‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 361 sur 396 · Lettre de Suchet du 28 vendémiaire · texte numérisé non relu

Lettre de Suchet du 28 vendémiaire

Malgré la publicité donnée à cette réponse par le département, l'opinion reste convaincue que la révolution du 9 thermidor a préservé le pays de graves dangers et la situation des administrateurs inféodés aux Jacobins est encore plus compromise. C’est en vain que, le 27 brumaire, ils rédigent un dernier plaidoyer pour justifier leur attitude durant la Terreur. Dans une adresse à la Convention qu'ils répandent à profusion dans toutes les communes, ils font valoirhabilement la tranquillité et le calme dont a joui le département avant «la chute des triumvirs » et s'efforcent d’en rapporter le mérite à leur sage administration et à leurs principes de justice et d’humanité. » !

Le pays était trop prévenu contre eux pour vouloir les entendre. 1] persiste à les juger sur les intentions qu'on leur prête, beaucoup plus que sur les résultats obtenus ?.

Devant cette vague d'impopularité croissante, les administrateurs du département s'abstiennent désormais de toute initiative. Ils n'inscrivent plus guère de nouveaux citoyens sur la liste des émigrés ; ils se bornent à opposer une résistance passive a la plupart des demandes de radiation. * Leurs amis des comités de surveillance de Bourg-St-Andéol, Joyeuse et Villeneuve-de-Berg font, eux aussi, la sourde oreille aux réclamations des détenus. Ils ne cèdent qu’au dernier moment, mais la pression de l'opinion est trop forte et, si les libérations de prêtres réfractaires sont rares avant frimaire, les simples suspects bénéficient de plus en plus des nouvelles tendances à la modération. Le rythme des mises en liberté, encore lent en fructidor, se précipite dans les premiers mois de l'an III. Plus de 50 prisonniers sont rendus à leurs familles, le 13 vendémiaire, une vingtaine en brumaire # et 18 en frimaire *. Les prisons se vident en nivôse f.

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