Séances du 3 et du 20 avril 1791. Rostaing p
que la société accueille toujours ‘. Pour éviter des surprises, on décide même, le 2 octobre 1791 ?, que désormais toutes les dénonciations devront être rédigées par écrit et soumises à une commission chargée d'en faire le rapport à l'assemblée. Le résultat fut que, du mois de septembre 1791 à la fin de janvier 1792, au cours d'une vingtaine de séances, l'ordre du jour le plus sévère se bornait à accepter l'envoi d’une pétition au directoire, pour l'inviter à contraindre les réfractaires à s'éloigner de leur ancien domicile 3.
Les tendances des autres sociétés ne sont pas sensiblement différentes. Si parfois les discours sont menaçants, la violence de la discussion absorbe toutes les énergies et dispense d'agir. Même leurs interventions en faveur des intrus restent toutes platoniques. Elles se bornent à prescrire une enquête ou à déléguer un de leurs membres pour user de son influence, auprès de ses concitoyens, pour ramener la paix *. D'ailleurs, beaucoup de ces sociétés, après un éclat passager, ne peuvent se maintenir. Leurs séances sont irré-
gulières, mal suivies et leur influence est bien restreinte. Le principal stimulant de leur activité, comme aussi le motif
déterminant de la fondation du plus grand nombre, fut l’effervescence qui se manifesta dans les divers centres du pays, à l’occasion de la fuite du roi. Cet évènement « calma pour quelque temps l'agitation des consciences. Tout le monde devint politique », constate St Arcons *. La nouvelle, apportée par un courrier extraordinaire, parvint à Privas le 24 juin. Ce fut une consternation générale, les patriotes crurent tout perdu. Le directoire affolé se réunit à la municipalité et convoque l'assemblée administrative du dépar-
1. Cf) séances de la société populaire des 4 et 22 septembre 1791. Rostaing p. 147.
2. Procès-verbal de la séance du 2 octobre 1791. Rostaing p. 172-173.
3. En retour, la société ne s'émeut pas d'entendre fustiger en ces termes les violences de quelques exaltés : «... Vous poussez des cris de rage, mais vous ne raisonnez pas encore.... Vos mains sont armées de torches incendiaires et l'empreinte de la chaîne féodale se voit encore autour de vos poignets... On se craint, on s’épie, l'amour de la patrie dégénère en espionnage, le flambeau de la délation sert de phare aux ressentiments personnels ».. Discours de Charvet à la société d'Annonay, le 18 juin 1791, impr. 32 p.s.l.n.d. B.A. En pleine séance. le 11 août 1791, Gloray déclare : «Nous voulons conserver Picansel, notre curé, et Malgontier et Porte, nos vicaires,» sans qu'aucune mesure d’ostracisme ne soit prise contre lui. L'assemblée, dit le procès-verbal, surprise d’une demande aussi contraire à la Constitution, a passé à l’ordre du jour. »
4. Procès-verbal du 13 octobre 1791 de la société populaire d’Annonay. Rostaing p. 148.