Arch. Ard. B
dent que les juges où même les consuls puissent prononcer en dernier ressort pour les litiges de minime importance '.
Enfin, presque tous déclarent que la dime atteint trop de denrées et que son taux est excessif. Naves réclame sa suppression lorsqu'elle ne profite pas directement au clergé : Aps préconise son remplacement par une imposition municipale ; la plupart demandent sa modération et son uniformité, Balazuc la voudrait réduite au quarantième ou au trentième, mais à un seul fruit et défalcation faite de la semence. Plusieurs sollicitent la réunion de bénéfices à leur paroisse pour améliorer le sort matériel du bas clergé, afin que le curé puisse faire des aumônes plus abondantes et entretenir une école ?, De plus ce serait le moyen de supprimer le casuel qui parait nettement odieux au paysan *. Parfois, au contraire, on sent passer à travers les cahiers comme un léger souffle d’anticléricalisme. Sans doute, il faut souvent imputer cet état d'esprit au juge ou au bourgeois voltairien qui a tenu la plume, mais il n'est pas douteux que ce sentiment de défiance traduit bien la pensée intime du paysan qui, malgré sa foi profonde, est resté volontiers frondeur à l'égard de son clergé. Il traite son curé un peu comme le seigneur lorsqu'il s’agit d'ouvrir sa bourse. Le cahier de Chauzon trouve que son curé qui lui prêche le détachement des biens de ce monde vit trop à l'aise, trop en bourgeois : 1200 livres de rente, sans compter le casuel et les messes, lui paraissent un scandale intolérable. Un traitement de 700 livres serait bien suffisant, à son avis, et il croit faire preuve de générosité en concédant à la rigueur au curéun petit jardin . Il s’agit évidemment d'un curé décimateur et non d'un congruiste. C'est donc une exception et d’ailleurs cet exemple est unique dans les cahiers 5.
Au contraire, l'hostilité contre les ordres religieux est presque
1.Gravières demande que les juges inférieurs soient souverains jusqu à 501.
Arch. Ard. B 141.
aues cahiers seulement parlent de la nécessité d'établir un nouveau . Quelq
plan d'enseignement : Vogüé, Beaumont... Les autres ne font pas allusion à l’enseignement, ni primaire, ni supérieur. Cependant Berzème réclame des notaires gradués pour que les fortunes et les héritages ne soient pas exposés à la dilapidation par vice de forme. cf) B 142.
3. Cahiers de Beaumont, Aps, Aubignas, St-Jean-le-Centenier, St-Sernin, Donnac, Tauriers, Aïlhon et Lentillères, Gravières, Vanose, le Monestier.
4. St-Germain spécifie aussi que le curé ne doit pas posséder d’autre terre qu’un jardin. Arch. Ard. B 142.
5. Villevocance demande cependant que les paroiïssiens soient autorisés à choi-
sir leur curé. Arch.'Ard. B 143 bis.
générale !. On leur reproche d'accaparer les meilleures terres et les fonds les plus fertiles. Quelques cahiers ? d'inspiration bourgeoise demandent leur suppression et la vente de leurs biens, et on sent que les paysans envieux de leurs propriétés ne seraient pas fâchés de profiter de l'occasion pour arrondir leur petit domaine.
Telles sont les principales réclamations des ruraux dans les cahiers qui ont subsisté. Sans doute, si le nombre en était plus grand, le tableau serait plus complet. Beaucoup de traits qui sont à peine esquissés seraient précisés et mis en relief, mais, malgré les difficultés qu'il y a à distinguer ce qui est imposé de ce qui est spontané dans ces revendications, on voil que le paysan fait à sa manière le procès du régime féodal et de tout l’ancien régime. Au point de vue économique, il aspire à un ordre de choses moins dur et moins pénible pour lui et, pour la première fois, il le dit nettement.
3. Si les moines sont franchement impopulaires, on ne trouve Jama s dans les cahiers un mot contre les religieuses. x 4, Chauzon, Donnac, Beaumont, Ailhon et Lentillères, etc.
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