Ib dem, Lettre de Gleizal et Bruyère du 28 mars
5. Arch. nat. Dxr 6. Procès verbal des commissaires de Bourg-St- Andéol du 17avril.
de la Révolution qui, à leur tour, abusent du zèle des patriotes et profitent du penchant des indigents pour porter les uns à la dévastation des propriétés. et conduire les autres au pillage ! ». Desanglier, président de l'assemblée administrative, affirme, lui aussi, le 6 avril, que ces excès sont « plus ou moins liés aux projets des défenseurs de l'ancien régime... ». @ Il fallait un désordre quelconque aux ennemis de la Constitution et, ce désordre, ils l'ont opéré par tous les moyens qu'ils ont pu trouver ? ».
À l'annonce des premiers troubles, le département a envoyé Gleizal et Bruyère prêcher la concorde et la paix dans la région d’Antraigues et de Thueyts. ? Le 14 avril, il confie la même mission à Bollioud et à Boissy d’Anglas dans le canton de Bouig-St-Andéol.‘ Ils partent pleins d'illusions et de préjugés. Si Bollioud et Boissy d’Anglas plaident-les circonstances atlénuantes pour les bûcherons de la forêt de Luol, qui ont exigé le remboursement des amendes, * Gleizal et Bruyère ne doutent pas de la bonne foi des «<babitants de St Privat, qui ont cru faire la plus belle chose du monde en s’'emparant d'un bien qu'ils croyaient leur appartenir» Ils se font forts d'arrêter les désordres avec des adresses et des proclamations.
La stupéfaction des premiers commissaires de constater l’inefficacité de leur prestige et de se voir bafoués et traités d'’aristocrates n'a d'égale que leur effroi et leur lâcheté devant les menaces des fusils ou de la lanterne. Ils lâchent pied devant l'insurrection, n’osent pas se rendre à Antraigues ni à Thueyts et battent prudemment en retraile jusqu'à Aubenas. « Nous n’aurions pas pu arrêter le mal, gémissent-ils en guise d'excuse, les brigands sont trop nombreux et ils n'entendent pas raison. » * Mais, dès lors que les bandits ne respectent pas plus l'autorité que les châteaux des contre-révolutionnaires, ils leur apparaissent sous un jour tout différent. Ce ne
sont plus de pauvres gens, Ctrompés ou égarés, » à qui Con a fait
1. Arch. Ard. L 124 Procès-verbal du directoire du 31 mars 1792.
2. Arch. nat. F7 3652 1. Extrait du procès-verbal de la séance du 6 avril de l'assemblée administrative.