‹ La Révolution dans l'ArdècheChapitre 365 sur 396 · I © OR CE ND · texte numérisé non relu

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sentiment contre les anciens fonctionnaires destitués et se portent garants auprès de Goupilleau du patriotisme des Jacobins persécutés.

L'arrivée de Goupilleau dans le jÿays marque, en effet, un changement d’attitude à l'égard des anciens terroristes. Le nouveau représentant est bien décidé à réprimer les agissements des aristocrates et des contre-révolutionnaires. « Partout, écrit-il, on méprise la loi pour assouvir une réaction effrayante ! ». « Dansle midi, on y est totalement changé, on y dénoncait, et à justetitre,les égorgeurs du temps de Robespierre et on y est devenu égorgeur.… » ?. D'Avignon, il lance une proclamation énergique contre les vengeances arbitraires ?, Il entend réagir contre la suspicion dont les fonctionnaires de l’an II sont l’objet. Illes déclare patriotes excellents, refuse de les laisser désarmer et prescrit même la restitution de leurs armes à un certain nombre d’entre eux#.

L'administration du département, à son tour, finit par s'effrayer de la rage populaire. D'accord avec Goupilleau, elle s'efforce d’endiguer ce mouvement d’opinion.N'osant pas le réprimer par la force, elle en est réduite à faire appel au sentiment chrétien de la population. Dans son adresse aux citoyens du 29 floréal *, elle invoque l'exemple du Christ obéissant même à des puissances injustes. Elle demande aux réfractaires eux-mêmes d'user de leur influence sur les fidèles pour les incliner à la tolérance, à la modération, au pardon des injures. « J'intéresse, écrit à son tour l’agent national du Tanargue, au maintien de l'ordre toutes les passions. Je rappelle aux fanatiques que la vengeance est défendue par la morale religieuse plus encore que par les lois civiles... Je rappelle aux bons citoyens que, plus le règne des brigands a été atroce, plus ils doivent éviter de marcher sur leurs traces » 5. Ces tentatives d’apaisement ne trouvent pas d'appui dans le pays. L’ovinion reste hostile à toute vélléité de modération. Les sociétés populaires et les municipalités accueillent de mauvaise grâce les arrêtés de Goubpilleau, refusent de les exécuter et dénoncent même le représentant à la Convention comme complice des terroristesT.

1. Lettres intimes de Goupilleau en mission dans le inidi. B. N. L b 41 5471. Lettre du 13 prairial.

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