Cf. liste des délégués par distriet. Arch. nat. F
4, Le décret prévoyait un député pour 200 gardes nationaux.
6, Cf. Arch. nat. F 91. Procès-verbaux d'élection des délégués des gardes nationales des sept districts de l'Ardèche. A Annonay cf. lettre de Picansel citée par Rostaing, p. 84.
les journaux faisaient connaître les préparatifs, chaque municipalité et chaque garde nationale avait à cœur de s'y associer de son mieux. Comme à Paris, la religion prête son concours à celte cérémonie patriotique !. Partout, le programme prévoit une messe solennelle, souvent en plein air, à laquelle assistent la municipalité avec ses insignes, la garde nationale en armes et toute la population. Après. le sermon du curé, les nombreux discours du maire et des chefs de la garde nationale, se déroule la longue théorie des prestations de: serment, £a fête se termive d'ordinaire par une grande farandole et un bal qui parfois se prolonge fort avant dans la nuit. La solennité est annoncée, la veille et le malin, par la sonnerie des cloches et la décharge des boîtes.
A Annonay ?, on fait publier le matin une « défense aux cabaretiers de donner à boire aux ciloyens depuis 9 heures du matin jusqu'à une heure du soir et le soir après 9 heures », et chacun est requis de « faire balayer la rue devant sa porte, » « La municipalité: n'avait point cru devoir interdire le travail aux citoyens ce jour-là. C'était Ja fête de la liberté et nulle contrainte ne doit être imposée à personne. Dès 9 heures du matin, sans aucun ordre, sans aucune invitation, toutes les boutiques, tous les-ateliers ont été fermés et n'ont plus été ouverts de tout le reste du jour ». Au champ de Mars, on avait dressé une vaste estrade, € qui avait sept pieds d'élévation et dont les faces avaient chacune trente pieds de longueur », avec « un autel double dont l'un regarde la ville d'Annovay et l'autre celle de Paris. » Après la messe, le maire, dans un discours patriotique, célèbre avec emphase les avantages du nouveau régime et commente avec ferveur les termes du serment avant de le prêter. Les officiers. municipaux, € décorés de leurs écharpes », et les notables, « portant à la boutonnière de leur habit un ruban aux trois couleurs de la nation », viennent jurer, entre les mains du maire, « d'être fidèles à la loi, à la nation et au roi. » C'est ensuite le tour du commandant de la garde nationale, des officiers et des soldats. Enfin, sur la réquisition du procureur de la commune, le maire prononce la formule du serment, «à chaque côté de l’estrade », et tous les citoyens. qui lui font face de répéter en levant la main : € je le jure », au
1. Les municipalités donnent parfois des ordres tres précis aux curés. Cf. Joyeuse. archives municipales. Fonds Mazon F 12.,
2. Procès-verbal de la prestation du serment civique, le 14 juillet 1790, par les officiers municipaux, les notables. les gardes nationales et tous les citoyens d'Annonay et de tout ce qui l’a précédé et suivi. Cité par Rostaing, p. 87-94,
milieu des décharges de boîtes et des acclamations enthousiastes. Après le banquet où de nombreux toasts & analogues aux circonstances » furent portés, eut lieu une farandole générale à laquelle se joignirent les habitants de Boulieu, en signe de réconciliation !, L'ordre ne fut pas troublé et le procès verbal alteste qu'à 9 heures du soir tout était terminé et chaque citoyen était rentré chez lui.
Un cérémonial à peu près identique fut observé à Tournon ?, à Viviers, à Vernoux, à Largentière et dans tous les principaux centres. À Andance, Lajard * prononce un discours lyrique, hymne enthousiaste à la raison et à la liberté. A Aubenas !, l'hostilité latente entre le directoire du district et la municipalité éclate au sujet d'une question de préséance et vient troubler la bonne harmonie des citoyens. À Privas *, au contraire, l'éclat de la fête fut rehaussé par la présence des administrateurs du département. Bourg Saint-Andéol 6 se distingue par l'ampleur des manifestations et des réjouissances publiques.
Dans les campagnes, l'enthousiasme est plus contenu et le programme bien simplifié. A Serrières 7? même, l'orateur se plaint que quelques citovens boudent la fête et aient négligé de se faire inscrire dans la garde nationale. À Lamastre $ et dans la plupart des paroisses rurales, on se borne à une simple prestalion de serment, à l'issue de la messe, mais partout, pour sceller l'union sacrée et patriotique, nobles et curés se mêlent aux bourgeois et aux paysans et tous ensemble jurent fidélité à la nation, à la loi et au roi et s’engagent € à maintenir de tout leur pouvoir la constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi. »
1. Boulieu et Annonay étaient brouillés depuis la tenue des assemblées primaires.
2. Le programme de Tournon semble copié sur celui d'Annonay, cf. Archives municipales de Tournon citées par Delarbre p. 283.
3. Discours prononcé aux habitants de la ville d'Andance... par M. Lajard, colonel commandant la garde nationale de la dite ville, impr. 4 p. Valence, chez Viret. B. A.
4. Vifs démêlés entre la municipalité et le directoire du distriet. La municipalité conteste la légalité de l'élection du directoire. Arch. nat. Div 17.