il avait séduit les électeurs et les administrateurs par sa bonhomie et sa cordialité et désarmé les méfiances, et ce fut à l'unanimité que ses collègues le portèrent à la présidence de l'administration du département. Le 17 juillet, le directoire entrait en activité.?
Les paysans ne se sont pas souciés, cette fois-ci, de poser leur candidature à des postes qui ne conviennent ni à leurs goûts, ni à leur tempérament et qui sont incompatibles avec leurs occupations. Ils les ont abandonnés sans regret aux hommes de loi et aux bourgeois, qu'ils avaient voulu écarter de l'administration quelques semaines auparavant, mais ils ont choisi de préférence des patriotes modérés, des bourgeois conservateurs, teintés de noblesse, qui, la plupart, sous l’ancien régime, entraient déjà aux états de Languedoc et de Vivarais. S'il y a peu d'hommes nouveaux dans les directoires, on n'y trouve presque plus de paysans authentiques. Et ceux quis’y sont égarés, surtout dans les districts, auraient voulu, au témoignage des procureurs syndics, pouvoir refuser ces charges trop absorbantes. Ces fonctionnaires sont d’ailleurs de braves gens consciencieux et travailleurs, qui se mettent à l'ouvrage avec plus de zèle que de compétence, décidés à servir de leur mieux les intérêts du pays, désintéressés pour eux-mêmes quoique soucieux de leur popularité. Quelques-uns y gagneront un mandat à l’Assemblée législative *, les autres se retireront sans regret avec la satisfaction du devoir accompli.
Et ainsi, malgré les oppositions des villes et des campagnes, malgré des rivalités parfois très vives de personnes et d'intérêts, le résultat des élections de 1790, dans les municipalités aussi bien que dans les districts et Le département, confirme que les transformations administratives, économiques et sociales de la Révolution recueillent encore d’unanimes sympathies dans la masse. Si elles ont lésé quelques intérêts et créé quelques mécontents, elles n'ont pas fait surgir encore dans le Vivarais de parti contre-révolution-