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Arch. nunicipales de Tournon. Delarbre p

triotes. À Annonay, en particulier, les quatre délégués de la société populaire furent vivement critiqués, à la séance du 7 juillet ; et leurs explications embarrassées et confuses ne semblent pas avoir rassuré et satisfait leurs collègues !.

Mais, si on hésite à accuser le roi, on évite, du moins, de parler de lui. À sa conduite ambiguë, on oppose l'attitude ferme et énergique de l’Assemblée nationale. Tous les vœux, toutes les adresses de confiance vont aux représentants dont le courage civique confond d’admiration et de fierté. « Nous remettons une palme entre les mains de la patrie, écrit le directoire dans le style pompeux de l’époque, et nous la prions de la joindre à la couronne qu'elle doit vous décerner » ?. Dans ce flot de félicitations, pas un mot pour associer, Comme naguère, le roi à l'Assemblée nationale. Le cri de « Vive le roi » ne se mêle plus que rarement à ceux de « Vive la nation », « Vive la loi », et le prestige de Louis XVI, auprès des patriotes, sort fort amoindri de cette aventure.

Dans les campagnes, la réaction a été nulle. Les paysans sont plus inquiets des menaces qui pèsent sur leur curé que du départ du roi. Ils sont royalistes, sans doute, mais par habitude plus que par conviction, comme du jour au lendemain, ils se trouveront républicains, par soumission au régime établi. Aussi ne constate-t-on aucune manifestation spontanée de joie ou de tristesse. Siun enthousiasme de façade pousse quelques bourgeois à s'inscrire dans le corps des volontaires au service de Ja patrie*, le campagnard, encore tout pénétré d'horreur pour la milice, reste absolument inerte et passif.

Il ne montrera pas, d’ailleurs, plus d'empressement à se rendre aux assemblées primaires qui doivent désigner les électeurs. Elles

1. Cf) Discours de Kœnig, à la séance du. 7 juillet 1791, imprimé par ordre de la société, 126 p. imprimerie Agard, 25 août 1791. B. A.

2. Arch. Ard. L 121. Séance du directoire du 28 juillet 1791.

3. Le directoire du département, dans sa séance du 24 juin 1791, L 120, avait prescrit la conscription libre des gardes nationales, dans la proportion d'un vingtième pour former un corps de volontaires. À Annonay, 45 membres de la société donnent leurs noms, mais «la suite montra bien que l'offre de la plupart n’était ni sérieuse ni sincère », écrit Léorat Picansel dans les « Annales d’Annonay ».

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sont convoquées pour le 24 juin !. La plupart eurent lieu avant la fin du mois ?, alors qu'on connaissait déjà la fuite du roi, mais il ne semble pas que cet évènement ait eu grande répercussion sur ces élections. En tout cas, dans les rares documents * qui nous restent d'elles, jamais il n'y est fait une seule allusion. Nous n'avons pas davantage d'indices qu'elles aient soulevé aucun incident grave, ni suscité de troubles sérieux. Comme l'année précédente, les antipathies locales provoquèrent quelques scissions et l'imprécision de la loi quelques irrégularités. Les citoyens actifs de St Julien-la- Brousse et des Nonnières refusèrent de se réunir aux autres paroisses du canton du Cheylardetnommèrent une députation particulière que l'assemblée électorale refusa d'admettre. Chalencon et Desaignes toutefois, en se prévalant de leur titre de ville, firent agréer leurs délégués #.

Les abstentions furent nombreuses, A Antraigues, au dernier scrutin, on ne compte pas plus de 36 votants, sur plus de 600 citoyens actifs 5. Le paysan, qui n’est plus attiré par l'attrait de la nouveauté, hésite à perdre une journée et à s'imposer un déplacement fatigant et coûteux, pour un résultat dont l'intérêt Jui échappe. La politique et l'administration ne sont ni de son goût, ni de sa compétence. Aussi les électeurs se recruteront-ils, presque exclusivement, parmi les maires et officiers municipaux du chef-lieu de canton ou des principales communes. On n'y trouvera presque plus d’authentiques paysans.

Retardée par les évènements du mois de juin, l'assemblée électorale ne se réunit que le premier septembre 1791, dans l’église des Récollets, à Privas 6. On attendait 450 délégués, ilen vint moins de 9390, Et, malgré deux séances quotidiennes, les opérations préliminaires et le désouillement des nombreux scrutins absorbent de longues heures. Les frais sont considérables et les électeurs, en dépit

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