‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 266 sur 396 · Reimpr. du Moniteur T. 15 p · texte numérisé non relu

Reimpr. du Moniteur T. 15 p

6. Gleizal destitue, le 6 mai 1793, Bienvenu, payeur général du département, qui protège les réfractaires, surtout le curé et le vicaire de St-Alban d’Ay. cf)

Lors des perquisitions, les gardes nationaux marchent à contre-cœur et sont les premiers à prévenir les intéressés, Les volontaires étrangers auraient moins de scrupules et seraient plusardents dans cette chasse aux réfractaires, mais leurs déplacements sont vite connus et les paysans s’empressent d'alerter les prêtres en danger d'être surpris. C'est ainsi que les mesures les mieux concertées pour faire exécuter la loi restent presque toujours inopérantes.

Déjà, le 16 octobre 1792,! le Coiron constate mélancoliquement que les sept ecclésiastiques non-conformistes ? dénoncés, le 12, par la municipalité d'Aubenas, ont subitement disparu. Le 24 octobre, il donne des ordres sévères pour faire arrêter les insoumis, Barbier, Tavernol, Bernard et surtout les trois frères Feuillade qui ont eu l'audace de signifier à Fadministration par ministère d’huissier la rétractation de leur serment. Les nombreux procès-verbaux de perquisition, datés de la fin octobre et des premiers jours de novembre, prouvent le zèle de la gendarmerie, mais constatent que toutes les investigations les plus minutieuses ont été négatives. ?

Le rapport d'Aymard sur les opérations du Coiron, en décembre et janvier, n'est pas plus optimiste. A toules les demaudes de renseignements, citadins et paysans répondent avec ensemble qu'ils ignorent la présence des réfractaires. #

Les directoires du département et des districts, qui tremblent d'être accusés de connivence avec les proscrits, organisent de véritables expéditions militaires pour mettre la main sur ces réfractaires insaisissables. Plus de cinquante perquisitions sont ordonnées, de décembre 1792 à mai 1793, dans le seul district du Tanargue, sans résultats appréciables. 5 La plus importante est, sans conteste, celle du 27 février, qui a été préparée dans le pius grand secret pour surprendre les insermentés qui, au nombre d'une soixantaine, « s’étaient réfugiés dans les communes du Béage, Ste Eulalie, Issarlès, Cros de Géorand, La Chapelle Graillouse et Coucouron. » Le dé-

Arch.nat. A F 11 182. Parmi les citoyens réputés bons patriotes, choisis pour remplacer les officiers municipaux de St Alban d'Ay, complices des réfractaires, l’un d'eux, pendant les perquisitions, & aidait la mère du vicaire à sortir et à re— céler certains effets ». Arch. Ard, L. 791. Lettre du 18 avril 1793.

1. Arch. Ard. L 570, Discours du procureur syndic, le 16 Octobre 1792.

2, Ibidem. Le Coiron, le {2 octobre, reçoit la déliberation du Conseil général dela commune d’Aubenas du même jour, dénonçant Pradal, Rouville, Champanhet, Delent, Barre, Martel et Bellot.

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