La déchristianisation
La persécution contre les réfractaires et les constitutionnels. Arrestations et condamnations. Abdication de Savine. Apostasies et déprêtrisations.
Pillage et fermeture des églises. Les oppositions. Suppression du cuite. Culte de la Raison et de l’Etre suprême.
Le calendrier révolutionnaire. La lutte du décadi et du dimanche. Les noms révolutionnaires. L'état d'esprit au 9 thermidor.
La violence des polémiques entre Jacobins et modérés, les haines féroces qu'ils nourrissent les uns contre les autres n’empéchent pas, cependant, ces frères ennemis de rester fidèlement attachés aux idées patriotiques et de seconder de leur mieux l’établissement du gouvernement révolutionnaire.
Ce gouvernement, qui,par son caractère provisoire et exceptionnel, remonte au 10 août 1792, s'organise progressivement dans le courant de l'année 1793. Les (Comités de Salut public et de Sûreté générale,le tribunal révolutionnaire,les nombreuses lois d'exception votées sous la pression des évènements et des circonstances, les missions envoyées dans les divers départements pour assurer la liaison entre le pouvoir central et les autorités locales, constituent
déjà les organes essentiels et les principaux rouages du nouveau régime. Mais, c'est le décret du 10 octobre, complété par les dispositions du 14 frimaire lqui en est la charte constitutive et en marque l'avènement officiel.
C'est, avant tout, un régime de lutte et de répression. « Le gouvernement révolutionnaire doit aux bons citoyens toute la protection nationale ; il ne doit aux ennemis du peuple que la mort ? ». Son but est de fonder la république et de contenir par la terreur les tentatives des malveillants, fédéralistes, aristocrates ou fanatiques et de mobiliser toutes les forces et toutes les ressources de la nation pour briser la coalition des souverains qui menace la liberté et l'indépendance du pays. Il a à résoudre de grosses difficultés qui proviennent de la pénurie des subsistances, de la levée en masse et des lourdes réquisitions qu'imposent l'entretien et le ravitaillement de l'armée.
La réalisation d'un programme aussi complexe n’est possible que par une centralisationtrès étroite qui supprime toute autonomie administrative. Aussi n'y a-t-il plus, désormais, qu’un seul centre de volonté : la Convention et son Comité de Salut public. Toute réunion, toute assemblée, tout congrès de corps constitués est impitoyablement proscrit # comme suspect de fédéralisme. Il ne subsiste qu'une poussière d'individus qui doivent se soumettre avec ponctualité aux prescriptions de l'autorité supérieure.
Le département perd son conseil général, son président et son procureur général syndic. Le 9 germinal#,le Comité de Salut public rappelle encore à l'administration de l'Ardèche que l’ordre public n'est plus de sa compétence. Son activité est réduite aux seuls objets administratifs, son rôle se borne à enregistrer et à faire exécuter les arrêtés du représentanten mission. Aussi n’ose-t-elle plus prendre la moindre initiative, pas même fixer le prix de vente des grains achetés *, sans enréférer au délégué de la Convention.
Les procureurs de commune et les procureurs syndics deviennent, après épuralion, les agents nationaux, chargés de requérir et