PLUS DE ROYAUTÉ
« Le gouvernement exercé par les seuls manda- «taires élus de la nation!
« Le pouvoir exécutif confié à un président temporaire !
«Le concours médiat ou immédiat de tous les « citoyens à 1" élection des députés !
«La liberté des cultes! Plus de culte de l'État !
«Les emplois de l'armée de terre et de mer « garantis contre toute destitution arbitraire !
«Établissement des gardes nationales sur tous « les points de la France. La garde de la constitu- « tion leur sera confiée !
« Les principes pour lesquels nous venons d'ex- « poser notre vie, nous les soutiendrons au be- « soin par la voie de l'insurrection légale. »
Quant à Y enthousiasme avec lequel tous les journaux ont rendu compte de la visite du duc d'Orléans à l'Hotel-de-Ville , le 3i juillet , on peut voir le récit de la Tribune (n° du Ier du a et du 3 août i83o);
« Leduc d'Orléans, lieutenant général du roy aucune , s'est rendu, accompagné des députés, à «l'Hotel-de-Ville, entouré de citoyens et de gar- « des nationaux.
«Le général Lafayette, entouré de la commis- « sion municipale et de ces élèves de l'Ecole poly- « technique qui, si jeunes encore, ont acquis une «gloire si belle et si pure, s'est avancé au-devant «du prince. Arrivés dans la grande salle d'armes,
( 304 ) « un cercle s'est formé, et l'un des députés, M. Vien- « net, a prononcé une adresse. Le prince a rappelé « toutes les garanties qui devaient être accordées « au pays , et s'avançant à la fenêtre de l'Hôtel-de- « Ville, il a agité ce drapeau tricolore, symbole « de notre gloire et de notre liberté.
«Voici la substance de la réponse du prince à « M. Viennet parlant au nom des députés :
«Je déplore, comme Français, le mal fait au «pays et le sang qui a été versé; comme prince, «je suis heureux de contribuer au bonheur de la « nation. »
Enfin , voici une autre protestation collective que je vais transcrire avec le récit qu'y joignit la Tribune, le i août i83o :
«Un grand nombre de citoyens notables qui « tous ont pris une part active à notre dernière « révolution , justement alarmés de ce qu'une «cinquantaine de députés, réunis en comité se- «cret, sans président et sans secrétaires régulière- « ment nommés, s'arrogeaient des droits et un pouce voir qui ne leur appartiennent point, se sont « assemblés pour aviser aux moyens de préserver « la liberté publique des nouveaux périls qui sem- « blent la menacer.
«Chacun était d'accord que les citoyens qui « ont le plus contribué à la chute de Charles X
« ne pouvaient en aucune façon imposer à la na- «tion un gouvernement quelconque; on ne re- « connaissait ce droit qu'à la nation elle-même, et «les républicains les plus décidés étaient prêts à «accepter une dynastie nouvelle, si la majorité «des citoyens la proclamait. Mais ils exigeaient «une résignation pareille de la part des hommes «d'une autre opinion, et voulaient, dans tous les «cas, que les principes qui ont entraîné le peu- « pie et pour lesquels il a combattu et vaincu , « fussent proclamés par les autorités provisoires. «La tâche du comité était d'autant plus facile, «qu'elle avait, en quelque sorte, été préparée « par les citoyens que leur courage et le vœu des « habitans de Paris ont d'abord appelés à la directe tion des affaires. On a donc immédiatement ré- «digé l'adresse suivante, qu'une députation de «quarante patriotes, tous connus du général La- «fayette et de ses braves amis, ont portée à l'Hô- « tel-de- Ville :
La nation seule a vaincu ; à elle doit revenir le fruit de la victoire.
Une constitution librement votée par les citoyens et qui garantisse les droits et les intérêts nationaux; tel a été le but de nos efforts, telle doit être notre récompense.
Déjà la commission centrale (ou gouvernement